Des hélicoptères abkhazes ont pris part hier aux combats contre la guérilla géorgienne et tchétchène dans le territoire séparatiste d’Abkhazie, à l’ouest de la Géorgie, alors que le président géorgien Edouard Chevardnadze interpellait la Russie. «La clé d’une amélioration des relations russo-géorgiennes se trouve dans le règlement du conflit abkhaze», a déclaré M. Chevardnadze, se disant prêt à rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine «à Tbilissi, à Moscou, ou dans n’importe quelle autre ville ou pays». Il a précisé «ne pas mettre en doute la sincérité» de la Russie lorsqu’elle dit respecter l’intégrité territoriale de la Géorgie. Tbilissi, qui accuse Moscou d’avoir soutenu en sous-main les séparatistes abkhazes, a exigé vendredi le retrait des forces d’interposition russes de la région. Sur le terrain, deux hélicoptères MI-8 des forces abkhazes ont effectué des frappes contre un groupe de combattants géorgiens et tchétchènes dans les gorges de Kodor, une zone «frontalière» entre le territoire séparatiste et le reste de la Géorgie, a affirmé le «vice-ministre» de la Défense abkhaze Garri Koupalba. Il a ajouté que les forces abkhazes allaient engager des opérations de «ratissage» pour éliminer les centaines de combattants entrés dans cette région montagneuse et boisée au début du mois depuis le territoire géorgien. Des responsables de la guérilla ont, de leur côté, affirmé qu’ils avaient lancé des offensives dans cette zone, à 15 km environ de la «capitale» abkhaze Soukhoumi. Selon eux, une dizaine de soldats des forces abkhazes ont été tués dans les derniers combats. Une information impossible à vérifier de source indépendante. Le chef d’un groupe de combattants géorgiens, s’identifiant par son seul prénom, Gueorgui, a affirmé que les Abkhazes étaient militairement soutenus par la Russie. «D’où viennent les hélicoptères abkhazes, les roquettes, l’artillerie lourde qui nous bombardent ?», a-t-il dit. Moscou a, pour sa part, annoncé le renforcement du contrôle de sa frontière avec l’Abkhazie pour empêcher toute incursion de combattants tchétchènes, dont un groupe se dirigerait vers le Caucase russe. À Tbilissi, le président géorgien s’est dit «prêt à offrir à l’Abkhazie les droits les plus larges» au sein de la Géorgie. Mais l’ex-ministre des Affaires étrangères de Mikhaïl Gorbatchev a prévenu qu’en cas d’échec des négociations, et en dernier recours, la Géorgie «emploiera obligatoirement la force» pour récupérer le territoire.
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