Devenus trop individualistes, les Italiens continuent à subir des échecs répétés dans le championnat du monde alors qu’ils représentent le cyclisme le plus puissant du monde. À Lisbonne, la «Squadra» a essuyé la plus incroyable des défaites. Avec dix coureurs (sur douze au départ) dans le groupe de tête de 45 unités, l’équipe d’Italie s’est montrée incapable dimanche de battre l’Espagnol Oscar Freire, rapide et malin. Au bilan, Gilberto Simoni est passé près de la victoire, pour avoir été rejoint dans les trois derniers kilomètres, Paolo Bettini s’est classé deuxième et trois de ses coéquipiers (Figueras 7e, Bartoli 11e, Lanfranchi 12e) ont terminé dans les douze premiers. Mais la seule place réellement importante, la première, leur a échappé. Retenu à neuf reprises dans l’équipe nationale entre 1985 et 1995, l’ancien coureur Davide Cassani apporte son explication technique : «Les coureurs étaient prêts. Mais il y a eu une succession de petites fautes qui a coûté la victoire même si Freire est un adversaire très difficile à battre. Bettini a commis une erreur en contrant Virenque à trois tours de l’arrivée pour rejoindre Vicioso et Di Luca. L’Espagnol a arrêté aussitôt de rouler puisqu’il se retrouvait avec deux Italiens et le peloton a vite réagi». Au-delà de cet épisode tactique, Cassani pointe surtout le comportement de l’équipe d’Italie : «Les coureurs espagnols ont tout donné pour Freire, à partir du moment où il était leur meilleure chance, sans se soucier de leur classement personnel. Cela n’a pas été le cas de notre équipe». À la recherche des « gregarii » Davantage encore que la faute sans réelle conséquence de Paolo Lanfranchi, qui a roulé derrière Simoni (sans le savoir, a-t-il dit), le comportement de Giuliano Figueras illustre le malaise de l’équipe d’Italie. Le Napolitain, aux jambes de feu en cette morne après-midi, a réagi à un démarrage de l’Allemand Jan Ullrich, présenté comme l’homme fort du championnat du monde. Puis, il a trouvé la force de sprinter et de prendre une 7e place qui relève seulement de la statistique. «Franco Ballerini (nouveau sélectionneur italien) a dit à l’équipe de faire la course dans les deux derniers kilomètres pour Bettini, le plus rapide au sprint. Mais le scénario s’est passé différemment», relève Cassani, qui privilégie une approche psychologique dans son analyse. «Il n’y a pratiquement plus de “gregarii”, de coureurs qui prennent le départ pour travailler», souligne l’ancien coureur, présent aux triomphes arc-en-ciel de Maurizio Fondriest (1988) et de Gianni Bugno (1991 et 1992). «À Lisbonne, il y a eu huit à neuf coureurs qui se sont dit “pourquoi pas moi ?”, qui ont pensé devenir champions du monde plutôt que de faire une course d’équipe». Appelé à diriger pendant quatre ans l’équipe nationale, Franco Ballerini a vécu un baptême agité. «Ce n’est pas de sa faute», estime Cassani à propos du double vainqueur de Paris-Roubaix. «À ses débuts, Alfredo Martini (légendaire commissaire technique de l’Italie) a dû lui aussi prendre ses marques lui aussi. À Lisbonne, c’était le premier championnat du monde pour Ballerini. Il faut lui laisser le temps».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Devenus trop individualistes, les Italiens continuent à subir des échecs répétés dans le championnat du monde alors qu’ils représentent le cyclisme le plus puissant du monde. À Lisbonne, la «Squadra» a essuyé la plus incroyable des défaites. Avec dix coureurs (sur douze au départ) dans le groupe de tête de 45 unités, l’équipe d’Italie s’est montrée incapable dimanche de battre l’Espagnol Oscar Freire, rapide et malin. Au bilan, Gilberto Simoni est passé près de la victoire, pour avoir été rejoint dans les trois derniers kilomètres, Paolo Bettini s’est classé deuxième et trois de ses coéquipiers (Figueras 7e, Bartoli 11e, Lanfranchi 12e) ont terminé dans les douze premiers. Mais la seule place réellement importante, la première, leur a échappé. Retenu à neuf reprises dans l’équipe nationale...