La modeste Bolivie dispose face au Brésil, qui lutte pour se qualifier directement pour la Coupe du monde 2002 de football, d’un atout invisible mais bien réel : l’altitude. Ce match de l’avant-dernière journée de la phase éliminatoire de la zone sud-américaine se dispute au stade national Hernando Siles de La Paz, la plus haute capitale du monde (3 600 m), soit 1 000 m de plus que le plus haut col du prochain Tour de France cycliste (le Galibier, 2 645 m). Depuis sa défaite historique en 1993 dans ce stade, le Brésil nourrit un ressentiment, estimant qu’il n’avait pas été battu par son adversaire mais avait été victime de la géographie. Le Brésil, suivi par ses voisins (Argentine, Uruguay et Paraguay), fait depuis valoir que l’altitude représente pour la Bolivie un avantage déloyal. Chirac en arbitre En revanche, la Bolivie reçoit un appui tacite de deux autres pays andins, l’Équateur et la Colombie, dont les capitales se situent à plus de 2 000 m. Le Pérou et le Chili se tiennent à l’écart du débat. En 1997, l’affaire avait pris un tour de conflit géopolitique mondial avec l’intervention du président français Jacques Chirac dans la controverse. En fonction du principe «du droit de tout peuple à disposer de lui-même», il avait pris fait et cause pour la Bolivie. La sélection française des moins de 17 ans était d’ailleurs venue en mars de cette année-là disputer une rencontre amicale au stade Hernando Siles. La Fifa avait alors officialisé le droit pour la Bolivie à faire jouer ses rencontres à La Paz. À cette altitude, l’oxygène est rare et l’atmosphère extrêmement sèche. Au voyageur, les Boliviens conseillent de marcher lentement pour éviter la sensation d’étouffement, de manger très légèrement et, avec un sourire en coin, de dormir seul. Dans le monde sportif, deux thèses s’affrontent : ceux qui estiment qu’une acclimatation d’au moins une semaine est indispensable et ceux qui considèrent qu’il faut arriver quelques heures avant la rencontre, afin de ne pas donner le temps aux effets de l’altitude de se manifester. L’Argentine, qui a dominé les éliminatoires, avait choisi la seconde solution. Menée à la marque pendant toute la rencontre en avril dernier, elle avait peiné pour égaliser dans les tout derniers instants (3-3). L’altitude joue-t-elle un rôle décisif ? Difficile de se prononcer selon les statistiques. La Bolivie n’est que 8e de la zone (sur 10) et ne sera pas une nouvelle fois qualifiée. En revanche, sur les huit matches disputés à domicile, elle a en remporté 4 et fait quatre matches nuls, dont trois contre l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Selon les commentateurs locaux, la victoire en 1993 contre le Brésil était davantage due à l’influence de l’entraîneur, l’Espagnol Xavier Azkargota, qui avait su insuffler à la sélection un esprit de gagneur qui lui valu se qualifier pour la première et unique fois de son histoire au Mondial-94 aux États-Unis. Il avait regagné son Pays basque espagnol natal avec la plus grande distinction bolivienne : la médaille du Condor des Andes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La modeste Bolivie dispose face au Brésil, qui lutte pour se qualifier directement pour la Coupe du monde 2002 de football, d’un atout invisible mais bien réel : l’altitude. Ce match de l’avant-dernière journée de la phase éliminatoire de la zone sud-américaine se dispute au stade national Hernando Siles de La Paz, la plus haute capitale du monde (3 600 m), soit 1 000 m de plus que le plus haut col du prochain Tour de France cycliste (le Galibier, 2 645 m). Depuis sa défaite historique en 1993 dans ce stade, le Brésil nourrit un ressentiment, estimant qu’il n’avait pas été battu par son adversaire mais avait été victime de la géographie. Le Brésil, suivi par ses voisins (Argentine, Uruguay et Paraguay), fait depuis valoir que l’altitude représente pour la Bolivie un avantage déloyal. Chirac en arbitre En...