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Actualités - Chronologies

Le mollah Omar et Ben Laden désormais sur des trajectoires différentes

Ils étaient frères d’armes et avaient uni leurs destins pour l’avènement d’un «islam pur», mais la guerre antiterroriste menée par Washington en Afghanistan semble avoir placé le mollah Mohammed Omar et Oussama Ben Laden sur des trajectoires différentes. Personne ne peut dire avec certitude où les deux hommes se trouvent alors que l’étau se resserre de jour en jour un peu plus autour de leurs derniers bastions. Le mollah Omar, chef suprême des talibans, affirme régulièrement, par le truchement de ses porte-parole, qu’il est toujours à Kandahar, le fief de la milice fondamentaliste dans le sud de l’Afghanistan. «Notre direction préfère la mort à l’humiliation», a affirmé samedi l’ancien ambassadeur des talibans au Pakistan, Abdul Salam Zaeef, ajoutant que le mollah Omar avait «donné l’ordre à chacun de se battre et de ne pas plier devant les forces des infidèles». De son côté, Ben Laden, l’homme le plus recherché du monde depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, a gardé un profil bas et ne s’est exprimé publiquement qu’à de rares occasions depuis cette date, par cassette vidéo ou «interview» interposée. Autrefois «hôte d’honneur» des talibans qu’il a financés copieusement, le milliardaire d’origine séoudienne, devenu militant mondial de la cause panislamiste, semble désormais être livré à lui-même alors que les États-Unis sont plus déterminés que jamais à venger les quelque 3 700 morts et disparus des attentats du 11 septembre. Après des déclarations volontairement contradictoires, les talibans disent maintenant de manière consistante qu’ils n’ont aucune idée de l’endroit où Ben Laden se trouve et qu’ils n’ont plus aucun contact avec lui. «Il n’y a pas de relation maintenant. Il n’y a pas de communication», avait déclaré Syed Tayyab Agha, porte-parole du mollah Omar, lors d’une conférence de presse il y a dix jours, dans la localité frontalière de Spin Boldak. De leur côté, les Américains considèrent la désintégration du régime des talibans comme un facteur-clé pour localiser Ben Laden et ses derniers lieutenants du réseau el-Qaëda en Afghanistan. Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a qualifié vendredi le mollah Omar de «jusqu’au-boutiste» qui cherche à «redonner de l’énergie aux talibans» pour tenir coûte que coûte Kandahar et, s’ils ne le peuvent pas, se réfugier «dans les montagnes, attendre un moment et revenir». Ben Laden, pour sa part, «est dans un endroit sûr quelque part, essayant de traiter avec son réseau», a estimé M. Rumsfeld. Il «a clairement un intérêt différent» et «utilise l’Afghanistan comme une feuille de nénuphar, un endroit où se trouver, un endroit depuis lequel partir et tuer d’autres gens autour du monde». Selon des responsables américains, Ben Laden pourrait se cacher soit dans les montagnes autour de Kandahar, soit dans un complexe sophistiqué de grottes près de Jalalabad, dans l’est de l’Afghanistan. Alors que les bombardements américains et les opérations des forces spéciales ont, de toute évidence, séparé leurs chemins, le mollah Omar et Ben Laden ont évoqué dans le passé un destin commun, celui d’une mort en «martyrs» de la cause de l’islam. Dès avant le déclenchement de la campagne américaine en Afghanistan le 7 octobre, le mollah Mohammed Omar avait fait savoir que cette cause de l’islam était plus importante que sa survie ou celle de Ben Laden. De son côté, Ben Laden semble s’être résigné au fait que tôt ou tard, les Américains arriveraient jusqu’à lui. Et il aurait d’ores et déjà demandé à ses lieutenants de le tuer avant qu’on ne puisse le capturer.
Ils étaient frères d’armes et avaient uni leurs destins pour l’avènement d’un «islam pur», mais la guerre antiterroriste menée par Washington en Afghanistan semble avoir placé le mollah Mohammed Omar et Oussama Ben Laden sur des trajectoires différentes. Personne ne peut dire avec certitude où les deux hommes se trouvent alors que l’étau se resserre de jour en jour un peu plus autour de leurs derniers bastions. Le mollah Omar, chef suprême des talibans, affirme régulièrement, par le truchement de ses porte-parole, qu’il est toujours à Kandahar, le fief de la milice fondamentaliste dans le sud de l’Afghanistan. «Notre direction préfère la mort à l’humiliation», a affirmé samedi l’ancien ambassadeur des talibans au Pakistan, Abdul Salam Zaeef, ajoutant que le mollah Omar avait «donné l’ordre à...