En Tunisie, le changement a, depuis 14 ans, sa fête et le pays a célébré l’événement hier dans un climat d’allégresse tempéré par une légitime morosité due à l’onde de choc ressentie dans l’ensemble du monde arabe après les attentats du 11 septembre. C’est probablement cela qui a poussé le président Zine el-Abidine ben Ali à évoquer, au début du discours qu’il a prononcé devant plus de 4 000 personnes réunies au parc des expositions de Kram, le «choc profond» de la tragédie de Manhattan réitérant sa «condamnation du terrorisme sous toutes ses formes» et exprimant ses «sentiments de compassion et de solidarité avec le peuple américain ami et les familles des victimes». Outre cette proclamation publique de l’appartenance de son pays au camp «de la modération, de la tolérance et de la solidarité prônées par l’islam, valeurs dans lesquelles il rejoint les autres confessions», le chef de l’État tunisien a affirmé qu’il entreprend d’endiguer les dangers de l’extrémisme, du terrorisme et de la violence dans le cadre d’un «projet de civilisation» consolidant les fondements de la liberté, «de la construction démocratique et de l’équilibre». Il a par ailleurs annoncé des réformes, notamment une réforme fondamentale de la Constitution pour préparer l’avenir, la création d’un Sénat, de nouvelles dispositions garantissant plus de libertés individuelles, par un contrôle judiciaire plus strict de la procédure de garde à vue, une extension de la vie privée, une consécration de l’inviolabilité des communications et une meilleure protection des données personnelles. Il a précisé que cette réforme va dans le sens d’un respect plus strict des droits de l’homme et des libertés individuelles, ajoutant enfin que cette même réforme aboutira à la consécration du pluralisme lors des prochaines élections tout en apportant des améliorations au processus électoral par l’instauration notamment d’une carte d’électeur et par la définition du nombre de mandats et de l’âge des candidats. De nombreuses délégations arabes et étrangères étaient invitées aux cérémonies du 7 novembre ainsi que des journalistes arabes, européens et africains. Mardi soir, Abdelwahab Abdallah, ministre-conseiller auprès du président de la République et porte-parole officiel de la présidence, a offert, dans un grand palace de Gammarth, près du palais de Carthage, un grand dîner qui a donné lieu à d’intéressants échanges de vues entre des responsables tunisiens et des journalistes étrangers sur la situation dans le pays et la conjoncture internationale. Dans la capitale et dans diverses régions du pays, des congrès, séminaires et des rencontres internationales sur divers thèmes ont marqué la célébration du 14e anniversaire du changement amorcé par le président Ben Ali dès son investiture à la tête de l’État.
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