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Actualités - Biographies

Liliane Tyan voit - la ville en rose

Depuis 1996, Liliane Tyan voit Beyrouth en rose, beige ou jaune, toute une gamme de pastel pour effacer à jamais la grisaille d’une ville qui se réveille à la joie. Grâce à elle, l’équipe de Help Lebanon et les sponsors, les citadins peuvent enfin commencer à voir la vie en rose. Il était une fois une ville triste, tristement grise, maculée par la cendre des années et des canons encore tièdes. Il était une fois une femme qui vivait dans cette ville si tristement grise et qui, comme un miroir, reflétait l’image d’une vieillesse prématurée. Un projet qui allait défigurer sa ville déjà fatiguée et voilà la femme qui se révolte, se soulève, réunit les signatures d’importants hommes d’affaires de ladite ville, et, pétition à la main, démarre sa croisade. Don Quichotte des temps modernes, ses moulins à vent ressemblent à des immeubles aux mines grises et désabusées. Embellir les lieux, redonner de la vie et de la couleur à ces façades alignées, lasses et ennuyeuses, secouer la poussière du temps et surtout agir. «Agir, puis prévenir !» Liliane Tyan convaincue, convaincante a toujours concentré son action autour d’un Liban qui lui est cher, «je devais servir mon pays, à ma façon». Héritage de son père, le regretté Édouard Honein, qui lui a insufflé sa fibre patriotique, avant même qu’elle ne s’en rende compte. «À l’adolescence, je ne savais pas du tout ce que je voulais faire. Rien en moi n’avait encore le besoin de s’exprimer, je ne me sentais investie d’aucune mission». Liliane fera donc – «vous allez rire», précise-t-elle, – des études en psychologie ; elle n’obtiendra pas sa licence pour cause d’absence non justifiée le jour des examens, défection pourtant justifiée à ses yeux, «je ne pouvais quand même pas rater les élections de mon père !». Puis elle s’inscrit à l’académie Michel-Ange pour apprendre à manier le pinceau et les couleurs, «vous m’imaginez !», dit-elle encore, en riant. Mais c’est le Liban qui l’intéresse et qui l’anime. Il suffira d’un incident, un signe du ciel, une malheureuse coïncidence, pour que Liliane perçoive clairement, en un moment, la mission qui l’attend. Ce jour fatidique où elle apprend qu’elle est enceinte, ce même jour où les graves incidents de Aïn el-Remmaneh sont déclenchés. «Je suis arrivée ce jour-là chez ma belle - mère mes résultats à la main. Les évènements étaient tellement plus graves, je n’ai pas osé le dire à la famille. J’ai compris qu’il me fallait m’investir dans les problèmes du pays». Agir, donc. «J’ai commencé par être secrétaire générale au Front libanais, avant de prendre la présidence de l’association Help Lebanon, mon premier engagement “au front”». Des années de guerre durant, Liliane Tyan se chargera d’assurer à des milliers d’enfants des colonies de vacances et des bourses scolaires, un sourire. Dix-sept ans de social, qui s’arrêtent à la fin de la guerre. «Help Lebanon a alors “shifté” du social humanitaire vers le social et l’environnement». En cinq ans, l’association, stimulée par l’énergie heureuse de cette femme, a donc réussi à «lifter» 17 rues et plus de 350 immeubles dans Beyrouth. «Notre action se limite à la ville. Il est impossible de s’étaler ou même de promettre. Je connais, poursuit-elle, mes limites et mes moyens et je ne les oublie pas, de peur d’un échec. Je ne crois pas en une action plus grande que soi». Son action est pourtant suffisamment grande pour avoir réussi à entraîner derrière elle des mécènes concernés et des individus enthousiasmés par la perspective d’une ville à nouveau belle. «Help Lebanon, c’est pour moi une association, mais aussi des sponsors, des architectes, des ouvriers, la presse et les habitants. Il y a eu dès le début un enthousiasme collectif, de la part notamment de MM. Antoine Wakim, Raymond Audi et toutes les banques situées dans la zone où le projet a démarré, à savoir une des entrées de la ville». Il y a eu surtout une femme décidée, «dans n’importe quelle action, on démarre puis les gens suivent», qui ne cesse de bouger, de se déplacer et voyager pour collecter des fonds qui permettront de faire plus beau et mieux. «Notre projet pour l’an 2002 est de repeindre une colline située dans les quartiers défavorisés d’Achrafieh. Les habitations de cette colline – que nous avons baptisée avec le mohafez de Beyrouth “Le sommet des hirondelles” – ont été construites d’une manière anarchique pendant la guerre. Certaines sont encore en béton et sont reliées entre elles par des escaliers. En leur donnant de la couleur, elles changeront complètement d’aspect. La Lorraine va financer une partie du projet». Sur fond de crise économique et sociale, verser de la couleur dans la grisaille ambiante semblait bien nécessaire. «Il faut que le joli donne de la joie ! Mon plus grand bonheur est de voir les gens satisfaits et heureux». Son plus grand bonheur, c’est aussi, elle tient à le souligner, «ma réalisation, mon fils Bernard qui vient d’obtenir la mention excellent en Master à Boston où il se spécialise en orthodontie». Liliane Tyan, un peu de psychologie, beaucoup de couleurs et surtout de la ténacité, continue d’agir au nom d’un Liban qu’elle voudrait encore plus reluisant. «Si j’avais le pouvoir… j’aurais tellement voulu que ce soit beau partout». Les citadins vous remercient, Madame Tyan.
Depuis 1996, Liliane Tyan voit Beyrouth en rose, beige ou jaune, toute une gamme de pastel pour effacer à jamais la grisaille d’une ville qui se réveille à la joie. Grâce à elle, l’équipe de Help Lebanon et les sponsors, les citadins peuvent enfin commencer à voir la vie en rose. Il était une fois une ville triste, tristement grise, maculée par la cendre des années et des canons encore tièdes. Il était une fois une femme qui vivait dans cette ville si tristement grise et qui, comme un miroir, reflétait l’image d’une vieillesse prématurée. Un projet qui allait défigurer sa ville déjà fatiguée et voilà la femme qui se révolte, se soulève, réunit les signatures d’importants hommes d’affaires de ladite ville, et, pétition à la main, démarre sa croisade. Don Quichotte des temps modernes, ses moulins à...