Arbitres menacés par les groupes paramilitaires et accusations de corruption contre ses principaux dirigeants : le football colombien est de nouveau dans la tourmente. Après l’euphorie de la Copa America en juillet et la victoire de la Colombie à domicile, le monde du ballon rond colombien craint de renouer avec les pires heures de son histoire, quand, dans les années 80 et 90, les narcotrafiquants faisaient la loi sur les terrains, truquaient les résultats des rencontres et menaçaient de mort les arbitres «inamicaux». Le président de la division amateur, Alvaro Gonzalez, a ainsi rendu publique une lettre dans laquelle les milices paramilitaires d’Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême-droite) menacent de mort des arbitres et des commentateurs sportifs dans une prétendue campagne de «nettoyage de la corruption». «Ils s’améliorent ou ils mourront», avertissent les AUC dans une lettre envoyée à la Fédération colombienne (FCF) et au collège des arbitres de la région de Cali, qui mentionnent nommément 13 directeurs de jeu et un journaliste sportif qualifié de «grande gueule». M. Gonzalez, qui appartient au comité de direction de la FCF, a jugé ces menaces «terrifiantes et tragiques». 20 millions de dollars détournés Au mois d’octobre, l’arbitre international colombien Felipe Russi avait déjà été menacé de mort par des inconnus qui s’étaient dits prêts à «faire le ménage» dans le football colombien en l’interceptant dans une rue de Bogota. «Plusieurs individus m’ont menacé de mort et m’ont dit que les arbitres marchaient main dans la main avec certaines équipes et qu’ils allaient faire le ménage chez les arbitres», avait-t-il déclaré. Ces accusations de corruption contre les arbitres font écho au scandale qui frappe la FCF et son président Alvaro Fina. Fina et le président de la Ligue professionnelle, Jorge Correa, sont en effet accusés par plusieurs journaux, dont l’hebdomadaire Cambio, d’avoir détourné quelque 20 millions de dollars à l’occasion de l’organisation de la Copa America, via des sociétés écrans aux États-Unis s’occupant de la commercialisation des droits de la compétition. Malgré l’enlèvement de son vice-président Hernan Mejia Campuzano, Fina s’était d’ailleurs battu pour que la Copa America ne soit pas annulée. Le ministère des Sports a pris l’affaire suffisamment au sérieux pour nommer une commission d’enquête. La justice est également saisie du dossier. Et pendant ce temps, sur les terrains, la sélection colombienne, championne d’Amérique en titre, risque fort de laisser passer le train des qualifications pour la Coupe du monde de football 2002. Dans la zone Amsud, à deux journées de la fin, l’Uruguay (5e) et la Colombie (6e) se disputent la place de barragiste contre l’Australie, mais les Uruguayens, avec 4 points de plus, ont une bonne longueur d’avance.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Arbitres menacés par les groupes paramilitaires et accusations de corruption contre ses principaux dirigeants : le football colombien est de nouveau dans la tourmente. Après l’euphorie de la Copa America en juillet et la victoire de la Colombie à domicile, le monde du ballon rond colombien craint de renouer avec les pires heures de son histoire, quand, dans les années 80 et 90, les narcotrafiquants faisaient la loi sur les terrains, truquaient les résultats des rencontres et menaçaient de mort les arbitres «inamicaux». Le président de la division amateur, Alvaro Gonzalez, a ainsi rendu publique une lettre dans laquelle les milices paramilitaires d’Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême-droite) menacent de mort des arbitres et des commentateurs sportifs dans une prétendue campagne de «nettoyage de la corruption»....