Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Dépotoir aujourd’hui, jardin demain ?

Plusieurs solutions ont été envisagées dans l’étude d’ARD sur la décharge de Slayeb, au Chouf, pour la réhabilitation de laquelle la communauté de Lille et la Fédération des municipalités du Chouf ont signé un partenariat. Celle qui a été retenue consiste à ne pas déplacer les déchets, mais à les couvrir et à aménager un jardin sur le site. Cette entreprise ne comporte-t-elle pas des risques pour l’environnement alentour ? Ricardo Khoury, ingénieur en sciences de l’environnement à ARD, nous explique ce qui a justifié cette décision et pourquoi il n’y a pas lieu de s’inquiéter. «La première phase de l’étude a consisté en un diagnostic environnemental de la décharge, explique-t-il. Nous avons trouvé que les déchets étaient dans leur grande majorité organiques. Nous avons également mesuré la qualité des biogaz qui se dégageaient du site, tout en creusant des puits pour les extraire. Enfin, nous avons prélevé des échantillons du lixiviat (liquide qui suinte des ordures). Ces différentes prospections étaient destinées à nous faire connaître la phase de décomposition des déchets, tout en sachant que plus ils sont récents, plus ils sont actifs et plus leur recouvrement comporte de risques.» Les résultats, selon M. Khoury, ont montré que la décharge était en phase avancée de dégradation, ce qui veut dire que la quantité de gaz et de lixiviat dégagés s’était réduite avec le temps. L’étude a donc conclu que la couverture du dépotoir ne présentait pas de dangers majeurs. Le maintien de la décharge telle qu’elle se présente aujourd’hui perpétuerait l’impact économique désastreux sur la région, ainsi que les odeurs désagréables et les risques de maladies et de contamination des eaux et du sol. Le déplacement des ordures hors du site, probablement à la décharge contrôlée de Naamé (Liban-Sud), n’a pas paru nécessaire. Il faut préciser que les ordures ménagères sont dans tous les cas transportées vers Naamé depuis l’ouverture de cette décharge. Les seuls déchets qui finissent dans la décharge de Slayeb depuis quelques années sont les restes des abattoirs et des hôpitaux, ainsi que les matériaux de bâtiments. L’option de la réhabilitation sur le site a été confortée, toujours selon M. Khoury, par l’étude de l’entourage de la décharge : risques de pollution, examen de la qualité de l’eau… «Par chance, le dépotoir se trouve sur de la marne (roche sédimentaire argileuse avec une forte proportion de calcaire), poursuit-il. Cette particularité a sauvé le site d’un plus grand dégât écologique. L’eau examinée était de bonne qualité. Mais nous avons remarqué que les métaux contenus dans le lixiviat se retrouvaient, dans une proportion similaire, dans l’eau des environs. Il existe donc un impact certain de la décharge qui n’atteint toutefois pas un stade dangereux pour la santé». La réhabilitation de la décharge passera invariablement par la couverture des déchets : une couche assurera le drainage des gaz qui seront acheminés vers un biofiltre, puis seront traités. Une seconde couche imperméable, argileuse, évitera l’infiltration de l’eau vers la décharge. Une troisième couche servira au drainage de l’eau de pluie. Cette méthode reste la moins onéreuse et coûtera environ 700 mille dollars. Toutefois, même si cette décharge est réhabilitée et fermée définitivement, comment garantir qu’un autre site ne sera pas «inauguré» un peu plus loin, tant qu’une solution finale au problème des déchets n’a pas été trouvée ? «Il est vrai qu’il faut réfléchir à une solution à ce problème qui dure, convient M. Khoury. La fermeture n’est qu’une solution à court terme, alors qu’il faudra trouver une autre valable à long terme. Ce sujet devrait faire partie d’une seconde phase d’études qui accompagne la réalisation du projet, avec pour objectif de proposer une gestion intégrée des déchets au Chouf». Il ajoute : «Ce projet pourrait bien devenir un exemple à suivre pour les dépotoirs du reste du Liban».
Plusieurs solutions ont été envisagées dans l’étude d’ARD sur la décharge de Slayeb, au Chouf, pour la réhabilitation de laquelle la communauté de Lille et la Fédération des municipalités du Chouf ont signé un partenariat. Celle qui a été retenue consiste à ne pas déplacer les déchets, mais à les couvrir et à aménager un jardin sur le site. Cette entreprise ne comporte-t-elle pas des risques pour l’environnement alentour ? Ricardo Khoury, ingénieur en sciences de l’environnement à ARD, nous explique ce qui a justifié cette décision et pourquoi il n’y a pas lieu de s’inquiéter. «La première phase de l’étude a consisté en un diagnostic environnemental de la décharge, explique-t-il. Nous avons trouvé que les déchets étaient dans leur grande majorité organiques. Nous avons également mesuré la...