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Actualités - Chronologies

MUSIQUE - Elena Kelessidi à l’Opéra de Paris - Grecque, Kazakh, cantatrice

Sa famille a connu l’exil et la privation de liberté au Kazakhstan. Au diable ce destin dramatique, Elena Kelessidi, russe d’origine grecque, est douée d’une voix et d’un art de la scène qui lui valent de se produire du 14 au 28 décembre à l’Opéra de Paris dans un rôle-titre. Âgée de 35 ans environ – «Oh ! je ne veux pas dire mon âge», rougit-elle –, la cantatrice enthousiasma les mélomanes en 1996 lorsqu’elle interpréta Violette dans la Traviata de Verdi, au Royal Covent Garden de Londres en 1996. «Il n’y a pas d’autre Violette que je préfère écouter aujourd’hui», écrivit ensuite le Times. Peter Katona la découvrit en 1994 à Athènes, comme directeur artistique du Covent Garden. «Le personnage semblait sortir d’elle-même, de façon totalement naturelle. Elle ne donne pas l’impression de jouer», observa-t-il. Depuis, elle s’est produite un peu partout dans le monde : Hambourg, Munich, Berlin, Rio de Janeiro, festival de Baden-Baden, entre autres, et au Covent Garden à nouveau, dans des opéras de Bellini, Rossini, Haendel, Rimsky-Korsakov... À l’Opéra Bastille, elle interprétera Mimi, dans La Bohême de Puccini (mise en scène de Jonathan Miller), un rôle qu’elle reprendra au Metropolitan Opera de New York en février 2003. Née de parents mélomanes, Elena Kelessidi aurait pu voir ses dons contrariés par l’histoire tragique de la diaspora grecque d’Asie mineure, que rien ne trahit dans l’attitude de la cantatrice, gaie et spontanée, au rire généreux. Trois années sous la tente Comme deux millions de leurs compatriotes, ses grands-parents, natifs de Trabzon sur la mer Noire, ont été expulsés en 1922 de Turquie, que la Grèce venait d’échouer à conquérir, à destination de l’Union soviétique. «Ils ont fait tout le trajet à pied», raconte la soprano. La famille s’installe en Géorgie puis, une vingtaine d’années plus tard, au Kazakhstan, Staline ayant ordonné le transfert de populations russophones en Asie centrale pour contrer l’influence musulmane. Après trois années passées sous une tente, se souvient la mère d’Elena, la famille trouve enfin un logement en dur à Chimkent, troisième ville du Kazakhstan par sa population. C’est là que naît et grandit Elena Kelessidi. Elle étudie la musique, puis prend des cours de chant et d’art dramatique au conservatoire d’Alma Ata. «Mes parents étaient d’un bon niveau social, mon père était ingénieur, nous vivions dans l’aisance, se souvient-elle. Ils se sentaient grecs, mais ils répétaient tout le temps : “Nous retournerons en Géorgie”, nous ne rêvions pas d’aller en Grèce”». La guerre entre l’Abkhazie et la Géorgie au milieu des années 80 et la dissolution de l’Union soviétique en décident autrement. Le nationalisme prend le pas, «nous étions obligés de parler en kazakh, il fallait chanter en kazakh», raconte la cantatrice. Une fois en poche les visas de sortie, obtenus contre monnaie sonnante et trébuchante, c’est le départ pour la Grèce, en 1992, en laissant tout sur place. «Nous avons dû repartir de zéro, l’État grec n’était pas riche, nous recevions seulement 45 000 drachmes (125 dollars) pour deux-trois mois. C’était si difficile», explique Elena Kelessidi. Au vu de son talent, des Athéniens fortunés amateurs d’opéra ont favorisé ses débuts. En même temps que les rôles, la cantatrice a dû apprendre les langues, dont le grec. Quelques-unes de ses premières prestations ont souffert à cause de cela, de malentendus avec le metteur en scène. «Au conservatoire d’Alma Ata, on n’apprenait pas alors à chanter en italien, en français ou en allemand. Vous pouvez parler avec un accent, mais quand vous chantez, il faut que cela soit parfait», insiste la soprano. Avec six ans de carrière seulement, Elena Kelessidi estime avoir «encore besoin de temps pour être au plus haut». «Dieu m’a donné un don, j’essaie de ne pas être trop sûre de ma voix. À chaque fois, je veux montrer la musique, seule la musique compte, je n’ai que l’instrument vocal pour montrer cette musique», dit-elle.
Sa famille a connu l’exil et la privation de liberté au Kazakhstan. Au diable ce destin dramatique, Elena Kelessidi, russe d’origine grecque, est douée d’une voix et d’un art de la scène qui lui valent de se produire du 14 au 28 décembre à l’Opéra de Paris dans un rôle-titre. Âgée de 35 ans environ – «Oh ! je ne veux pas dire mon âge», rougit-elle –, la cantatrice enthousiasma les mélomanes en 1996 lorsqu’elle interpréta Violette dans la Traviata de Verdi, au Royal Covent Garden de Londres en 1996. «Il n’y a pas d’autre Violette que je préfère écouter aujourd’hui», écrivit ensuite le Times. Peter Katona la découvrit en 1994 à Athènes, comme directeur artistique du Covent Garden. «Le personnage semblait sortir d’elle-même, de façon totalement naturelle. Elle ne donne pas l’impression de...