«Génial» ou «monolithique», «superbe» ou «film sans magie» : les avis divergent après la projection à Londres, pour la presse internationale, du film Harry Potter à l’école des sorciers, même si les jeunes fans sont tombés sous le charme. La projection du film de la Warner Bros en avant-première mondiale dans un cinéma londonien, avec une pléiade de stars et 5 000 fans venus saluer les acteurs, avait entraîné une avalanche de commentaires dithyrambiques dans la presse britannique. Avant même sa sortie publique sur les écrans britanniques et américains le 16 novembre, le film a déjà battu tous les records de réservation, avec plus d’un million de tickets vendus à l’avance. Le film a su rester fidèle au livre : l’histoire d’un petit orphelin qui se découvre des pouvoirs magiques et va parfaire son éducation dans une école de sorciers où, aux côtés de ses amis Ron Weasley et Hermione Granger, il relèvera les défis les plus effrayants. Inévitablement, la trame se retrouve simplifiée pour tenir en... deux heures et demie, une durée plutôt inhabituelle pour une œuvre avant tout destinée aux enfants. Certaines scènes plutôt violentes pourraient en outre effrayer les moins de 5 ans. Mais le spectateur, au moins adulte, ne voit guère le temps passer entre le moment où le petit Harry Potter est déposé chez ses parents d’adoption et... le générique de fin. «Les petits acteurs sont géniaux», commente la journaliste Marie-Jo Jouan (France 2), sous le charme des effets spéciaux. «Ce n’est pas un chef-d’œuvre absolu, mais c’est un très bon film fantastique», renchérit Alain Grasset (Parisien). «Ça va être vraiment énorme, je n’ai jamais senti un truc aussi fort, ça devrait couler le “Titanic”», prédit-il, résumant l’avis de nombre de journalistes étrangers, pour la plupart sous le charme. On rit lorsque le géant Hagrid, sorte de concierge de l’école de Poudlard, assiste avec une émotion toute maternelle à la naissance d’un bébé-dragon. On pleure lorsque Harry Potter voit ses parents, tués peu après sa naissance, dans un miroir magique. On vibre lors du match de Quidditch, un sport volant et particulièrement violent qui se pratique juché sur un balai. On frissonne lorsque Harry, Ron et Hermione affrontent avec un courage louable le monstre à trois têtes ou traversent la Forêt interdite en pleine nuit... Dans ce concert de louanges, quelques voix dissonantes : «C’est un film sur la magie sans la magie», regrette Barbara Theate (Journal du Dimanche). «Ça va marcher parce que les gens qui ont aimé le livre iront voir le film, mais franchement c’est mal filmé et mal joué», notamment le rôle de Harry Potter tenu par le jeune Daniel Radcliffe (11 ans), selon elle. Une de ses collègues, qui préfère ne pas être nommée, abonde dans son sens et déplore un film «balourd» et «monolithique».
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