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Actualités - Chronologies

Fabien Barthez, le bouc émissaire idéal

Fabien Barthez était encore en vedette dans la presse anglaise hier, à cause de son match raté contre le Deportivo La Corogne (2-3) en Ligue des champions, et parce qu’il a le profil idéal du bouc émissaire, au sein d’une défense de Manchester United pathétique. «Horreur Show», titrait jeudi le Daily Express, sous une photo du gardien des Bleus dépité, les mains sur les hanches. «Barthez ferait mieux de défendre son but plutôt que courir de tous les côtés. Il doit faire de grands arrêts, mais pas prendre de tels risques», s’est agacé Nigel Stepney, gardien de MU de 1966 à 1978, dans le Sun d’hier. «Barthez est un grand “entertainer” (amuseur ou fantaisiste, selon les dictionnaires), mais cet accident devait arriver», a surenchéri Bob Wilson, gardien de but d’Arsenal jusqu’au début des années 70, dans le Daily Telegraph. N’en déplaise à tous ces gardiens d’une époque révolue, le football a changé, Barthez y est pour beaucoup, et des «accidents» sont déjà arrivés. «Fabulous Fab», le surnom des beaux jours, est un gardien hors normes, il y a toujours eu une part de risque dans son jeu, et il va bien falloir que les conservateurs anglais s’y habituent. L’an dernier, il y a eu un «accident» contre West Ham en Coupe (0-1), quand Fabien a tenté de faire croire à Paolo Di canio, en levant le bras très haut, qu’il était hors-jeu. ça n’a pas marché et MU a été éliminé, mais le reste de la saison a été globalement impeccable : 30 buts encaissés en 44 matchs (0,7 par match), dont 10 en 12 matchs de Ligue des champions, et 19 «Clean Sheets» (feuilles blanches) qui correspondent à 90 minutes sans encaisser un seul but. Cet été, après trois mois de vacances bien méritées et trois matchs de reprise plutôt décevants, contre Liverpool (1-2) lors du Charity Shield, Fulham (3-2) et Blackburn (2-2) en championnat, Sir Alex Ferguson a rappelé à l’ordre son gardien vedette, lui demandant fin août de prendre moins de risques aux alentours de sa surface de réparation. Depuis, la situation ne s’est pas améliorée. En 11 matchs au total, Barthez a encaissé 19 buts (1,7 par match), dont quatre à Newcastle (4-4), trois à Tottenham (5-3) et cinq en deux matchs contre les redoutables attaquants de La Corogne. Au classement Opta des meilleurs gardiens de la Premier League, Barthez ne figure même pas dans le Top 10, dominé par... Peter Schmeichel, l’ex-gardien des Red Devils. Mais Ferguson se garde bien de critiquer Barthez en public, car il a sa part de responsabilité. Quand Barthez sort comme un fou de sa surface, c’est la preuve qu’il ne fait pas confiance au jeune Wes Brown pour dégager le ballon. Mais si Barthez et Brown sont livrés à eux-mêmes, c’est aussi parce que Denis Irwin et Laurent Blanc, 72 ans à eux deux, n’ont plus leurs jambes de 20 ans, et parce que Gary Neville est encore parti se promener sur l’aile droite. La défense au sens large, c’est le problème majeur de Manchester United cette saison, mais c’est beaucoup plus facile et rapide de critiquer Barthez, le bouc émissaire idéal. Autre avantage, Fabien ne risque pas de répondre, puisqu’il ne parle jamais à la presse.
Fabien Barthez était encore en vedette dans la presse anglaise hier, à cause de son match raté contre le Deportivo La Corogne (2-3) en Ligue des champions, et parce qu’il a le profil idéal du bouc émissaire, au sein d’une défense de Manchester United pathétique. «Horreur Show», titrait jeudi le Daily Express, sous une photo du gardien des Bleus dépité, les mains sur les hanches. «Barthez ferait mieux de défendre son but plutôt que courir de tous les côtés. Il doit faire de grands arrêts, mais pas prendre de tels risques», s’est agacé Nigel Stepney, gardien de MU de 1966 à 1978, dans le Sun d’hier. «Barthez est un grand “entertainer” (amuseur ou fantaisiste, selon les dictionnaires), mais cet accident devait arriver», a surenchéri Bob Wilson, gardien de but d’Arsenal jusqu’au début des années 70,...