Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinions

Prise de position de Caritas Internationalis en faveur d’un État palestinien

Dans une rare prise de position sur un enjeu mondial aussi complexe, Caritas Internationalis a pris position en faveur de la création d’un État palestinien. «La violence actuelle au Moyen-Orient entre les Palestiniens et les Israéliens continuera jusqu’à ce que le peuple palestinien puisse contrôler sa propre destinée et profiter des avantages de son propre État», écrit Caritas Internationalis dans un document intitulé Pour la paix en Palestine : mettre un terme à l’occupation. Caritas Internationalis regroupe toutes les Caritas du monde, y compris Caritas-Liban. Elle est l’instrument officiel de la pastorale sociale de l’Église catholique romaine. Dans la lutte Palestine-Israël, la violence est la manifestation visible de quelque chose de beaucoup plus profond. Les médias et les hommes politiques réduisent souvent le conflit à une saga de violences, en impliquant que la répression de cette violence serait suffisante pour résoudre le problème sous-jacent. Nous devons aller au-delà des gros titres pour trouver une solution. Pour citer le patriarche Michel Sabbah : «La violence a une cause, et la cause doit disparaître pour que la violence disparaisse. Cette cause est l’occupation israélienne de la terre palestinienne». Aujourd’hui, le territoire israélien comprend 78 % de l’ancienne Palestine, qui a été prise pour former l’État d’Israël en 1948. En 1976, Israël occupe le reste de la Palestine, c’est-à-dire les 22 % restants. Depuis la conférence de Madrid en 1991 et les accords d’Oslo en 1993, les Palestiniens reconnaissent la légitimité de l’État d’Israël, concédant ainsi 78 % de leur territoire à Israël. Cette reconnaissance a fréquemment été réaffirmée publiquement. Ils revendiquent maintenant les 22 % de la Palestine d’origine comme leur terre légitime. La terre est un don de Dieu. Caritas Internationalis est solidaire sans équivoque de tous les peuples, mais en particulier des opprimés. La vie du peuple palestinien est déchirée sans arrêt depuis 54 ans. S’accrocher à la terre à tout prix est une réaction humain innée. Il ne faut jamais s’attendre à ce que les gens qui ont une terre l’abandonnent aveuglément à ceux qui ont besoin de terres. Cependant, on peut s’attendre à ce que la population d’une zone précise choisisse délibérément un moyen de partager ce qu’elle chérit. Aucun peuple n’est censé accepter l’occupation illégale, hostile et insidieuse de sa terre par un autre peuple ou son gouvernement élu. Nous pensons que la proclamation d’un État palestinien est inévitable pour que la paix soit instaurée. Il faudra que cet État soit viable, et non pas qu’il soit simplement un rassemblement disparate de parcelles de territoires séparées les unes des autres et contrôlées par l’armée israélienne. La liberté ne peut naître emprisonnée dans des barrières. Respect des droits de l’homme Une terre propice à la vie nécessite également l’expression normale et libre de droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, y compris le droit au travail, au culte, à la construction, l’accès à l’éducation et la liberté de mouvement et d’expression. Nous avons vu le bombardement de centres-villes et de quartiers résidentiels palestiniens. Des arbres, des produits agricoles et des infrastructures ont été détruits. Des milliers de maisons ont été démolies. Les territoires palestiniens ont été encerclés hermétiquement, fragmentant ainsi la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza en enclaves isolées et désespérées. Les pertes commerciales, industrielles, touristiques et agricoles poussent de plus en plus de familles sous le seuil de pauvreté. Le taux de chômage atteint 50 % et, dans certains villages, il va jusqu’à 70 %. La communauté internationale doit appeler à la fin du blocus des territoires palestiniens et à une levée des mesures qui ruinent délibérément l’économie palestinienne et sapent les aspirations à une vie meilleure. Les sanctions internationales proposées par certains à l’encontre de la Palestine aliéneraient encore davantage toute une société. Nous condamnons également toute violence contre les Israéliens innocents, dont la plupart recherchent la paix pour eux-mêmes et pour leurs voisins. Le nouveau cycle de violences auquel nous assistons depuis septembre 2000 ne cessera pas par la force. Il est évident qu’aucune des parties ne «gagnera» la paix par une violence excessive. Seule une solution juste et complète peut apporter la paix, et ce seulement par la négociation et des mesures durables de construction de la confiance, soutenues par tous les pays.
Dans une rare prise de position sur un enjeu mondial aussi complexe, Caritas Internationalis a pris position en faveur de la création d’un État palestinien. «La violence actuelle au Moyen-Orient entre les Palestiniens et les Israéliens continuera jusqu’à ce que le peuple palestinien puisse contrôler sa propre destinée et profiter des avantages de son propre État», écrit Caritas Internationalis dans un document intitulé Pour la paix en Palestine : mettre un terme à l’occupation. Caritas Internationalis regroupe toutes les Caritas du monde, y compris Caritas-Liban. Elle est l’instrument officiel de la pastorale sociale de l’Église catholique romaine. Dans la lutte Palestine-Israël, la violence est la manifestation visible de quelque chose de beaucoup plus profond. Les médias et les hommes politiques réduisent...