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Actualités - Chronologies

La misère de la Bundeswehr oblige Berlin à tempérer ses ardeurs

Son implication croissante dans la diplomatie internationale n’y change rien : l’Allemagne est une nouvelle fois confrontée à la misère de son armée, maintenant qu’il est question d’une participation à une mission de paix en Afghanistan. Le mandat des Nations unies n’a pas encore été décidé que la polémique est déjà là. Dans quelle mesure l’Allemagne peut-elle concrètement envisager de participer à une force internationale de maintien de la paix en Afghanistan, alors qu’elle est déjà massivement engagée dans les Balkans et que, réforme oblige, ses effectifs s’amenuisent ? La question n’était pas au centre des préoccupations du chancelier Gerhard Schröder lorsqu’il a assuré que l’Allemagne était prête à participer à une mission de paix, mercredi dernier à Bonn à la clôture de la conférence interafghane, que l’Allemagne était si fière d’accueillir. Deux jours plus tard, il affirmait toutefois que la participation de l’Allemagne dépendrait «de la définition du mandat» décidé par les Nations unies, après que son ministre de la Défense Rudolf Scharping eut rappelé les «moyens limités» de l’armée allemande «en termes d’hommes et de finances». Après un week-end de spéculations, le porte-parole du gouvernement a laissé percevoir le malaise hier, bottant en touche devant la presse les questions relatives au rôle que l’Allemagne pourrait assumer et aux effecifs qu’elle pourrait déployer. «Tant que le Conseil de sécurité des Nations unies ne réagit pas à la demande de la conférence interafghane du Petersberg et qu’il ne définit pas le mandat, son ampleur et les pays en question pour constituer une force de paix, il ne sert à rien de discuter», a déclaré le porte-parole, Uwe-Karsten Heye. Il est vain, a-t-il expliqué, de «spéculer sur une nation leader». Avant de concéder finalement que «d’un point de vue purement logistique, le gouvernement britannique serait en mesure d’organiser relativement vite» la direction des opérations de paix. Le secrétaire général du Parti social-démocrate (SPD), que dirige Gerhard Schröder, a achevé de mettre les choses au clair, peu avant l’arrivée à Berlin du secrétaire d’État américain Colin Powell : «l’Allemagne doit être de la partie» mais ne «poussera» pas pour diriger. La Bundeswehr (armée allemande), en pleine cure d’amaigrissement, a déjà quelque 8 500 soldats engagés dans les Balkans, où l’Allemagne assure la direction en Macédoine de la mission «Renard Roux» de l’Otan. Le 16 novembre, les députés du Bundestag ont par ailleurs voté la mise à disposition de 3 900 soldats pour la guerre contre le terrorisme. À Berlin, des voix s’élèvent au ministère de la Défense et dans l’armée pour expliquer que les capacités sont saturées. De fait, c’est à la Grande-Bretagne que devrait échoir la direction des opérations de paix en Afghanistan. Londres pourrait dévoiler ses intentions mardi, à l’occasion de la visite de Colin Powell qui, après Berlin, compte se rendre à Paris et à Londres. Berlin veut «un mandat robuste», qui s’appuie sur le chapitre VII de la charte des Nations unies, afin de permettre aux soldats déployés de se défendre. Ce mandat doit en outre être centré sur Kaboul et être limité à six mois, durée du gouvernement afghan de transition, selon Uwe-Karsten Heyer, ou «au maximum à deux ans», selon Rudolf Scharping. Le Bundestag devra en tout cas voter. Son aval est nécessaire pour toute mission armée de la Bundeswehr hors d’Allemagne, qu’il s’agisse d’une mission de combat ou de maintien de la paix.
Son implication croissante dans la diplomatie internationale n’y change rien : l’Allemagne est une nouvelle fois confrontée à la misère de son armée, maintenant qu’il est question d’une participation à une mission de paix en Afghanistan. Le mandat des Nations unies n’a pas encore été décidé que la polémique est déjà là. Dans quelle mesure l’Allemagne peut-elle concrètement envisager de participer à une force internationale de maintien de la paix en Afghanistan, alors qu’elle est déjà massivement engagée dans les Balkans et que, réforme oblige, ses effectifs s’amenuisent ? La question n’était pas au centre des préoccupations du chancelier Gerhard Schröder lorsqu’il a assuré que l’Allemagne était prête à participer à une mission de paix, mercredi dernier à Bonn à la clôture de la...