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Actualités - Chronologies

N’ayant rien demandé en échange de son appui, Poutine pourrait tout gagner

Vladimir Poutine n’a officiellement rien demandé en échange de l’appui sans précédent qu’il a accordé à Washington contre le terrorisme et il pourrait donc tout gagner à cette alliance comme la sécurité, des investissements et le respect de son pays, selon les analystes. «Ne demandez jamais rien, en particulier à ceux qui sont plus forts que vous. Ils viendront d’eux-mêmes vers vous et vous donneront tout», cette phrase tirée du roman de Boulgakov Le Maître et Marguerite illustre la situation dans laquelle se trouve le président russe. «Les Américains regardent autour d’eux et s’aperçoivent qu’ils ne reçoivent pas toute l’aide qu’ils auraient pu attendre de certains de leurs vieux amis», souligne le politologue Andreï Piontkovski. «Où est l’Otan dans cette histoire ? C’est un ancien adversaire des États-Unis qui leur a tendu la main», poursuit-il. «Les Américains ont été émus par ce geste et ne l’oublieront pas. Je pense que cela aboutira à une alliance militaire russo-américaine». Cette idée aurait paru fantaisiste il y a encore quelques mois, mais les événements du 11 septembre ont changé la donne et les responsables américains et britanniques parlent désormais ouvertement de conclure un nouveau pacte de sécurité avec la Russie. Mais, hormis le déploiement de troupes américaines dans d’anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, les changements ne se sont manifestés jusqu’ici que dans les discours des diplomates ou des hommes d’affaires étrangers. C’est Vladimir Poutine qui, il y a plus d’un an, avait le premier fait part du désir de la Russie de renforcer ses liens avec l’Europe et les États-Unis. Il avait même alors suggéré que la Russie puisse un jour rejoindre l’Alliance Atlantique. En décidant le 24 septembre dernier de soutenir l’opération militaire des Américains en Afghanistan, Vladimir Poutine a fait prendre à la Russie un tournant majeur. Cette décision a été prise contre l’avis de la hiérarchie militaire qui craint une implantation de l’Otan en Asie centrale que Moscou considère toujours comme son pré carré. «Je pense que la rumeur croissante d’une alliance entre les États-Unis et la Russie n’est pas que du vent», avait déclaré l’ambassadeur américain à Moscou, Alexander Vershbow. «Nous observons une convergence à long terme de nos intérêts», a-t-il ajouté. Vladimir Poutine aurait tort cependant d’hésiter à mettre un prix à son soutien aux États-Unis, estiment les experts. «La Pologne est un allié des États-Unis et 50% de sa dette ont été effacés», observe Sergueï Rogov, directeur de l’Institut USA-Canada. «Israël a vu sa dette effacée, tout comme l’Égypte et, plus récemment, le Pakistan. Alors, pourquoi ne pas soulever la question ?», ajoute-t-il. Lors du Forum économique mondial qui se tenait à Moscou en début de semaine, les responsables ont fait l’éloge de la Russie de Vladimir Poutine comme faisant «partie intégrante de la communauté mondiale». «Les événements tragiques du 11 septembre ont réécrit l’histoire», a déclaré Klaus Schab, fondateur et président du forum. «Je pense que pour la première fois Poutine a vraiment pris un risque», estime cependant le politologue Sergueï Karaganov. «Beaucoup de gens ne l’appuient pas, ou à tout le moins ne comprennent pas sa politique. Des critiques ont commencé à se faire entendre», ajoute-t-il.
Vladimir Poutine n’a officiellement rien demandé en échange de l’appui sans précédent qu’il a accordé à Washington contre le terrorisme et il pourrait donc tout gagner à cette alliance comme la sécurité, des investissements et le respect de son pays, selon les analystes. «Ne demandez jamais rien, en particulier à ceux qui sont plus forts que vous. Ils viendront d’eux-mêmes vers vous et vous donneront tout», cette phrase tirée du roman de Boulgakov Le Maître et Marguerite illustre la situation dans laquelle se trouve le président russe. «Les Américains regardent autour d’eux et s’aperçoivent qu’ils ne reçoivent pas toute l’aide qu’ils auraient pu attendre de certains de leurs vieux amis», souligne le politologue Andreï Piontkovski. «Où est l’Otan dans cette histoire ? C’est un ancien...