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Actualités - Chronologies

Nuit d’horreur à Jérusalem-Ouest

Du sang, des clous, mais aussi des chaussures perdues par les victimes dans l’affolement jonchent la chaussée : dévastée par deux sanglants attentats-suicide la rue Ben Yéhouda, l’une des plus animées de Jérusalem-Ouest, offrait samedi soir un spectacle d’horreur insoutenable. Une demie heure avant minuit, ce haut lieu de la jeunesse israélienne du samedi soir, avec ses nombreux cafés et restaurants, est devenu l’antichambre de l’enfer quand deux kamikazes palestiniens se sont transformés en boule de feu en déclenchant, dans une terrible déflagration, les explosifs qu’ils portaient sur eux, à quelques instants d’intervalle. Alors que la rue piétonnière était la scène d’une panique indescriptible, une troisième explosion a fait jaillir un nuage de fumée et d’étincelles au-dessus de la rue proche du rabbin Kook. L’explosion d’une voiture piégée a tout détruit dans un rayon de 50 mètres, sans faire de victimes. La plupart des blessés de la rue Ben Yéhouda étaient des adolescents, dit Daniel Weiss, un infirmier de l’armée israélienne présent sur les lieux. «J’ai essayé de porter secours à certains. Il y avait des débris humains partout. Trois ou quatre de ces adolescents étaient morts», dit-il. Le sang a éclaboussé les murs et les vitrines des magasins Une jeune femme hébétée raconte avoir vu une tête rouler devant elle. Nir Ladani, lui, dit être «venu faire une virée avec des copains» dans Ben Yéhouda, pour fêter ses 20 ans. Il s’en tire à bon compte avec une blessure au visage, un clou planté dans l’épaule et d’autres morceaux de métal dans la main droite. Les auxiliaires ultraorthodoxes de la police chargés de rassembler les moindres débris et lambeaux de chair humaine pour les ensevelir conformément à la tradition juive ont commencé leur macabre collecte. Engoncés dans des combinaisons blanches, chaussés de bottes jaunes, ils remontent la rue piétonnière et ses ruisseaux de sang avec de grands sacs poubelles. Évelyne Levy, une étudiante de 21 ans, était attablée au café Rimon près duquel le premier kamikaze a déclenché sa charge. «Il y a eu une terrible explosion. Les gens se sont mis à courir en tous sens en se bousculant vers la porte d’entrée» dit-elle. «Mes amis et moi avons gagné l’arrière du café. Nous avons brisé une fenêtre et sommes sortis», a-t-elle raconté. Les artificiers de la police brisent les fenêtres de tous les véhicules garés dans le secteur pour vérifier s’il n’y a pas d’autres charges éventuelles dissimulées à l’intérieur. Maintenus à distance de la rue Ben Yéhouda, des militants du Kach, un groupe d’extrême droite antiarabe, hurlent : «Pas d’Arabes, pas d’attentats, le rabbin Meir Kahana avait raison». Fondateur du Kach, le rabbin Kahana, qui prônait le transfert des Palestiniens hors des territoires sous contrôle israélien, a été assassiné il y a quelques années aux États-Unis. Aux alentours, dans le froid vif des nuits de décembre de Jérusalem, des jeunes, hantés par les visions d’horreur dont ils ont été témoins, s’éloignent par petits groupes, en silence.
Du sang, des clous, mais aussi des chaussures perdues par les victimes dans l’affolement jonchent la chaussée : dévastée par deux sanglants attentats-suicide la rue Ben Yéhouda, l’une des plus animées de Jérusalem-Ouest, offrait samedi soir un spectacle d’horreur insoutenable. Une demie heure avant minuit, ce haut lieu de la jeunesse israélienne du samedi soir, avec ses nombreux cafés et restaurants, est devenu l’antichambre de l’enfer quand deux kamikazes palestiniens se sont transformés en boule de feu en déclenchant, dans une terrible déflagration, les explosifs qu’ils portaient sur eux, à quelques instants d’intervalle. Alors que la rue piétonnière était la scène d’une panique indescriptible, une troisième explosion a fait jaillir un nuage de fumée et d’étincelles au-dessus de la rue proche du...