...et pourtant ce devrait l’être ! On fêtera la fin du jeûne du ramadan, on fêtera Noël mais à la télévision, ce ne sera pas la fête pour les cinéphiles, frustrés. Certes, il y aura pour les jeunes de nombreux contes et bon nombre de dessins animés. Certes une de nos stations, la Future TV, a fait l’effort de nous proposer toute une nouvelle série de téléfilms réalisés, comme tous les ans, pour l’occasion – alors que partout ailleurs on nous ressort du fond des placards de vieux «machins» – mais ce ne sont ni «White Christmas», au titre pourtant prometteur, ni «New Jack City», ni «Scrooged» (déjà vu et revu), ni «Heidi» (idem), ni «First Kid», qui méritent votre indulgence. Seul film notable et valable, «Elizabeth» magistralement interprété par Cate Blanchett dans une somptueuse reconstitution de Shekhar Kapur, qui méritera votre attention. Les plus grandes actrices ont, un jour ou l’autre, rêvé d’incarner la reine Elizabeth, une de ces femmes qui ont joué dans l’histoire un rôle considérable. On se souvient de Bette Davis, de Katherine Hepburn ou de Glenda Jackson, parmi tant d’autres. Le propos de Shekhar Kapur est de s’attacher au personnage avant qu’il ne devienne la reine vierge. Comme l’avait été Jean Simmons dans Young Bess. Et c’est fascinant ! Dans l’Angleterre du XVIe siècle, Elizabeth est donc le récit de l’accession au trône de la reine Elizabeth et de ses premières années de règne mouvementées. En 1554. La reine Marie, première Tudor règne sur l’Angleterre. Fervente catholique, elle fait arrêter et emprisonner sa demi-sœur protestante, Elizabeth. Celle-ci accède néanmoins au trône à la mort de Marie, dont elle est l’unique héritière. Les deux grandes puissances que sont la France et l’Espagne menacent alors le pays, affaibli par d’incessantes querelles religieuses. Afin de calmer le jeu, le principal conseiller d’Elizabeth, Sir William, lui suggère de se marier avec le duc d’Anjou ou le roi Philippe d’Espagne. Mais la souveraine est déjà amoureuse du séduisant Lord Robert... Les amateurs de riches reconstitutions se laisseront sans doute séduire par cette fresque fastueuse et tumultueuse, servie par une superbe distribution. On notera notamment, au côté de la lumineuse Cate Blanchett, la composition d’espion de Geoffrey Rush. Diffusion lundi à 21h30 sur LBCI New Jack City provoqua à sa sortie de véritables émeutes et la police dut intervenir pour calmer les esprits. Et pour cause ! Ce premier film de Mario Van Peebles, un contemporain de Spike Lee, parle d’une drogue dure : le crack. Un sujet d’actualité puisque les petits cristaux arrivent à Paris. Du crack, on en meurt et on en vit. Nino Brown en est le «King» à New York, si bien que pour le «faire tomber», la police délègue deux de ses sbires... Une version moderne de Scarface jouée par des comédiens noirs dont Wespley Snipes et Ice T, ex-membre d’un gang, aujourd’hui star du rap. Diffusion lundi à 00h30 sur Future TV S’il n’y avait pas eu la chanson, il n’y aurait pas eu de film. C’est la seule explication que l’on puisse trouver à White Christmas de Michael Curtiz. D’autant plus qu’il s’agit d’un remake à peine déguisé d’un autre succès Holiday Inn, tourné quelques années plus tôt par le même studio avec le même Bing Crosby, idole chantante des années 40/50. Cette fois Bing Crosby a pour partenaire Danny Kaye, alors que dans la précédente version c’était Fred Astaire qui lui donnait la réplique, l’un chantant, l’autre dansant. Bref, le scénario sans éclat, pourtant dû au talent de trois scénaristes autrefois plus inspirés (Norman Panama, Norman Krasna et Melville Frank), raconte les efforts de deux professionnels du show-business qui, aidés par deux sœurs également artistes, mijotent un spectacle pour sauver l’hôtel en faillite de celui qui avait été leur chef dans l’armée durant la guerre. Les mélodies d’Irving Berlin sont agréables. C’est la seule raison pour laquelle le film se regarde sans ennui. Diffusion vendredi à 16h30 sur Future TV Scrooged de Richard Donner est une version moderne de A Christmas Carol de Dickens (déjà diffusé mardi matin sur cette même chaîne). Il y a donc des sujets inusables en cette période de l’année. Pour en revenir au film de Richard Donner, celui-ci se déroule de nos jours, dans une compagnie de télévision, où Franck Cross, l’ambitieux et insupportable directeur de la chaîne, a décidé de réaliser pour Noël une parodie de l’œuvre de Dickens. Il sera donc visité par trois esprits qui lui feront comprendre que Noël est la plus belle fête de l’année et qu’on ne peut pas s’en moquer ! Les occasions de rire dans cette satire sont rares d’autant plus que, vers la fin, le film se prend de plus en plus au sérieux. Le tout est extrêmement laborieux et le passage de quelques vedettes invitées comme Robert Mitchum, Lee Majors, ou Michael J. Pollard ne suffit pas à soutenir l’intérêt. Diffusion samedi à minuit sur LBCI Heidi est un monument de la littérature enfantine. Bien entendu les versions de cette histoire à l’écran furent nombreuses, une des plus célèbres étant celle qu’Allan Dwan réalisa à la fin des années trente avec Shirley Temple dans le rôle de la petite orpheline suisse. Cette fois il s’agit d’une adaptation pour la télévision du roman de Johanna Spyri. Ne voulant plus s’occuper de la petite Heidi qui, orpheline, vit avec elle, sa tante Dete la confie à Adolph Kramer, son grand-père. Kramer est un vieil homme bourru, qui vit seul dans la montagne bavaroise, brouillé avec tout le village voisin. Heidi apprend à vivre en sa compagnie et devient l’amie du jeune Peter. La période d’hiver arrive et, peu à peu, au contact de Heidi, le vieux Kramer s’humanise... Heidi possède un charme auquel on peut être sensible, d’autant plus que les décors naturels sont bucoliques à souhait. Diffusion dimanche à 14h00 sur LBCI Il n’y en a que pour les enfants cette semaine. Ravalez vos frustrations d’adulte et laissez la place aux bambins. Moins exigeants que vous, ils trouveront peut-être matière à satisfaction au spectacle de First Kid de Mickey Evans. Luke Davenport, fils du président des États-Unis, est un sale gosse qui fait tourner en bourrique Woods, son garde du corps. N’en pouvant plus, le pauvre finit par s’énerver et bouscule un peu son client. Témoin de la scène, la mère courroucée de voir maltraiter son rejeton, renvoie Woods. Il est aussitôt remplacé par Sam Simms, un as des services secrets baraqué comme une armoire à glace et peu enclin à se laisser marcher sur les pieds. Celui-ci comptait faire partie de la garde rapprochée du président et est très déçu d’apprendre qu’il doit jouer les nounous auprès d’un gamin insupportable. Puis il réalise que Luke, solitaire, souffre du carcan que lui impose son rang. Une complicité va bientôt naître entre l’enfant et son chaperon. On reste sans mots devant pareille production tant son inspiration est insignifiante, sa réalisation incohérente et l’interprétation approximative. Diffusion dimanche à 15h30 sur Future TV
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats ...et pourtant ce devrait l’être ! On fêtera la fin du jeûne du ramadan, on fêtera Noël mais à la télévision, ce ne sera pas la fête pour les cinéphiles, frustrés. Certes, il y aura pour les jeunes de nombreux contes et bon nombre de dessins animés. Certes une de nos stations, la Future TV, a fait l’effort de nous proposer toute une nouvelle série de téléfilms réalisés, comme tous les ans, pour l’occasion – alors que partout ailleurs on nous ressort du fond des placards de vieux «machins» – mais ce ne sont ni «White Christmas», au titre pourtant prometteur, ni «New Jack City», ni «Scrooged» (déjà vu et revu), ni «Heidi» (idem), ni «First Kid», qui méritent votre indulgence. Seul film notable et valable, «Elizabeth» magistralement interprété par Cate Blanchett dans une somptueuse...