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Actualités - Chronologies

Indonésie - Colère des intégristes sévèrement réprimés à Djakarta

La police indonésienne a dispersé hier des islamistes devant l’ambassade américaine à Djakarta, montrant la détermination du gouvernement du premier pays musulman au monde à ne pas se laisser déborder par les manifestants. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur colère à Djakarta, à Surabaya, deuxième ville du pays, et à Makassar, au second jour de raids aériens des États-Unis en Afghanistan. À Djakarta, des policiers ont fait des tirs de sommation et lancé des grenades lacrymogènes contre une centaine de manifestants qui tentaient de forcer un barrage de barbelés devant l’ambassade américaine. Plusieurs membres du Front des défenseurs de l’islam (FPI) ont été battus lors de la riposte des policiers antiémeutes, la première de ce genre depuis le début des manifestations antiaméricaines. La police avait été critiquée par l’ambassadeur américain Robert Gelbard pour sa passivité lors des premières manifestations dirigées contre les États-Unis, le mois dernier. Elle a cette fois déployé des moyens considérables et averti que si les manifestations pacifiques étaient autorisées, les «actes anarchiques» seraient fermement réprimés. La sécurité a été renforcée autour des ambassades étrangères. Une trentaine d’engins blindés stationnent près de l’ambassade américaine. Le commandant militaire de Djakarta, le général Bibit Waluyo, a indiqué mardi que trois bataillons (environ 2 000 soldats) avaient été mobilisés «pour le pire des cas». Pour le gouvernement, un tel scénario serait celui d’une «chasse» aux Américains, une menace brandie par des groupes islamistes, qui serait susceptible de précipiter une évacuation massive de milliers d’étrangers. Plusieurs de ces groupes, dont le FPI, ont menacé d’attaquer l’ambassade et les bâtiments américains et de «chasser» du pays les Américains et les ressortissants de pays alliés si Djakarta ne rompait pas ses relations diplomatiques avec Washington avant mercredi. Deux cents membres du FPI ont aussi manifesté mardi devant le consulat américain de Surabaya (île de Java). À Makassar (île de Sulawesi), des dizaines d’étudiants ont manifesté et promis de rendre «difficile» la vie des Américains et des Israéliens dans la région. Djakarta a apporté son soutien à Washington en matière de coopération antiterroriste et réagi de manière mesurée lundi au début des frappes en Afghanistan, tout en exprimant sa «profonde inquiétude». Si les groupes islamistes radicaux sont largement minoritaires, la présidente Megawati Sukarnoputri doit cependant tenir compte d’un fort ressentiment antiaméricain nettement perceptible dans une large partie de la population de l’immense archipel. Deux journaux populaires de Djakarta commentaient mardi la deuxième série de raids aériens en Afghanistan sous le titre «l’Amérique sauvage». Et un sondage publié par l’hebdomadaire Tempo (portant sur un échantillon de 516 personnes, avec une marge d’erreur de 5 %) montrait que près de 55 % des personnes interrogées étaient d’accord avec les manifestations antiaméricaines. 31,2 % d’entre elles étaient même d’accord pour d’éventuels «raids» contre les ressortissants américains, dont le nombre est estimé à 10 000. Certaines ambassades à Djakarta, fermées lundi, avaient repris mardi, au moins partiellement, leurs activités. «Pour le moment, la mobilisation des groupes islamistes reste limitée. C’est rassurant. Mais nous restons sur nos gardes», a expliqué un diplomate. La Grande-Bretagne et l’Australie ont appelé mardi leurs ressortissants à ne pas se rendre en Indonésie, à l’exception de Bali. L’île touristique est majoritairement peuplée d’hindouistes, alors qu’environ 90 % des 210 millions d’Indonésiens sont musulmans.
La police indonésienne a dispersé hier des islamistes devant l’ambassade américaine à Djakarta, montrant la détermination du gouvernement du premier pays musulman au monde à ne pas se laisser déborder par les manifestants. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur colère à Djakarta, à Surabaya, deuxième ville du pays, et à Makassar, au second jour de raids aériens des États-Unis en Afghanistan. À Djakarta, des policiers ont fait des tirs de sommation et lancé des grenades lacrymogènes contre une centaine de manifestants qui tentaient de forcer un barrage de barbelés devant l’ambassade américaine. Plusieurs membres du Front des défenseurs de l’islam (FPI) ont été battus lors de la riposte des policiers antiémeutes, la première de ce genre depuis le début des manifestations antiaméricaines. La...