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Actualités - Chronologies

Après Bonn, qui paie les salaires ?

La signature mercredi à Bonn de l’accord interafghan sur l’avenir politique de l’Afghanistan a suscité la satisfaction de la communauté internationale, mais n’apporte aucune réponse à une question pourtant simple : Qui va payer les salaires ? Car les caisses sont vides. Les dernières liquidités ont été emportées par les responsables talibans dans leur fuite. Selon certaines informations, la Banque centrale ne disposerait en tout et pour tout que de 140 000 dollars en liquide. Ainsi, à l’hôpital militaire de Kaboul, le mollah responsable de l’établissement est parti avec neuf ambulances et l’ensemble des salaires. Un médecin de l’hôpital confiait hier qu’il n’avait pas touché son salaire depuis cinq mois. Ce médecin sera peut-être mieux loti que les autres fonctionnaires afghans. Le secteur de la santé est en effet à l’heure actuelle celui qui reçoit le plus de fonds étrangers, en provenance des organisations humanitaires internationales et des agences de l’Onu. «On demande aux Afghans de faire régner la paix et la stabilité» dans leur pays. «On leur dit que les investisseurs ne viendront que si ces deux conditions sont remplies», déclare un travailleur humanitaire. «Mais comment assurer la paix et la stabilité quand les policiers et les militaires en armes ne sont pas payés», se demande-t-il. «Il ne faudra pas longtemps pour que s’installent racket et corruption», ajoute-t-il. Un responsable du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) parlant lui aussi sous couvert de l’anonymat admet qu’il y a un problème. «On a vu en Afrique la France payer les salaires de la fonction publique pour calmer le jeu dans tel ou tel pays. Ici, personne ne le fera. Nous, tout ce qu’on peut faire, c’est former les policiers, leur donner des uniformes et des équipements. Les payer, non», ajoute-t-il. La Banque mondiale se pencherait actuellement sur le cas de l’Afghanistan, selon lui. Mais les humanitaires présents à Kaboul craignent que les institutions de Bretton Woods ne prêtent à l’Afghanistan que sur la base de plans négociés avec les nouvelles autorités, qui ne seront d’ailleurs en place que pour six mois. Les bailleurs de fonds risquent d’être tentés par un nouvel attentisme, pour voir quel type de gouvernement se mettra en place après la période intérimaire, et si la «paix et la stabilité» sont bien ancrées. «Mais quelle stabilité peut-on envisager s’il n’y a pas de salaires. Le banditisme sera le seul moyen de survivre» dans ce pays déjà ravagé par 23 années de guerre, soulignent les humanitaires. Déjà, les Afghans sont concernés par un problème immédiat : l’Eid el-Fitr, qui tombe vers le 15 décembre, doit faire l’objet de festivités, mais est l’occasion aussi de s’acheter des vêtements neufs et de faire une aumône conséquente, dans le cadre de la Zakat, l’impôt musulman. À l’heure actuelle, dans Kaboul, il n’y a que deux sources d’argent frais, les organisations humanitaires qui se réinstallent et les quelques centaines de journalistes encore présents dans la ville. Le ministre de la Défense, le général Fahim, aurait pour sa part déjà trouvé une solution : «Si les Américains nous avaient donné la moitié de l’argent qu’ils ont dépensé en bombes sur l’Afghanistan, nous serions un pays riche», aurait-il déclaré il y a quelques semaines.
La signature mercredi à Bonn de l’accord interafghan sur l’avenir politique de l’Afghanistan a suscité la satisfaction de la communauté internationale, mais n’apporte aucune réponse à une question pourtant simple : Qui va payer les salaires ? Car les caisses sont vides. Les dernières liquidités ont été emportées par les responsables talibans dans leur fuite. Selon certaines informations, la Banque centrale ne disposerait en tout et pour tout que de 140 000 dollars en liquide. Ainsi, à l’hôpital militaire de Kaboul, le mollah responsable de l’établissement est parti avec neuf ambulances et l’ensemble des salaires. Un médecin de l’hôpital confiait hier qu’il n’avait pas touché son salaire depuis cinq mois. Ce médecin sera peut-être mieux loti que les autres fonctionnaires afghans. Le secteur de la...