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Actualités - Chronologies

Mission délicate pour Colin Powell aujourd’hui à Islamabad

Le secrétaire d’État américain Colin Powell est attendu ce soir au Pakistan, voisin de l’Afghanistan que les États-Unis continuent de bombarder, et devrait notamment évoquer avec ses interlocuteurs pakistanais les scénarios d’un gouvernement post-taliban. Des mesures de sécurité drastiques entourent ce déplacement de M. Powell, premier haut responsable américain à se rendre au Pakistan depuis les attentats du 11 septembre à New York et Washington. Il s’agit également du premier déplacement du secrétaire d’État américain dans cette partie du monde. M. Powell doit rencontrer demain le président Pervez Musharraf. Islamabad, en froid avec Washington depuis la prise de pouvoir du général Musharraf lors d’un coup d’État il y a deux ans, s’impose désormais comme un allié crucial des États-Unis. Le Pakistan, qui dispose de 1 400 kilomètres de frontière avec l’Afghanistan et a fait jusqu’à peu figure de «parrain» de la milice intégriste des taliban au pouvoir à Kaboul, s’est résolument rangé du côté américain malgré les sentiments protaliban d’une large partie de sa population. Le général Musharraf a fait preuve d’un «fort contrôle» de la situation et d’une «position politique solide» en faisant le choix du soutien aux États-Unis, a récemment déclaré M. Powell, lui-même ancien général. Les conversations devraient notamment porter sur l’Afghanistan, avec qui le Pakistan est le seul pays à maintenir des liens diplomatiques formels, et principalement sur les scénarios d’un gouvernement post-taliban, la milice islamiste au pouvoir à Kaboul depuis 1996, selon le secrétaire d’État adjoint Richard Armitage. Islamabad a averti à plusieurs reprises des dangers d’une entrée à Kaboul de l’Alliance du Nord, opposition afghane armée qui, affirment les dirigeants pakistanais, relancerait la guerre civile en Afghanistan. Cette alliance hétéroclite, essentiellement composée de groupes ethniques minoritaires en Afghanistan, a laissé derrière elle pendant ses cinq ans de pouvoir à Kaboul (1992-96) le souvenir de pillages et de dévastations. Les États-Unis n’ont pas caché entretenir des contacts avec l’Alliance du Nord dans la perspective d’un renversement du régime des taliban à Kaboul. M. Armitage a néanmoins rassuré les autorités pakistanaises en affirmant que les États-Unis n’apporteraient leur soutien qu’à un gouvernement élargi et représentatif à Kaboul. Le Cachemire, région de l’Himalaya enjeu d’un conflit entre l’Inde et le Pakistan depuis des décennies, sera également évoqué lors de ces entretiens américano-pakistanais. M. Powell va «sonder les Pakistanais et les Indiens pour voir s’il y a moyen de faire baisser la température», a déclaré le secrétaire d’État adjoint, Richard Armitage. Divisée entre l’Inde et le Pakistan, qui en revendiquent tous deux la souveraineté, cette région a été à l’origine de deux des trois guerres qui ont opposé les deux pays en un demi-siècle.
Le secrétaire d’État américain Colin Powell est attendu ce soir au Pakistan, voisin de l’Afghanistan que les États-Unis continuent de bombarder, et devrait notamment évoquer avec ses interlocuteurs pakistanais les scénarios d’un gouvernement post-taliban. Des mesures de sécurité drastiques entourent ce déplacement de M. Powell, premier haut responsable américain à se rendre au Pakistan depuis les attentats du 11 septembre à New York et Washington. Il s’agit également du premier déplacement du secrétaire d’État américain dans cette partie du monde. M. Powell doit rencontrer demain le président Pervez Musharraf. Islamabad, en froid avec Washington depuis la prise de pouvoir du général Musharraf lors d’un coup d’État il y a deux ans, s’impose désormais comme un allié crucial des États-Unis. Le...