L’euro s’est affaibli cette semaine sur les marchés des changes internationaux, les investisseurs rechignant à acheter la monnaie unique, refroidis par les perspectives économiques de la zone euro et les incertitudes entourant la décision de la Banque centrale européenne (BCE) à ouvrir à nouveau les vannes monétaires pour doper la croissance en Europe, lors de la réunion de son conseil de gouverneurs jeudi prochain. Ce mouvement a été relancé hier par la publication d’un indice IFO fort décevant en Allemagne de l’Ouest. Ce baromètre mensuel, très suivi par les marchés financiers car il mesure le climat des affaires dans la première économie européenne, s’est effondré en septembre à 85,00 points contre 89,5 points en août. Cette évolution inattendue est venue donc renforcer les perspectives d’un nouvel assouplissement monétaire en Europe, phénomène n’ayant pas tardé à peser sur l’euro sous le rapport de la rentabilité. «Ces chiffres sont bien pires que ce à quoi l’on s’attendait», faisait savoir hier une analyse de la Dresdnerbank, estimant que la BCE devrait agir en conséquence la semaine prochaine, dans la mesure où cet indicateur venait de confirmer la nette détérioration de la conjoncture dans la première économie de la zone euro. Cela d’autant que ce développement coïncidait aussi avec la révision en nette baisse des prévisions de croissance en Allemagne pour cette année et l’an prochain. À cet égard, le ministre allemand des Finances, Hans Eichel, a reconnu que le taux de croissance de son pays ne sera probablement que de 0,75 % cette année, au lieu de 2 % comme prévu auparavant, et de 1 % à 1,5 % l’an prochain, au lieu de 3 %. Du côté du dollar, les investisseurs, bien que toujours préoccupés par la multiplication des alertes à la maladie du charbon aux États-Unis et la poursuite des opérations militaires en Afghanistan, se sont montrés plus rassurés par les fondamentaux de l’économie américaine. Ils ont été sensibilisés à la fin de la semaine par la diminution inattendue du déficit commercial américain de 7 % en août à 27,1 milliards de dollars au lieu de 28,7 milliards, contre 29,2 milliards de dollars en juillet, en raison de l’augmentation des exportations de 1 % à 84,46 milliards de dollars et de la diminution des importations de 1,1 % à 111,57 milliards de dollars. Cela d’autant qu’ils avaient appris un peu plus tôt dans la semaine que les mises en chantier de logements aux États-Unis auraient augmenté de 1,7 % le mois dernier au lieu d’une baisse attendue de 2 %, contre une diminution de 6,7 % en août. Compte tenu de toutes ces considérations et eu égard à l’absence de pressions inflationnistes aux États-Unis dont en témoigne le maintien de la hausse des prix à la consommation, hors énergie et alimentation, à 0,2 % le mois dernier, comme en août, le dollar a été privilégié sur toute autre monnaie, notamment l’euro. Il s’est, en effet, négocié à la fin de cette semaine en hausse à New York par rapport à la fin de la semaine dernière, comme suit : – 0,8990 pour un euro contre 0,9110, vendredi dernier – 1,4340 pour un sterling contre 1,4530 – 2,1755 DM contre 2,1475 – 7,2965 FF contre 7,2020 – 1,6425 FS contre 1,6260 – 2 153,80 lires contre 2 125,90 – 121,15 yens contre 121,05. Les Bourses mondiales, en proie aux incertitudes, ont perdu leur entrain cette semaine Quant aux places boursières mondiales, elles ont reviré à la baisse à l’issue d’une semaine marquée par l’apparition de nouveaux cas de maladie du charbon et le début de la vague de publication de résultats de sociétés aux États-Unis. «La combinaison de résultats décevants et le poids psychologique du bioterrorisme a été trop difficile à surmonter» cette semaine, a souligné une analyse de Prudential Securities aux États-Unis. À cet égard, les opérateurs boursiers ont été généralement déçus par les mauvais résultats publiés par le numéro un mondial des logiciels Microsoft, le groupe informatique Sun Microsystems, le constructeur et distributeur informatique Gateway, Texas Instruments et Advanced MicroDevices qui ont dans l’ensemble affecté la tenue de la Bourse électronique Nasdaq. Il en est de même pour Wall Street avec les nouvelles décevantes en provenance de JP Morgan Chase, d’International Paper, de Ford, de General Motors, de Citigroup, de Merck, de McDonald’s... À tout cela s’est ajoutée à la fin de cette semaine l’expiration mensuelle de contrats à terme et d’options sur des indices boursiers qui a influencé aussi l’orientation de la cote. De ce fait, les opérateurs ont ignoré la publication d’un indice des prix à la consommation aux États-Unis conforme aux attentes, montrant que l’inflation reste sous contrôle, ainsi que la diminution de 7 % du déficit commercial américain en août et la hausse de 1,7 % des mises en chantier de logements en septembre. En effet, l’indice composite Nasdaq a dû retomber au-dessous de la barre des 1 700 points, perdant 2,08 % à 1 668 points en préclôture hier contre 1 703,40 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a abandonné 1,86 % à 9 170,56 points contre 9 344,16 points pendant la même période. Dans ce contexte, les marchés boursiers européens ont également terminé la semaine en net recul touchés notamment par la révision à la baisse des perspectives de croissance dans la zone euro cette année ainsi que par la dégradation de l’indice IFO en Allemagne qui a affiché en septembre son plus bas niveau depuis huit ans. De l’avis unanime des analystes boursiers européens, il y a eu cette semaine beaucoup d’incertitudes sur la situation économique et les résultats des entreprises. «Il y a un très haut niveau d’incertitude car nous ne savons pas quelles peuvent être les réactions terroristes aux représailles américaines en Afghanistan», a fait remarquer Natwest Stockbroker. Et d’ajouter qu’on peut imaginer «un millier de scénarios pour les cinq prochaines années et comprendre que la seule chose sûre, c’est l’incertitude». De fait, l’augmentation des alertes au bacille du charbon aux États-Unis et ailleurs, quoique souvent fausses, a eu une influence sur la psychologie des gens des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique, bien que l’impact de cette maladie sur l’économie réelle reste limité selon les professionnels et en tout cas difficilement «quantifiable». Quoi qu’il en soit, l’indice Footsie de la Bourse de Londres a perdu d’une semaine à l’autre 2,48 % à 5 017,70 points hier contre 5 145,50 points vendredi dernier, ainsi que l’indice Extra Dax de la Bourse de Francfort qui a cédé 2,41 % à 4 513,53 points contre 4 625,13 points et l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris qui a abandonné 1,66 % à 4 264,89 points contre 4 336,88 points pendant cette même période. Pour ce qui est de la Bourse de Tokyo, ses pertes hebdomadaires ont été réduites cette semaine à 0,88 % avec la baisse de l’indice Nikkei à 10 538,79 points hier contre 10 632,35 points à la fin de la semaine dernière, dans un marché sans direction en attendant les mesures de restructuration de l’économie japonaise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’euro s’est affaibli cette semaine sur les marchés des changes internationaux, les investisseurs rechignant à acheter la monnaie unique, refroidis par les perspectives économiques de la zone euro et les incertitudes entourant la décision de la Banque centrale européenne (BCE) à ouvrir à nouveau les vannes monétaires pour doper la croissance en Europe, lors de la réunion de son conseil de gouverneurs jeudi prochain. Ce mouvement a été relancé hier par la publication d’un indice IFO fort décevant en Allemagne de l’Ouest. Ce baromètre mensuel, très suivi par les marchés financiers car il mesure le climat des affaires dans la première économie européenne, s’est effondré en septembre à 85,00 points contre 89,5 points en août. Cette évolution inattendue est venue donc renforcer les perspectives d’un nouvel...