À l’étranger, le dollar s’est légèrement effrité en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux sous la pression de quelques ventes bénéficiaires en rapport avec la publication d’un rapport sur l’économie américaine. À cet égard, les investisseurs ont été sensibilisés hier par une analyse du Bureau fédéral d’études économiques (NBER), un institut privé chargé de dater officiellement les cycles économiques aux États-Unis, indiquant que l’économie américaine est en récession depuis mars 2001 et non à partir du 11 septembre comme on le croyait. «La contraction générale de l’économie depuis mars 2001 suffit à affirmer qu’une récession était en cours», a noté le NBER. Et d’ajouter que «les attentats terroristes du 11 septembre ont nettement accru la contraction et joué un rôle important à cet effet». Le rapport a remarqué aussi que l’activité économique aux États-Unis avait touché un pic en mars 2001, marquant en ce moment la fin d’une expansion et le début d’une récession, ce qui signifie que la croissance, qui avait commencé en mars 1991, a fini en mars 2001 et qu’une récession, la dixième dans l’histoire américaine, a commencé. À la publication de cette étude, nombre d’opérateurs, qui imputaient la stagnation de l’économie américaine aux attentats du 11 septembre, ont été déçus par ses conclusions. Ils ont aussitôt estimé devoir prendre leurs gains sur le dollar contre toutes les autres grandes monnaies, y compris le yen, passant outre à la révision à la baisse par l’agence de notation financière Fitch de la note de la dette souveraine à long terme du Japon en devises et en yens de AA+ à AA. En outre, l’Office statistique européen (Eurostat) a annoncé que le commerce extérieur de la zone euro a enregistré en septembre dernier un excédent de 3,8 milliards d’euros contre un déficit de 0,5 milliard pour la période correspondante de l’année précédente, et ce malgré le net déficit sur les neuf premiers mois de cette année dans le secteur de l’énergie. Cela d’autant qu’il s’est avéré que le commerce de l’Union européenne avec les États-Unis a été caractérisé par une hausse de l’excédent de 25 milliards cette année contre 20 milliards pour la période correspondante de l’année dernière. Compte tenu de toutes ces considérations, et dans l’attente de la publication de nouvelles statistiques des deux côtés de l’Atlantique cette semaine, dont les chiffres du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au troisième trimestre, après-demain, et ceux des États-Unis pendant la même période, vendredi, ainsi que les chiffres de l’indice de confiance des consommateurs américains en novembre aujourd’hui et du Beige Book de la Réserve fédérale (Fed) demain, le dollar s’est montré hier vulnérable. Il s’est négocié ainsi à New York, sur un ton faible comme suit : – 0,8805 pour un euro contre 0,8780, vendredi dernier – 1,4115 pour un sterling contre 1,4100 – 2,2210 DM contre 2,2275 – 7,4495 FF contre 7,4710 – 1,6635 FS contre 1,6665 – 2 199,05 lires contre 2 205,30 – 124,10 yens contre 124,35. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont évolué dans les deux sens hier, tantôt à la baisse et tantôt à la hausse au gré de quelques ventes bénéficiaires suivies d’une chasse aux bonnes affaires, rendant la tendance de la cote très volatile. «Les indices boursiers ont atteint leurs seuils de résistance», a indiqué l’analyste en chef de Prudential Financial, Ralph Acampora, pour expliquer leur évolution dans les deux sens dans une fourchette étroite. De l’avis unanime des analystes boursiers, la cote américaine a peu réagi à l’annonce, largement attendue, que l’économie aux États-Unis est entrée en récession depuis mars dernier, selon la NBER. Cette semaine, les investisseurs attendent l’indice de confiance des consommateurs en novembre aujourd’hui, le Beige Book de la Fed sur l’état de l’économie demain, les commandes de biens durables en octobre après-demain et la deuxième estimation du PIB américain au troisième trimestre vendredi. Parmi les titres dans l’actualité, Intel, qui a mis au point un nouveau type de transistor, le TeraHertz, permettant de produire des semi-conducteurs beaucoup plus rapides, a grimpé hier, entraînant dans son sillage le restant du secteur de la haute technologie. Ce mouvement a largement compensé la baisse de Lucent après que Morgan Stanley eut revu à la baisse sa recommandation sur l’équipementier de télécommunications. Les financières, dont American Express et Citigroup, ont été à la hausse, neutralisant la baisse du secteur pétrolier. Finalement, l’indice composite Nasdaq s’est orienté vers la barre des 1 940 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait irrégulièrement entre un plus bas à 9 903,80 points et plus haut à 9 992,80 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 982,25 points, en hausse de 22,54 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes en baisse à l’exception de Londres Les marchés d’actions européens ont pour la plupart clôturé en repli lundi, effaçant leurs gains de la matinée après un démarrage hésitant à Wall Street et une aggravation des pertes des valeurs pétrolières. Mais les semi-conducteurs se sont accrochés à une prévision prometteuse du premier fondeur sous-traitant mondial Taïwan Semiconductor Manufacturing Co (TSMC) et ont soutenu les valeurs technologiques. L’indice paneuropéen Eurotop 300 a fini sur un infime repli de 0,49 point, soit 0,04 %, à 1 256,60 points et l’Euro Stoxx 50, limité à la zone euro, a cédé 18,65 points (0,49 %) à 3 753,54. Les indices, qui ont repris quelque 27 % depuis leurs plus bas de trois ans touchés le 21 septembre, avaient affiché des hausses d’environ 1 % en matinée. À Paris, le CAC40 a fini en baisse de 0,21 % à 4 564,38 points. À Londres, le FTSE 100 a terminé en hausse de 0,18 % à 5 302,5 points. À Francfort, le DAX 30 a reculé de 0,72 % à 5 114,12 points. Tokyo : rebond de la cote L’indice de référence Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé la séance de lundi en hausse de 3,4 %, soit 367,48 points, à 11 064,30 points, les investisseurs ayant été encouragés par les bonnes performances des marchés américains la semaine dernière et par la baisse du yen, ont indiqué les courtiers. La Bourse de Tokyo était fermée vendredi, jour férié au Japon. L’indice élargi Topix a gagné pour sa part 26,30 points (+2,5 %), à 1 088,77 à la clôture. 1 021 titres étaient en hausse, 190 en baisse et 86 inchangés. Le volume des échanges s’est élevé à quelque 749 millions d’actions, contre 675,5 millions de la veille. «Le marché a été fortement influencé par des facteurs extérieurs», a estimé un courtier de Daiwa Securities, Shunsuke Nishino, se référant aux bons résultats de la Bourse américaine vendredi après-midi et un déclin du yen. «Les investisseurs ont aussi repris du cœur au ventre en raison des progrès enregistrés en matière de créances douteuses par les banques et les initiatives gouvernementales pour privatiser ou démanteler les grandes sociétés publiques», a indiqué ce courtier, estimant que «les intentions gouvernementales en matière de réformes de structures ont enfin commencé à prendre forme». Les titres chers de hi-tech et de télécoms ont pris de la valeur ainsi que ceux des grandes banques qui ont publié leurs résultats intermédiaires en fin d’après-midi, souvent après la cloche. «Les investisseurs reprennent lentement confiance dans les valeurs bancaires et redeviennent acheteurs», selon des opérateurs. Mizuho, le plus grand groupe bancaire mondial, a clôturé en hausse de 9 000 yens à 358 000 yens. Mitsubishi Tokyo Financial Group a gagné 6 000 yens, à 901 000. La grande banque a annoncé une heure avant la fermeture qu’elle enregistrait une perte semestrielle de quelque 807 millions de dollars en raison de l’effacement brutal des créances douteuses et de la faiblesse des marchés financiers. Le marché a réagi calmement à l’évaluation de l’agence de notation britannique Fitch, qui a réduit la note de la dette souveraine japonaise intérieure et extérieure.
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