La Russie cherche à écarter les talibans - du futur gouvernement
le 24 novembre 2001 à 00h00
La Russie, craignant une déstabilisation de l’Asie centrale, tente de garantir à ses alliés de l’Alliance du Nord une position centrale dans un futur gouvernement afghan purgé des talibans, alors qu’approche la conférence interafghane de Bonn. Pendant que des factions rivales se préparent à modeler l’avenir de l’Afghanistan lors de cette conférence convoquée la semaine prochaine sous les auspices de l’Onu, une délégation russe de haut niveau est allée à Kaboul pour s’assurer que les intérêts de Moscou ne seront pas oubliés et discuter de la réouverture prochaine de l’ambassade russe. Alliée appréciée des États-Unis, la Russie est en désaccord avec leur désir d’introduire des talibans «modérés» dans le gouvernement provisoire qui doit conduire le pays pendant deux ans. Le président Vladimir Poutine a révélé jeudi avoir souligné auprès des Américains, lors de sa visite aux États-Unis la semaine dernière, que l’Alliance du Nord devrait jouer «l’un des rôles-clefs» dans la création d’un nouveau gouvernement. Le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov a indiqué clairement mercredi que la Russie avait l’intention de jouer un rôle «actif» dans la mise en place d’un nouveau gouvernement afghan qui serait «discriminatoire» à l’égard des talibans. Par la bouche de l’émissaire de l’Onu en Afghanistan Francesc Vendrell, la communauté internationale demande avec insistance que l’Alliance du Nord remette le pouvoir à un gouvernement bénéficiant d’une base plus vaste. L’Alliance, une coalition floue de minorités ethniques, tadjikes, ouzbèkes et hazaras, a gouverné à Kaboul de 1992 à 1996, après la chute du régime appuyé par l’URSS et une période de conflits internes sanglants. Moscou, qui a armé l’Alliance depuis 1996, reconnaît la nécessité pour le futur pouvoir de représenter toute la mosaïque ethnique afghane, y compris les Pachtouns, les plus nombreux et dont étaient issus les talibans. Mais en même temps les Russes sont inquiets de voir les Occidentaux prêts à appuyer un gouvernement de coalition comprenant des talibans. Ils craignent que les religieux fondamentalistes, qu’ils accusent d’aider les séparatistes en Tchétchénie, ne déstabilisent durablement leur flanc sud et les pays d’Asie centrale riches en ressources énergétiques.
La Russie, craignant une déstabilisation de l’Asie centrale, tente de garantir à ses alliés de l’Alliance du Nord une position centrale dans un futur gouvernement afghan purgé des talibans, alors qu’approche la conférence interafghane de Bonn. Pendant que des factions rivales se préparent à modeler l’avenir de l’Afghanistan lors de cette conférence convoquée la semaine prochaine sous les auspices de l’Onu, une délégation russe de haut niveau est allée à Kaboul pour s’assurer que les intérêts de Moscou ne seront pas oubliés et discuter de la réouverture prochaine de l’ambassade russe. Alliée appréciée des États-Unis, la Russie est en désaccord avec leur désir d’introduire des talibans «modérés» dans le gouvernement provisoire qui doit conduire le pays pendant deux ans. Le président Vladimir...
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