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Actualités - Chronologies

Égypte - Épilogue du « procès des homosexuels » : 23 condamnations

Un tribunal d’exception du Caire a condamné mercredi 23 des 52 jeunes Égyptiens poursuivis pour homosexualité et «mépris de la religion» à des peines de prison allant jusqu’à cinq ans, dans un procès considéré comme un test sur le respect des droits de l’homme. Le tribunal correctionnel de la Haute cour de sûreté de l’État, dont les verdicts sont sans appel, a acquitté les 29 autres accusés. Les condamnés, pour la plupart âgés d’une vingtaine d’années, ont éclaté en sanglots à l’énoncé des peines, derrière les barreaux de la cage où ils comparaissaient avec les autres prévenus. Chérif Farahat, principal accusé, a été condamné à cinq ans de prison pour «mépris de la religion» et «pratiques sexuelles contraires à l’islam». Mahmoud Ahmed Allam a été condamné à trois ans, uniquement pour «mépris de la religion». Les 50 autres prévenus étaient accusés de se livrer à la débauche. Vingt et un d’entre eux ont été condamnés, 20 à deux ans de prison et un à un an. La plupart des accusés avaient été arrêtés le 11 mai au Caire, sur un bateau transformé en boîte de nuit, le Queen Boat. Un prévenu mineur, Mahmoud Abdel Fattah, 17 ans, accusé dans la même affaire, mais dont le cas avait été dissocié, avait été condamné le 18 septembre à trois ans de prison par un tribunal correctionnel. L’homosexualité ne figure pas explicitement parmi les crimes sexuels évoqués par la loi égyptienne, fondée sur la charia (loi islamique). Mais selon des juristes, plusieurs législations incriminant les pratiques portant atteinte aux mœurs peuvent s’appliquer à l’homosexualité. Les 52 accusés ont été conduits dans la cage attachés les uns aux autres avec des menottes, cachant leurs visages sous des mouchoirs blancs. Une vingtaine de policiers armés de matraques ont empêché les parents et le public d’entrer dans la salle d’audience. Depuis son ouverture, le 18 juillet, ce procès a provoqué l’indignation d’associations homosexuelles ou de défense des droits de l’homme, notamment en Suisse, en France et aux États-Unis. Amnesty International est intervenue à deux reprises pour demander la libération immédiate des prévenus, l’ouverture d’une enquête sur des allégations de torture pendant leur détention et le respect du droit à vivre librement sa sexualité en Égypte. Des diplomates étrangers, notamment, canadien, néerlandais, français, suédois et de l’Union européenne, ont assisté à plusieurs des audiences. Un diplomate canadien, Jean-Philippe Tachdjian, s’est demandé «pourquoi ce procès a eu lieu devant un tribunal d’exception, et non un tribunal ordinaire». Tout recours en appel est impossible dans ce verdict, dont l’application dépend maintenant uniquement d’une ratification par le président Hosni Moubarak. Un représentant de l’Organisation des droits de l’homme pour les homosexuels et les lesbiennes, basée à Londres, Scott Long, a, pour sa part, demandé à l’Égypte de respecter les conventions des droits de l’homme, qu’elle a ratifiées. Interrogé sur les raisons qui ont entraîné ces jeunes gens devant un tribunal d’exception, qui juge des affaires mettant en cause la sécurité nationale, il a affirmé que «le gouvernement veut détourner l’attention de l’opinion publique des crises économiques et sociales» qui sévissent en Égypte.
Un tribunal d’exception du Caire a condamné mercredi 23 des 52 jeunes Égyptiens poursuivis pour homosexualité et «mépris de la religion» à des peines de prison allant jusqu’à cinq ans, dans un procès considéré comme un test sur le respect des droits de l’homme. Le tribunal correctionnel de la Haute cour de sûreté de l’État, dont les verdicts sont sans appel, a acquitté les 29 autres accusés. Les condamnés, pour la plupart âgés d’une vingtaine d’années, ont éclaté en sanglots à l’énoncé des peines, derrière les barreaux de la cage où ils comparaissaient avec les autres prévenus. Chérif Farahat, principal accusé, a été condamné à cinq ans de prison pour «mépris de la religion» et «pratiques sexuelles contraires à l’islam». Mahmoud Ahmed Allam a été condamné à trois ans, uniquement...