Gymnastique - Mondiaux 2001 - Octavian Belu, artisan prodige des succès roumains
le 02 novembre 2001 à 00h00
Pour la cinquième fois de suite, l’équipe féminine de Roumanie est devenue championne du monde de gymnastique artistique, mercredi, à Gand, depuis que l’entraîneur Octavian Belu l’a prise en main, c’est-à-dire depuis 1990. Même celle de l’immense Union soviétique, dix fois plus peuplée, n’était pas parvenue à un tel prodige du temps de sa splendeur. L’héritage était pourtant lourd, après le départ en 1981 pour les États-Unis du très médiatique Bela Karoly, bientôt suivi par la célébrissime Nadia Comaneci qui a fait sa gloire et sa fortune. Lui-même ancien honnête gymnaste de niveau national, alors que Karoly n’avait été qu’un handballeur lanceur de marteau à ses heures, Belu fut d’abord stagiaire dans un petit club provincial une fois son diplôme de professeur d’éducation physique en poche. Trois ans plus tard, au moment même où Karoly désertait, il faisait partie de l’encadrement de l’équipe nationale féminine avant d’en devenir le vrai patron. Jamais satisfait Un patron grognon, mais dans le fond généreux, qui fuit les faux-semblants comme la peste et sait le prix du travail bien fait. À Deva, dont le lycée abrite le centre national de la gymnastique fréquenté par la moitié de sa jeune population, soit plus de trois cents gymnastes, cent fois sur le métier il remet son ouvrage. L’œil au grain, il veille sur tout et ne s’estime jamais satisfait. Ayant laissé sa famille à Bucarest, voilà vingt ans qu’il occupe là un petit studio à l’intérieur de l’internat. Régnant sur son petit monde avec une fermeté éclairée, il a confié ses apprenties championnes à des entraîneurs spécialisés à chaque appareil et ne leur laisse de répit que deux demi-journées par semaine et trois jours de vacances par an. «Un jour d’arrêt, c’est cinq jours de bénéfice de l’entraînement perdus», gronde-t-il. Les risques qu’il leur fait prendre et le dur travail qu’il leur impose dès leur plus jeune âge, après les avoir soigneusement sélectionnées, sont calculés dans le seul but d’aboutir à la pureté du geste. Pas pour les écraser. Dans les séances d’interview qui suivent les grandes compétitions, il ne répond pas à la place d’une de ses nombreuses petites médaillées mais l’encourage à s’exprimer. À cinquante-cinq ans, il pourrait songer à s’enrichir en répondant aux nombreuses offres mirobolantes qu’il a reçues de l’étranger. Mais patron il est et patron il veut rester. «Qui te paie commande», se méfie-t-il.
Pour la cinquième fois de suite, l’équipe féminine de Roumanie est devenue championne du monde de gymnastique artistique, mercredi, à Gand, depuis que l’entraîneur Octavian Belu l’a prise en main, c’est-à-dire depuis 1990. Même celle de l’immense Union soviétique, dix fois plus peuplée, n’était pas parvenue à un tel prodige du temps de sa splendeur. L’héritage était pourtant lourd, après le départ en 1981 pour les États-Unis du très médiatique Bela Karoly, bientôt suivi par la célébrissime Nadia Comaneci qui a fait sa gloire et sa fortune. Lui-même ancien honnête gymnaste de niveau national, alors que Karoly n’avait été qu’un handballeur lanceur de marteau à ses heures, Belu fut d’abord stagiaire dans un petit club provincial une fois son diplôme de professeur d’éducation physique en...
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