Pourquoi l’offensive de l’opposition tarde-t-elle ?
le 22 octobre 2001 à 00h00
L’opposition reste l’arme au pied sur les fronts afghans en raison du rapport de force qui y est encore favorable aux taliban et surtout à la volonté des stratèges américains d’avoir le champ libre pour leurs propres opérations au sol qui viennent de débuter, estiment les observateurs. Le Dr Abdullah, un dirigeant de l’opposition aux taliban, les «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul, a admis récemment que les affirmations péremptoires et impatientes de ses troupes à en découdre, étaient en contradiction avec les objectifs actuels des États-Unis. «Pour un commandant, la chose la plus importante du monde, c’est la ligne de front, alors que pour l’alliance internationale et l’Alliance du Nord, pour l’instant, le plus important c’est la lutte contre le terrorisme», a-t-il dit. En clair, cela veut dire, estiment les observateurs, que tant que les militaires américains opéreront sur le sol afghan contre les militants de l’organisation de l’islamiste d’origine séoudienne Oussama Ben Laden, ces opérations auront le pas sur d’éventuelles attaques de l’opposition contre les taliban qui pourraient en outre créer des interférences mettant en danger les opérations et les soldats américains. Le département américain de la Défense a annoncé vendredi pour la première fois que des troupes américaines avaient effectué une intervention sur le sol afghan. Les télévisions américaines avaient précisé auparavant que quelque 200 Rangers étaient engagés dans des opérations contre des cibles taliban dans le sud du pays. Pour les observateurs, rien n’indique que le rapport de force militaire entre la milice islamiste et les troupes de l’opposition qui était durant toutes ces dernières années favorable aux taliban ait changé de manière significative pour autoriser l’opposition à se sentir suffisamment sûre d’elle pour attaquer. « Ils sont inébranlables » La milice islamiste a volé ces dernières années de succès en succès jusqu’à contrôler plus des trois quarts du pays, ne laissant à l’opposition qu’une portion congrue du territoire dans l’extrême nord-est du pays et au nord de Kaboul. D’autant que les annonces par des sources de l’opposition de désertions ou de revirements de commandants locaux n’ont été jusqu’à présent que marginales et n’ont pu être vérifiées par des sources indépendantes. Au contraire, Fakhar-ur-Rehman, l’un des rares journalistes étrangers à avoir pu pénétrer en territoire afghan depuis le début des raids a affirmé qu’il ne fallait pas croire que le système taliban était en train de s’effondrer. «Bien au contraire. Ils sont inébranlables», a ajouté ce journaliste qui vient de passer quatre jours en Afghanistan où il avait été invité avec des collègues par les autorités taliban. Dès lors, la seule manière de changer ce rapport de force entre les belligérants afghans, estiment les observateurs, serait de fournir massivement des armes à l’opposition et que les États-Unis procèdent à des bombardements importants des positions des taliban sur les différents fronts, ce qui n’a pas encore été fait de manière convaincante. Or, pour l’instant, les frappes américaines sur les positions taliban des fronts, ont été faibles et n’ont vraisemblablement que peu modifié la situation sur le terrain. Les États-Unis et la Russie ont bien promis ces derniers jours de livrer des armes et des munitions, mais celles-ci mettront sans doute du temps pour arriver.
L’opposition reste l’arme au pied sur les fronts afghans en raison du rapport de force qui y est encore favorable aux taliban et surtout à la volonté des stratèges américains d’avoir le champ libre pour leurs propres opérations au sol qui viennent de débuter, estiment les observateurs. Le Dr Abdullah, un dirigeant de l’opposition aux taliban, les «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul, a admis récemment que les affirmations péremptoires et impatientes de ses troupes à en découdre, étaient en contradiction avec les objectifs actuels des États-Unis. «Pour un commandant, la chose la plus importante du monde, c’est la ligne de front, alors que pour l’alliance internationale et l’Alliance du Nord, pour l’instant, le plus important c’est la lutte contre le terrorisme», a-t-il dit. En clair, cela veut...
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