La journée de protestation antiaméricaine organisée hier par les partis islamistes pakistanais n’a pas mobilisé de foules importantes, mais a été marquée par la mort de quatre manifestants tués lors d’affrontements avec la police. L’incident le plus violent s’est déroulé à Dera Ghazi Khan, dans la province du Punjab (centre du Pakistan), un fief des islamistes, où quelque 5 000 militants du JUI (Jamiat-ulema-i-islam) ont bloqué l’une des routes principales du pays et une ligne de chemin de fer. Les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur des manifestants, dont certains étaient armés, faisant quatre morts et six blessés. Quatre policiers ont été blessés dans ces affrontements. Hier en fin d’après-midi, quelque 500 protestataires assis sur les rails continuaient à bloquer la voie de chemin de fer. Globalement toutefois, les manifestations antiaméricaines, organisées à l’appel des partis islamistes radicaux regroupés dans la coalition «Conseil de défense pour l’Afghanistan et le Pakistan», n’ont pas mobilisé massivement et on n’a guère compté qu’une trentaine de milliers de manifestants sur l’ensemble du pays. On a ainsi compté environ 5 000 manifestants à Peshawar (nord-ouest), autant à Quetta (ouest), autant à Dera Ghazi Khan, 2 000 à Islamabad, 8 000 à Karachi (la grande cité industrielle et portuaire du sud), quelques centaines seulement à Lahore (est) et Rawalpindi, l’ancienne capitale. Le gouvernement avait pris des mesures draconiennes pour décourager la protestation, en arrêtant préventivement plus de 500 activistes religieux et en déployant d’importantes forces policières et paramilitaires dans les principales villes. Dans un message publié vendredi matin, le président pakistanais Pervez Musharraf, actuellement à l’étranger, avait déclaré que tout serait fait «pour garder un Pakistan pacifique, stable et sûr», et avait mis en garde «ceux qui jouent avec la destinée» du pays. À Karachi (sud), la plus grande ville du Pakistan, une centaine de jeunes manifestants qui bloquaient un pont ont été chargés et dispersés par les forces de l’ordre. Un policier a été blessé après avoir été atteint par des jets de pierre lors d’une manifestation au centre-ville. Une vingtaine de personnes auraient été arrêtées. Un appel à la grève générale avait également été lancé par les partis religieux, mais ce vendredi étant jour férié au Pakistan, pour commémorer un poète national, la plupart des commerces étaient restés fermés.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La journée de protestation antiaméricaine organisée hier par les partis islamistes pakistanais n’a pas mobilisé de foules importantes, mais a été marquée par la mort de quatre manifestants tués lors d’affrontements avec la police. L’incident le plus violent s’est déroulé à Dera Ghazi Khan, dans la province du Punjab (centre du Pakistan), un fief des islamistes, où quelque 5 000 militants du JUI (Jamiat-ulema-i-islam) ont bloqué l’une des routes principales du pays et une ligne de chemin de fer. Les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur des manifestants, dont certains étaient armés, faisant quatre morts et six blessés. Quatre policiers ont été blessés dans ces affrontements. Hier en fin d’après-midi, quelque 500 protestataires assis sur les rails continuaient à bloquer la voie de chemin de fer....