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Actualités - Reportages

CORRESPONDANCE - Les femmes transformeront-elles - les médias ?

Un grand déjeuner organisé par la International Women’s Media Foundation (IWMF) à Waldorf Astoria, à New York, a réuni la semaine dernière le gratin des journalistes de la presse écrite et de l’audiovisuel. D’importantes personnalités étaient présentes, notamment l’épouse du secrétaire général des Nations unies, Mme Nane Annan, et l’ambassadeur Richard Murphy. Cet évènement, qui se tient chaque année à Washington, New York et Los Angeles, est l’occasion d’honorer le courage des journalistes qui n’ont pas hésité à clamer haut leurs opinions, parfois au prix de leur vie. Depuis 1990, trente-cinq journalistes ont reçu le prix «Courage in Journalism», créé par la fondation en signe de reconnaissance de l’intransigeante intégrité journalistique face à des obstacles extraordinaires. Les récompenses honorent des journalistes qui ont su relever les défis professionnels et personnels dans la poursuite de la vérité. Elles ont eu le courage de leurs opinions. Certaines ont été harcelées, emprisonnées et même menacées de mort. Elles ont su faire la différence en se consacrant totalement à la recherche de la vérité. Cette année, le prix a été décerné à trois gagnantes, respectivement de Colombie, d’Espagne et du Soudan. Un prix pour l’ensemble des réalisations de toute une vie a été offert à la journaliste Colleen Dishon des États-Unis. Chaque gagnante a reçu un aigle en cristal, symbole du courage et de la liberté de la presse. Parmi les personnalités du monde de la presse qui ont reçu ce prix, on compte Christiane Amanpour (1994), Barbara Walters (1992), Catherine Graham (1994). La place des femmes dans les médias Un rapport publié à l’occasion de cet évènement intitulé «Diriger dans un nouveau langage : les femmes vont-elles transformer les médias d’information ?» a été distribué. S’appuyant sur des travaux menés par la fondation pendant une décennie avec des femmes journalistes dans différents pays, ce rapport examine la place des femmes dans les médias internationaux en 2000 et les changements qu’elles pourraient introduire dans les médias du futur. Il fait la synthèse des études réalisées par l’IWMF, des résultats des enquêtes menées auprès des femmes journalistes et les études conduites par des spécialistes des médias et des associations médiatiques. Nombre d’observations et de conclusions émanent de plus d’une centaine de femmes dirigeantes de médias dans une soixantaine de pays qui ont participé à la conférence sur les femmes dirigeantes de médias d’information organisée par la fondation à Washington en mai 2000. Aujourd’hui, la majorité des entreprises médiatiques à travers le monde sont dirigées par des hommes. Bien que quelques femmes aient atteint le sommet de la hiérarchie, les hommes prennent encore la plupart des décisions sur le contenu de l’information. Et le nombre de femmes occupant les postes de direction ne correspond pas à leur représentation générale dans la société. Dans ce rapport, l’IWMF examine les obstacles et les défis auxquels sont confrontées les femmes qui désirent gravir les échelons dans les médias et ouvre le dialogue sur les moyens dont disposent aujourd’hui les femmes dirigeantes dans ce domaine pour transformer la façon dont l’actualité est couverte, modelée et présentée au public. Quel est donc l’impact sur les femmes lorsque l’information est constamment présentée d’un point de vue masculin ? L’actualité a-t-elle un sexe ? De nombreuses femmes journalistes pensent que les «nouvelles sont les nouvelles». Mais la majorité d’entre elles disent que leur présence dans les salles de rédaction a changé la façon dont les sujets d’actualité sont choisis et présentés. La seule analyse internationale sur la présence des femmes dans les médias d’information a été réalisée en 1995 par Margareth Gallagher pour l’Unesco. Le rapport Gallagher, «An Unfinished Story : Gender Patterns in Media Employment», montre que les femmes ne constituent pas une part significative des effectifs des médias à travers le monde. En Asie, les femmes représentent 21% des services de presse. En Amérique latine, elles ne sont que 25 %, en Afrique australe 27 %, en Europe de l’Ouest et aux États-Unis 35 %. Dans certains pays, les femmes occupent une place infime dans les médias. Une perspective différente Créée à Washington, l’IWMF est une organisation privée à but non lucratif. Représentée dans plus d’une centaine de pays, elle a établi un puissant réseau de femmes et d’hommes qui consacrent leurs efforts à promouvoir la pleine participation des femmes dans les médias à travers le monde. Partant du principe qu’il n’y a pas de véritable liberté de la presse si les femmes n’ont pas voix au chapitre au même titre que les hommes, l’IWMF s’est attachée, depuis sa création, à mettre en place des réseaux de femmes journalistes en parrainant des séminaires et des conférences d’échanges professionnels. Des programmes ont été organisés en Afrique, en Asie, en Europe de l’Est, en Amérique latine et aux États-Unis. Raghida Dargham est la seule journaliste libanaise qui siège au conseil d’administration de la fondation. Les portes s’ouvrent peu à peu devant les femmes. Aujourd’hui, certaines se sont hissées aux postes de direction et ont laissé leur empreinte sur les médias. Bien que des obstacles n’empêchent pas certaines femmes de faire carrière, celles qui sont journalistes sont nombreuses à avouer qu’il est difficile de combiner leur vie professionnelle avec leurs obligations familiales.
Un grand déjeuner organisé par la International Women’s Media Foundation (IWMF) à Waldorf Astoria, à New York, a réuni la semaine dernière le gratin des journalistes de la presse écrite et de l’audiovisuel. D’importantes personnalités étaient présentes, notamment l’épouse du secrétaire général des Nations unies, Mme Nane Annan, et l’ambassadeur Richard Murphy. Cet évènement, qui se tient chaque année à Washington, New York et Los Angeles, est l’occasion d’honorer le courage des journalistes qui n’ont pas hésité à clamer haut leurs opinions, parfois au prix de leur vie. Depuis 1990, trente-cinq journalistes ont reçu le prix «Courage in Journalism», créé par la fondation en signe de reconnaissance de l’intransigeante intégrité journalistique face à des obstacles extraordinaires. Les...