Décrite pour la première fois en 1985, aux États-Unis, comme syndrome pathologique, la fatigue chronique continue à ne pas être reconnue comme telle dans bon nombre de pays européens. Ce qui n’empêche nullement les médecins de la traiter de la sorte, même si pour le moment il n’existe d’autres traitements que le repos... Un ensemble de symptômes Un épuisement, survenant souvent à la suite d’une infection, accompagné de maux de tête, de douleurs musculaires et articulaires, ainsi que des troubles de la mémoire signent ce syndrome. Le sujet se voit forcé d’interrompre ses activités, voire de s’aliter. Parallèlement, l’humeur s’en ressent forcément et le moral est proche de la déprime. L’affection ne connaît pas d’âge mais manifeste une prédilection pour le sexe féminin. Cataloguées généralement comme des malades imaginaires, ces victimes le sont doublement : les maux entraînés par leur état et l’incompréhension de l’entourage. Les examens, les analyses et les auscultations ne révèlent effectivement que d’insignifiantes anomalies, incapables d’entraîner semblable invalidité. Ce syndrome peut frapper à tout âge, pourtant seules quelques rares équipes scientifiques s’intéressent à l’exploration de cette curieuse affection. Parmi elles, une équipe de l’hôpital de la ville de Lille, en France, du service de médecine interne, dirigée par le Dr Frédéric Kochman (psychiatre), a poursuivi une étude au terme de laquelle elle a émis certaines hypothèses. Selon ses travaux, le syndrome serait la manifestation d’une altération du sommeil profond. Une fois ce syndrome installé, il engendre des douleurs qui retentissent sur la qualité du sommeil. Pour y remédier en brisant le cercle vicieux, on restaure le sommeil des malades par un ensemble de techniques (thérapies comportementales et cognitives, exercices respiratoires, relaxation). Démarche importante, selon cette équipe, l’abandon total des tranquillisants qui réduisent les phases du sommeil profond. En revanche, une molécule agissant sur la sérotonine est administrée aux malades afin de restaurer cette partie récupératrice du sommeil. L’association avec d’autres pathologies Une autre équipe de recherche dirigée par le Dr Jean-Louis Brunet, immuno-allergologue à Lyon (Hôpital de la Croix), a mis l’accent par ses travaux à la similitude des symptômes de cette maladie avec ceux de la brucellose ou de la candidose, sans toutefois expliquer le lien ou la raison. Une troisième équipe du CNRS de Montpellier a mis en évidence un marqueur biologique permettant d’identifier un groupe de patients souffrant de ce syndrome en mettant au point un test diagnostic. Aux États-Unis, un médicament modulateur de l’immunité est à l’essai, ce qui ouvre des perspectives prometteuses, l’essentiel dans ce domaine étant la réponse efficace à la cause de la maladie et non pas aux seuls symptômes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Décrite pour la première fois en 1985, aux États-Unis, comme syndrome pathologique, la fatigue chronique continue à ne pas être reconnue comme telle dans bon nombre de pays européens. Ce qui n’empêche nullement les médecins de la traiter de la sorte, même si pour le moment il n’existe d’autres traitements que le repos... Un ensemble de symptômes Un épuisement, survenant souvent à la suite d’une infection, accompagné de maux de tête, de douleurs musculaires et articulaires, ainsi que des troubles de la mémoire signent ce syndrome. Le sujet se voit forcé d’interrompre ses activités, voire de s’aliter. Parallèlement, l’humeur s’en ressent forcément et le moral est proche de la déprime. L’affection ne connaît pas d’âge mais manifeste une prédilection pour le sexe féminin. Cataloguées...