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Actualités - Chronologies

La défaite des talibans, une victoire - pour les stratèges américains

La défaite attendue des talibans en Afghanistan donne raison à la stratégie américaine qui, depuis deux mois, marie domination aérienne, appui aux forces locales et isolement de l’ennemi, notent des experts. «Cela a été une combinaison extraordinaire», a commenté le professeur Timothy D. Hoyt, spécialiste des affaires militaires à l’Université de Georgetown à Washington. Et le succès de cette association fait mentir les Cassandre qui voyaient dans la dureté des guerriers afghans, la rudesse du relief et l’âpreté du climat autant d’obstacles insurmontables pour les Américains. La stratégie mise au point par le Pentagone, et articulée dès le début de cette campagne, a trouvé son ultime illustration avec les opérations autour de Kandahar, le dernier fief de la milice fondamentaliste dans le sud du pays. En outre, les États-Unis ont démontré à leurs alliés afghans leur résolution en insérant des troupes de choc sur le terrain pour couper les voies de communication avec les régions pachtounes du Pakistan. Washington a ainsi clairement prêté la main aux efforts d’Islamabad pour mettre en œuvre sur le terrain la rupture décidée dès le début du conflit entre les talibans et leur principal soutien, le Pakistan. La campagne américaine «a montré une coordination toute particulière de différents moyens militaires et je ne sais pas si cela pourra être répété ailleurs», a poursuivi le Pr Hoyt. En premier lieu, note Peter Singer, un analyste militaire de la Brookings Institution à Washington, «nous avons créé une situation où nous avions un contrôle total de l’espace aérien afghan». Cette supériorité aérienne est une exigence fondamentale de toute opération militaire américaine. Elle implique la destruction systématique de tous les moyens d’intervention –avions ou hélicoptères – et de communication et de défense – radars et systèmes d’armes – de l’ennemi. Cette phase a été rapidement achevée en Afghanistan vu la pauvreté des équipements dont les talibans étaient dotés. Par la suite, l’aviation américaine s’est concentrée sur des lignes de front des talibans, fournissant ainsi un appui de feu décisif aux factions afghanes hostiles à la milice fondamentaliste, notamment l’Alliance du Nord. «La puissance aérienne est extraordinairement efficace», a souligné le Pr Hoyt, «mais l’Afghanistan a démontré qu’elle l’était encore plus lorsqu’elle vient appuyer des forces au sol». Il a souligné également que l’entrée en action des B-52, les bombardiers géants dont la puissance de feu a un effet aussi psychologique que physique, a été un élément déterminant. Et, note le Dr Singer, dans la mesure où «les talibans avaient très peu de soutien populaire au moment où ils ont commencé à céder, les choses sont allées très vite». De fait, aussi bien dans le nord du pays que dans le sud, les bombardements massifs associés à une mobilisation de tribus et de factions locales ont ouvert la voie aux négociations conduisant à la reddition des talibans afghans – et à l’abandon des étrangers qui ont combattu à leurs côtés. Enfin, souligne le Pr Hoyt, les talibans n’ont jamais été mis en situation où leurs qualités de combattants ont pu être mises à l’épreuve – la lutte de guérilla contre une force d’occupation. Selon lui, «les Afghans peuvent être de très bons combattants dans certaines circonstances. Mais les États-Unis les ont privés de ces circonstances».
La défaite attendue des talibans en Afghanistan donne raison à la stratégie américaine qui, depuis deux mois, marie domination aérienne, appui aux forces locales et isolement de l’ennemi, notent des experts. «Cela a été une combinaison extraordinaire», a commenté le professeur Timothy D. Hoyt, spécialiste des affaires militaires à l’Université de Georgetown à Washington. Et le succès de cette association fait mentir les Cassandre qui voyaient dans la dureté des guerriers afghans, la rudesse du relief et l’âpreté du climat autant d’obstacles insurmontables pour les Américains. La stratégie mise au point par le Pentagone, et articulée dès le début de cette campagne, a trouvé son ultime illustration avec les opérations autour de Kandahar, le dernier fief de la milice fondamentaliste dans le sud du pays. En...