Le dollar s’est un peu affaibli face à l’euro hier sur les marchés des changes internationaux, dans un climat d’inquiétude concernant la maladie du charbon et alors que les analystes doutent d’une nouvelle baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) lors de sa réunion jeudi prochain. «La pression augmente sur le dollar du fait de l’état de faiblesse de l’économie américaine et les réticences de la BCE à baisser ses taux d’intérêt avant le mois de novembre», a indiqué une analyse de la banque BNP-Paribas. D’un côté, la Maison-Blanche a reconnu hier, officiellement, et pour la première fois, que les États-Unis sont entrés en récession après les attentats du 11 septembre à New York et à Washington. «Certains diraient que nous sommes en récession. Quand les chiffres sortiront, je pense que nous allons voir deux trimestres de croissance négative», a déclaré le chef des conseillers économiques de la Maison-Blanche, Lawrence Lindsey, qui s’exprimait lors d’un colloque financier à Washington. D’un autre côté, la BCE a répété dans son rapport mensuel qu’il était encore «trop tôt» pour avoir une idée précise de l’impact économique des attentats du 11 septembre, même si la tragédie «pouvait retarder le retour à des niveaux élevés de croissance». En dépit des pressions politiques grandissantes dont elle fait l’objet en vue d’un assouplissement de sa politique monétaire, la BCE devrait ainsi sans doute passer son tour lors de sa réunion du jeudi prochain et attendre le suivant, le 8 novembre, pour faire un geste, estiment des économistes. Mais il d’en demeure pas moins que, «même s’il y a beaucoup d’inquiétudes aux États-Unis, les investisseurs ne veulent pas se risquer à acheter de l’euro», a observé une note de la Barclays Capital. Car «les conditions économiques de la zone euro sont assez sombres aussi», a-t-elle ajouté, en faisant référence à la situation économique en Allemagne et en France notamment. Le ministre allemand des Finances, Hans Eichel, a fortement abaissé hier les prévisions de croissance de son pays, reconnaissant qu’elle ne sera probablement que de 0,75 % cette année, au lieu de 2 % comme prévu auparavant, et de 1 % à 1,5 % l’an prochain. De son côté, le Baromètre des échanges, réalisé par l’IFOP, a fait savoir hier que l’indice de confiance des industriels exportateurs français est en forte baisse dans un contexte international de plus en plus incertain. À cet égard, il a révélé que cet indice est tombé après le 11 septembre à 27 points contre 58 points lors d’une précédente enquête, soulignant l’impact de la crise économique américaine sur le moral des entreprises françaises. Cela étant, et dans l’attente de la publication de l’indice IFO sur le climat des affaires en Allemagne en septembre, aujourd’hui, l’incertitude est restée le sentiment dominant sur le marché hier, alors que les alertes au bacille du charbon se multiplient des deux côtés de l’Atlantique, ainsi que les rumeurs de représailles terroristes. De ce fait, le dollar a continué à éprouver des difficultés à s’engager dans une direction déterminée, se négociant à New York comme suit : – 0,9045 pour un euro contre 0,9035, la veille – 1,4450 pour un sterling contre 1,4475 – 2,1625 DM contre 2,1650 – 7,2525 FF contre 7,2605 – 1,6345 FS contre 1,6395 – 2 140,70 lires contre 2 143,10 – 121,15 yens contre 121,25. Marchés américains mitigés Sur les places boursières internationales, la tendance est restée mitigée hier entre Wall Street et la Bourse électronique Nasdaq, alors que les opérateurs étaient confrontés à une nouvelle rafale de résultats de sociétés et l’annonce d’un autre cas de contamination par la maladie du charbon dans les bureaux de la chaîne CBS. «Une volatilité à cours terme des marchés est anticipée alors que les investisseurs font le tri entre les menaces réelles ou non de terrorisme aux États-Unis», a indiqué hier une note de Prudential Securities. «Nous anticipons que les craintes de contamination par la maladie du charbon n’auront qu’un impact à court terme sur les marchés boursiers», a affirmé cette note, en ajoutant que «toute baisse des marchés en ce moment est considérée comme un développement normal dans le processus de reprise amorcé fin septembre». La Chambre des représentants du Congrès a ajourné ses travaux jusqu’à mardi prochain tandis que le Sénat, où une trentaine de personnes ont été contaminées, continue ses travaux. Sur le front des sociétés, certaines ont publié des résultats décevants dont General Motors, Merck, Boeing, McDonald’s, Texas Instruments et Advanced Micro Devices. D’autres ont enregistré des bénéfices supérieurs ou conformes aux attentes comme Coca-Cola, Colgate-Palmolive et Mattel. Mais dans l’ensemble, c’est le climat économique et les craintes liées à la maladie du charbon qui ont continué de déterminer la tendance. En effet, l’indice composite Nasdaq s’est montré un peu résistant aux alentours de la barre des 1 650 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait faiblement entre un plus haut à 9 233,94 points et un plus bas à 9 143,02 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 164,89 points, en baisse de 68,08 points sur la veille. Baisse des Bourses européennes Les marchés boursiers européens se maintenaient à la baisse, en fin de journée jeudi, alors que des mises en garde sur les résultats de l’allemand SAP et de l’anglo-néerlandais exerçaient des pressions sur les valeurs de la technologie. À la clôture de la plupart des marchés européens, l’indice FTSE Eurotop 300, paneuropéen, perdait 19,25 points, soit 1,61 %, à 1 176,56, et le DJ Stoxx 50 des valeurs de la zone euro 74,28 points, soit 2,10 %, à 3 457,48. Les valeurs de l’agroalimentaire, les pharmaceutiques et les cycliques de la consommation se sont néanmoins distinguées, les investisseurs y trouvant un refuge en cette période de publication des résultats des sociétés. L’indice DJ Stoxx des technologiques a cédé 6,00 %, en dépit d’une progression de 0,50 % de l’indice Nasdaq. Tokyo : net affaiblissement La Bourse de Tokyo a terminé la séance de jeudi en baisse de 2,6 %, tirée vers le bas par le recul de Wall Street et la peur grandissante de la maladie du charbon, selon des courtiers. L’indice de référence Nikkei a cédé 280,60 points à 10 474,85 points. L’indice élargi Topix a perdu 19,12 points à 1 068,48 points. Le volume des échanges a atteint quelque 703 millions de titres contre 679 millions mercredi. «La baisse de New York est la principale responsable», a souligné Kazunori Jinnai, chef du département actions de Daiwa SMBC, ajoutant que les actions cotées à Tokyo subissaient également une correction après les hausses récentes. «Il est temps de marquer certaines pauses maintenant», a-t-il estimé. Les valeurs technologiques ont reculé à Tokyo, NEC cédant 26 yens (-2,19 %) à 1 163 yens et le groupe d’électronique grand public Sony chutant de 120 yens (-2,38 %) à 4 930 yens.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le dollar s’est un peu affaibli face à l’euro hier sur les marchés des changes internationaux, dans un climat d’inquiétude concernant la maladie du charbon et alors que les analystes doutent d’une nouvelle baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) lors de sa réunion jeudi prochain. «La pression augmente sur le dollar du fait de l’état de faiblesse de l’économie américaine et les réticences de la BCE à baisser ses taux d’intérêt avant le mois de novembre», a indiqué une analyse de la banque BNP-Paribas. D’un côté, la Maison-Blanche a reconnu hier, officiellement, et pour la première fois, que les États-Unis sont entrés en récession après les attentats du 11 septembre à New York et à Washington. «Certains diraient que nous sommes en récession. Quand les chiffres sortiront, je pense que...