Tour à tour saluée pour ses choix et vouée aux gémonies lorsqu’elle honore ses membres, l’Académie suédoise, chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature, a retenti de multiples scandales par le passé. Le prix Nobel de littérature est né, en 1901, sous le sceau de la polémique. Cette année-là, les académiciens honorent «l’humanité» du Français Sully Prudhomme (1839-1907) quand tous, y compris en Suède, attendent l’écrivain russe Léon Tolstoï (1828-1910). Les lettres de protestation pleuvent sur les bureaux des académiciens. L’attribution du Nobel à des écrivains ou des poètes dont l’œuvre était restée jusqu’alors confidentielle – comme la Polonaise Wislawa Szymborska, en 1996 –, a par ailleurs accrédité l’idée selon laquelle les choix de l’Académie attestent, souvent, de l’écart entre le grand public et l’«élite littéraire». Pour Fredrik Lind, libraire à Stockholm, les choses ne sont pas si simples. «Le succès planétaire de Gabriel Garcia Marquez (Colombie, 1982) parle tout seul. C’est l’écrivain de “monsieur-tout-le-monde”. Il ne fait pas de littérature, il raconte des histoires», tranche-t-il. Plus grave, les académiciens ont été à plusieurs reprises accusés d’avoir fait passer leurs amitiés personnelles ou les intérêts de leur maison d’édition avant toute considération littéraire. Ainsi l’attribution du prix Nobel, en 1974, à deux de leurs pairs, Harry Martinson et Eyvind Johnsson, a-t-elle durablement discrédité, à tort ou à raison, l’institution suédoise, tenue depuis 1786, sur le modèle de l’Académie française, de défendre «génie et bon goût». L’Académie suédoise est aujourd’hui en crise. Et les scandales ayant émaillé les dernières décennies de ce «siècle de Nobel» ont précipité nombre d’académiciens hors des murs de la prestigieuse institution.
Tour à tour saluée pour ses choix et vouée aux gémonies lorsqu’elle honore ses membres, l’Académie suédoise, chargée d’attribuer le prix Nobel de littérature, a retenti de multiples scandales par le passé. Le prix Nobel de littérature est né, en 1901, sous le sceau de la polémique. Cette année-là, les académiciens honorent «l’humanité» du Français Sully Prudhomme (1839-1907) quand tous, y compris en Suède, attendent l’écrivain russe Léon Tolstoï (1828-1910). Les lettres de protestation pleuvent sur les bureaux des académiciens. L’attribution du Nobel à des écrivains ou des poètes dont l’œuvre était restée jusqu’alors confidentielle – comme la Polonaise Wislawa Szymborska, en 1996 –, a par ailleurs accrédité l’idée selon laquelle les choix de l’Académie attestent, souvent, de...
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