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Actualités - Chronologies

Londres mobilise en vue d’une intervention terrestre

Trois semaines après le début des frappes aériennes sur l’Afghanistan, la Grande-Bretagne, alliée de la première heure de Washington, est passée hier à la vitesse supérieure en mobilisant plusieurs centaines de fusiliers marins pour des opérations terrestres. Au total, quelque 4 200 militaires britanniques des trois armes, dont 200 commandos des Royal Marines, resteront dans la région du Golfe à l’issue d’importantes manœuvres avec les forces omanaises. Dans un message destiné prioritairement aux forces armées britanniques, le Premier ministre Tony Blair a estimé que la participation de Londres à une intervention terrestre en Afghanistan visait à empêcher les terroristes d’acquérir de nouvelles armes, y compris nucléaires, et à défendre les valeurs du monde libre. «Je crois que c’est un combat qui vaut d’être mené en raison des enjeux au niveau mondial, a déclaré le chef du gouvernement à la radio des forces armées britanniques. C’est une bataille que nous devons entreprendre pour la défense des valeurs de la civilisation et du monde libre». «Si on permet aux terroristes qui ont tué plus de 6 000 personnes aux États-Unis de continuer à tisser leur réseau terroriste, peut-être en acquérant des armes de destruction chimiques, biologiques et même nucléaires, notre planète deviendra un endroit dangereux, peu sûr, et aucun endroit au monde – surtout pas un pays comme la Grande-Bretagne – ne sera épargné», a ajouté M. Blair. Faute d’intervenir, a poursuivi M. Blair, «le peuple britannique sera en danger, les gens du monde entier seront en danger et il ne fait aucun doute que si ce réseau terroriste (le réseau el-Qaëda de l’islamiste Oussama Ben Laden) n’est pas démantelé, il commettra des attentats encore plus horribles». En l’absence du ministre de la Défense Geoff Hoon, dépêché à Oman pour des entretiens avec le sultan Qabous ben Saïd et une inspection des troupes britanniques ayant participé aux manœuvres Swift Sword 2, c’est à l’un de ses adjoints, le secrétaire d’État Adam Ingram, qu’il est revenu d’annoncer aux Communes la mobilisation de 600 commandos des Royal Marines. Il s’agit, a souligné M. Ingram, d’un «renforcement majeur des moyens de la coalition». Et si la situation l’exige, a ensuite renchéri le chef d’état-major interarmes, l’amiral Sir Michael Boyce, la Grande-Bretagne peut envoyer des renforts terrestres substantiels «en deux ou trois jours» pour une intervention en Afghanistan. Deux cents commandos des Royal Marines vont être immédiatement stationnés à bord du navire de soutien logistique Fearless dans la région du Golfe, tandis que 400 autres seront placés en état d’alerte maximale en Grande-Bretagne. Un important dispositif aéronaval restera stationné dans la région, avec notamment (outre le Fearless), le porte-avions Illustrious, un sous-marin nucléaire lance-missiles Tomahawk, deux frégates et des bâtiments auxiliaires. Outre les Royal Marines, la Grande-Bretagne – qui possède une armée de métier d’environ 212 400 hommes (pour les trois armes) unanimement considérée comme ultra-opérationnelle – dispose d’autres unités susceptibles d’être déployées rapidement en Afghanistan. Il s’agit notamment des commandos du SAS (Special Air Service), du SBS (Special Boat Squadron), du Régiment parachutiste, sans oublier les fameux Gurkhas, supplétifs népalais qui s’étaient notamment illustrés aux Malouines. Les détails opérationnels d’une éventuelle intervention terrestre britannique n’ont évidemment pas été fournis par Whitehall. Mais, selon le spécialiste des questions militaires de la BBC, les troupes britanniques pourraient – à la différence des Rangers américains qui sont déjà intervenus brièvement en Afghanistan – occuper des positions au sol pendant plusieurs jours et ne pas être exfiltrés immédiatement après un coup de main.
Trois semaines après le début des frappes aériennes sur l’Afghanistan, la Grande-Bretagne, alliée de la première heure de Washington, est passée hier à la vitesse supérieure en mobilisant plusieurs centaines de fusiliers marins pour des opérations terrestres. Au total, quelque 4 200 militaires britanniques des trois armes, dont 200 commandos des Royal Marines, resteront dans la région du Golfe à l’issue d’importantes manœuvres avec les forces omanaises. Dans un message destiné prioritairement aux forces armées britanniques, le Premier ministre Tony Blair a estimé que la participation de Londres à une intervention terrestre en Afghanistan visait à empêcher les terroristes d’acquérir de nouvelles armes, y compris nucléaires, et à défendre les valeurs du monde libre. «Je crois que c’est un combat qui vaut...