Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Un chef pachtoune somme les taliban de céder le contrôle de Jalalabad

Le chef des commandants pachtounes afghans basés au Pakistan a sommé hier les taliban de céder le contrôle de la ville stratégique de Jalalabad, dans l’est de l’Afghanistan, et a menacé de lancer une action militaire contre eux s’ils refusaient. «Tout est prêt» pour une action contre les taliban dans l’est et la décision de la déclencher ou pas «sera prise demain» (mercredi), a déclaré aux journalistes ce chef militaire, le commandant Haji Mohammad Zaman Ghamshareek. Âgé de 45 ans, Zaman est une figure de la lutte contre les forces d’occupation soviétiques (1979-1989). Il parlait à la presse à Peshawar, principale ville du nord-ouest du Pakistan, près de la frontière afghane. Il a précisé que cette action, si elle était lancée, impliquerait à la fois des Afghans basés au Pakistan et des hommes des tribus pachtounes de l’est de l’Afghanistan. Ces tribus, ralliées aux miliciens islamistes après leur arrivée au pouvoir en 1996, seraient maintenant prêtes à les lâcher. L’opposition pachtoune antitalibane s’efforce depuis des semaines de convaincre des chefs de tribus de se tourner contre les taliban. Dans un message, la Choura (Conseil) de l’est de l’Afghanistan, qui groupe quelque 80 commandants et représentants civils pachtounes en exil, a appelé les taliban à lui remettre sans combattre le contrôle de Jalalabad et de la province du Nangarhar, a déclaré Zaman. Jalalabad, capitale du Nangarhar, est située sur la route entre le Pakistan et Kaboul, à environ 60 kilomètres de la frontière. La Choura a envoyé hier une délégation porter ce message à Jalalabad. «Nous espérons son retour pour aujourd’hui, je peux attendre jusqu’à demain» (mercredi), a déclaré le commandant Zaman. Selon des sources au sein de la Choura, la délégation comprendrait deux commandants et deux chefs tribaux. Une source a indiqué que la délégation était revenue dans la soirée à Peshawar sans avoir rencontré le gouverneur du Nangarhar. Un commandant, membre de la Choura, s’est montré pessimiste sur la possibilité que les taliban abandonnent le contrôle de Jalalabad, en raison de l’importance stratégique de la ville. «Plusieurs messages ont déjà été envoyés aux taliban, ils ne partiront pas, sauf s’ils y sont forcés», a déclaré ce commandant qui a requis l’anonymat. La réaction d’un haut responsable taliban à Jalalabad semblait lui donner raison. Contacté par téléphone, Maulvi Taj Mir, chef des services de renseignement pour le Nangarhar, a assuré que les taliban n’avaient pas l’intention de céder le pouvoir dans l’est, mais au contraire de combattre. «Nous avons décidé, et c’est notre stratégie, que nous allons défendre les provinces de Kunar, Nangarhar et Laghman», a déclaré Taj Mir. Ces trois provinces sont situées entre la frontière et Kaboul. Le commandant Zaman a indiqué que le nombre des combattants étrangers, notamment arabes, soutenant le régime taliban et Oussama Ben Laden avait augmenté à Jalalabad. Ces combattants redoutés étaient auparavant environ 2 000 à Jalalabad, selon lui, mais certains sont arrivés dans la ville après l’évacuation de Kaboul. Zaman n’a pas voulu donner de détails sur les capacités opérationnelles de ses forces. Dans l’est de l’Afghanistan, «beaucoup de gens sont avec nous, et ils sont armés», a-t-il déclaré. Interrogé sur les armes dont ses forces disposent, il a simplement répondu : «Nous en avons un certain nombre, et nous allons en trouver d’autres». Il s’est refusé à donner des précisions sur l’importance et l’origine de ces armements. Par ailleurs, Zaman a déclaré qu’il ne croyait pas que le départ des taliban de Kaboul soit un repli stratégique. «Ce n’était pas une décision stratégique, ils sont finis», a-t-il affirmé.
Le chef des commandants pachtounes afghans basés au Pakistan a sommé hier les taliban de céder le contrôle de la ville stratégique de Jalalabad, dans l’est de l’Afghanistan, et a menacé de lancer une action militaire contre eux s’ils refusaient. «Tout est prêt» pour une action contre les taliban dans l’est et la décision de la déclencher ou pas «sera prise demain» (mercredi), a déclaré aux journalistes ce chef militaire, le commandant Haji Mohammad Zaman Ghamshareek. Âgé de 45 ans, Zaman est une figure de la lutte contre les forces d’occupation soviétiques (1979-1989). Il parlait à la presse à Peshawar, principale ville du nord-ouest du Pakistan, près de la frontière afghane. Il a précisé que cette action, si elle était lancée, impliquerait à la fois des Afghans basés au Pakistan et des hommes des...