L’évolution des marchés des changes internationaux a été marquée cette semaine par un certain regain d’intérêt pour le billet vert aux dépens de toutes les autres grandes monnaies, notamment l’euro qui est resté bloqué sous le seuil de 0,89 dollar. De fait, la monnaie unique européenne n’a guère suscité l’appétit des investisseurs, toujours concentrés sur l’évolution du dollar et les perspectives de redressement de l’économie américaine. L’amélioration des ventes de détail aux États-Unis, qui ont enregistré une hausse record de 7,1 % en octobre contre une baisse de 2,2 % en septembre, est venue amoindrir sérieusement les craintes que les investisseurs les plus pessimistes avaient accumulées sur l’état de l’économie américaine depuis début novembre. Il en est de même de l’annonce par le département du Travail aux États-Unis d’une nouvelle diminution des demandes hebdomadaires d’allocations chômage de 8 000 dossiers au cours de la semaine achevée le 10 novembre pour ne totaliser que 444 000, en raison vraisemblement de quelques créations d’emplois non agricoles. Dans le même temps, la guerre en Afghanistan, qui a évolué plus rapidement que prévu, a redonné confiance au marché au profit du billet vert. Toutefois, la monnaie unique européenne a profité de rumeurs, récurrentes depuis quelques jours sur les marchés, d’interventions de banques centrales en sa faveur. Mais après qu’on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’achats commerciaux normaux que l’on ne pouvait pas qualifier d’opérations de soutien, l’euro ne tardait pas à abandonner ses petits gains face au dollar. L’annonce d’une nouvelle et forte baisse de la production industrielle aux États-Unis de 1,1 % en octobre après 1 % en septembre, conjuguée à une diminution de l’utilisation des capacités industrielles à 74,8 % contre 75,6 %, a été compensée par la baisse plus forte que prévu de l’indice des prix à la consommation de 0,3 % contre une hausse de 0,4 % pendant la même période consécutivement à la chute des prix pétroliers. Ce développement, qui témoigne de l’absence de signes inflationnistes, est censé donc paver la voie à un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) afin de relancer la croissance. Cette perspective a été renforcée par les propos rassurants tenus par le président de la Fed, Alan Greenspan, devant la Chambre de commerce américaine à Washington selon lesquels les fondamentaux de l’économie aux États-Unis sont très encourageants à long terme. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar est resté généralement bien entouré cette semaine. Mais il risque de devenir fragile la semaine prochaine, préviennent les analystes. Tout dépendra selon eux de la tonalité des statistiques qui seront publiées aux États-Unis et dans la zone euro, notamment l’indice de confiance des consommateurs américains de l’Université de Michigan, l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine établi par le Conference Board et l’indice IFO qui mesure le climat des affaires en Allemagne. Les investisseurs attendent également de voir si la Banque centrale européenne (BCE) baissera une nouvelle fois ses taux d’intérêt jeudi prochain, tout en doutant d’un tel scénario après la diminution d’un demi-point en pourcentage le 8 novembre dernier. Dans cette attente, le dollar est parvenu à préserver l’essentiel de ses gains d’une semaine à l’autre, se négociant hier à New York sur un ton pratiquement soutenu comme suit : – 0,8850 pour un euro contre 0,8940, à la fin de la semaine dernière – 1,4280 pour un sterling contre 1,4560 – 2,2100 DM contre 2,1880 – 7,4120 FF contre 7,3375 – 1,6560 FS contre 1,6395 – 2 187,90 lires contre 2 165,85 – 122,85 yens contre 120,35. Poursuite de la tendance haussière des grandes Bourses internationales cette semaine Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières sont revenus cette semaine à des niveaux supérieurs à ceux enregistrés avant les attentats du 11 septembre, affichant leurs plus hauts depuis la fin août. Pourtant, après l’annonce hier d’une forte baisse de la production industrielle américaine en octobre, les investisseurs ont commencé à s’interroger sur les perspectives de reprise de la croissance économique. Mais les prises de bénéfices observées n’ont guère entamé, par leur faible ampleur, la progression des indices dans la foulée d’autres bonnes nouvelles comme la forte hausse des ventes de détail et la baisse des prix à la consommation en octobre ainsi que la nouvelle chute des demandes hebdomadaires d’allocations chômage la semaine dernière et la progression de l’indice d’activité industrielle de la banque de réserve de Philadelphie de –27,4 en octobre à –22,2 en novembre. De plus, la perception actuelle parmi les investisseurs est que les séries de baisses des taux, qui sont appelées à se poursuivre, commencent à faire de l’effet, surtout après l’évolution de la guerre en Afghanistan en faveur des thèses américaines et la chute des prix pétroliers qui est censée favoriser la reprise de l’économie mondiale. Cela d’autant que la poursuite de la désinflation aux États-Unis, à la lumière des récentes statistiques sur les prix à la consommation, pourrait inciter la Fed à baisser encore les taux pour doper la croissance. À cet égard, Salomon Smith Barney prévoit que les taux américains pourraient être abaissés d’un quart de point en pourcentage le mois prochain, incitant les consommateurs à dépenser davantage surtout après les développements rassurants de la guerre menée par les États-Unis contre le régime des talibans et l’organisation el-Qaëda d’Oussama Ben Laden. Dans cette perspective, l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq est remonté au-dessus du seuil des 1 900 points avant d’achever la semaine hier aux alentours des 1 895,50 points contre 1 828,48 points à la fin de la semaine dernière, marquant une nouvelle hausse de 3,66 %. Il en est de même de l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui, après avoir franchi le seuil des 9 900 points, a affiché hier en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 842,84 points contre 9 608,00 points vendredi dernier, en hausse de 2,44 % d’une huitaine à l’autre. À l’instar des marchés américains, toutes les autres grandes Bourses internationales ont continué sur leur lancée de la semaine dernière, passant outre les interrogations des analystes sur l’état de l’économie mondiale et sur les chances de reprise rapide. Cela d’autant que le Fonds monétaire international (FMI) venait de réviser à la baisse cette semaine ses prévisions de croissance des deux côtés de l’Atlantique, en raison notamment du climat d’incertitude extraordinaire créé selon lui par les attentats du 11 septembre. Mais malgré toutes les réserves formulées par le FMI, les indices boursiers européens ont continué de remonter la pente. L’Extra Dax de la Bourse de Francfort a clôturé la semaine en hausse de 3,11 % à 5 062,64 points contre 4 910,07 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que le CAC 40 de la Bourse de Paris qui a regagné 1,62 % à 4 587,30 points contre 4 514,28 points et le Footsie de la Bourse de Londres qui a réduit ses gains à 0,89 % à 5 292,00 points contre 5 244,20 points à la suite de la baisse des valeurs pétrolières britanniques de concert avec la chute des prix du brut. Quant à la Bourse de Tokyo, elle a opéré cette semaine une reprise de rattrapage de 4,24 % à 10 649,09 points hier contre 10 215,71 points à la fin de la semaine dernière, sous la conduite des technologiques dans le sillage de leurs homologues américains, et ce malgré les inquiétudes suscitées par les mauvaises créances des banques japonaises.
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