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Actualités - Chronologies

Italie - Vent de fronde dans le camp de Silvio Berlusconi

Le chef du gouvernement de droite italien Silvio Berlusconi, un peu plus de cent jours après son retour au pouvoir, doit affronter un vent de fronde dans son propre camp qui digère mal ses maladresses politiques et lui a envoyé un avertissement sans frais ces derniers jours. Le journaliste Giuliano Ferrara, ancien porte-parole du premier gouvernement de Silvio Berlusconi en 1994, qui polémique habituellement avec l’opposition, s’en est pris directement à l’ancien homme d’affaires : «Cela ne va pas», a-t-il asséné dans un éditorial paru samedi dans son quotidien Il Foglio. Et de reprocher au chef du gouvernement d’être atteint du «syndrome d’omnipotence» et de se conduire en «forteresse assiégée» en voyant partout des complots de l’opposition et de la presse. Il lui a conseillé de mettre la pédale douce «dans l’intérêt de l’Italie et dans le sien». Enzo Biagi, le grand éditorialiste du grand quotidien Corriere della Sera, faisait la même analyse dimanche sous le titre ironique «Tout est de la faute des journalistes». Les propos malheureux de M. Berlusconi vantant la supériorité occidentale sur l’islam confirment que, «comme certains vins qui se boivent sur place, il n’est peut-être pas un leader exportable», a attaqué M. Biagi, réputé centriste. Le chef du gouvernement italien est censé se rendre à Washington pour rencontrer le président américain George W. Bush après l’attaque terroriste du 11 septembre. Aucune date n’a encore été fixée. Après sa gaffe sur l’islam, il est «en liste d’attente. Pour cette Italie-là, il n’y a pas d’urgence», désespère Enzo Biagi. Silvio Berlusconi s’est attiré aussi la critique dans les milieux patronaux, pourtant bien disposés à l’égard des réformes promises pendant la campagne électorale du printemps dernier. Les jeunes entrepreneurs italiens ont jugé «timide, incolore et dépourvue d’innovation» la loi de finances. Ces critiques surviennent après le vote d’une loi tatillonne sur les commissions rogatoires, qui vaut à l’Italie une nouvelle réprobation de l’étranger. La loi va à contre-courant des efforts entrepris au niveau international pour simplifier la coopération entre les juges de différents pays et faciliter la lutte contre le terrorisme. Selon l’opposition, elle sert les intérêts de M. Berlusconi, première fortune d’Italie, 65 ans, et poursuivi dans plusieurs affaires dont certaines mènent à l’étranger. Symptôme du malaise, des francs-tireurs de la majorité avaient voté un amendement communiste le 27 septembre, lors d’un vote à bulletins secrets, et obligé la loi à faire une navette parlementaire supplémentaire. M. Berlusconi bénéficie pourtant d’une majorité d’une ampleur inédite dans un pays marqué par l’instabilité parlementaire chronique. Il profite aussi de la désorganisation de l’opposition de centre-gauche, qui apparaît dans «un état dépressif», selon un commentateur de La Stampa. Pour Giuliano Ferrara, M. Berlusconi pèche par «arrogance». «Quelqu’un qui a gagné les élections ne peut pas se permettre que les rapports avec l’opposition dégénèrent en rixes quotidiennes», critique-t-il.
Le chef du gouvernement de droite italien Silvio Berlusconi, un peu plus de cent jours après son retour au pouvoir, doit affronter un vent de fronde dans son propre camp qui digère mal ses maladresses politiques et lui a envoyé un avertissement sans frais ces derniers jours. Le journaliste Giuliano Ferrara, ancien porte-parole du premier gouvernement de Silvio Berlusconi en 1994, qui polémique habituellement avec l’opposition, s’en est pris directement à l’ancien homme d’affaires : «Cela ne va pas», a-t-il asséné dans un éditorial paru samedi dans son quotidien Il Foglio. Et de reprocher au chef du gouvernement d’être atteint du «syndrome d’omnipotence» et de se conduire en «forteresse assiégée» en voyant partout des complots de l’opposition et de la presse. Il lui a conseillé de mettre la pédale douce...