La victoire de l’Angleterre contre la Grèce (2-2), samedi à Manchester, n’a pas échappé à la règle : pendant plus d’un an, le parcours de l’Angleterre dans les éliminatoires du Mondial-2002 de football a été truffé de symboles et émaillé de coups de pouce du destin. «La chance sourit toujours aux audacieux», dit-on parfois. Au lendemain de la défaite honteuse contre l’Allemagne (0-1), le 1er octobre 2000, dans un Wembley en instance de démolition, il fallait de l’audace pour envisager un tel retournement de situation et donner les clés de la maison Angleterre, pour la première fois de l’histoire, à un sélectionneur étranger. Le Suédois Sven-Goran Eriksson est arrivé. Il lui a fallu de l’audace pour faire de David Beckham son capitaine, écarter poliment des piliers de la sélection et convoquer des joueurs oubliés ou inconnus, sans susciter de polémique dans la très susceptible presse anglaise. Quelques mois plus tard, le bilan est impressionnant. Une seule défaite en neuf matches, lors d’une rencontre amicale contre les Pays-Bas (0-2), au milieu du mois d’août, sept victoires, et un match nul au bout du suspense, celui de samedi soir à Old Trafford, ce fameux «Théâtre des Rêves» où Manchester United, le club de Beckham, a souvent gagné en marquant dans les arrêts de jeu. Beckham et Owen, joyaux de la couronne Beckham capitaine, c’est le coup de génie d’Eriksson. Depuis qu’il est le patron, «Becks» est transfiguré, rassure tout le monde, et son rayonnement sur le terrain n’a jamais été aussi grand que samedi : il était partout, alors que son équipe prenait l’eau de toutes parts. C’est lui qui pose le ballon, sur un coup franc, sur la tête de Teddy Sheringham, pour le premier but anglais, et en catapulte un autre dans la lucarne du gardien grec, synonyme de qualification. Déjà, le 24 mars à Liverpool, pour le deuxième match d’Eriksson aux commandes, Beckham marquait le but d’une précieuse victoire contre la Finlande (2-1). Et le 6 juin à Athènes, il assurait définitivement un succès laborieux (2-0) contre les Grecs. Depuis un an dans ces éliminatoires, il n’y a eu qu’un seul match parfait, le 1er septembre en Allemagne (5-1), et beaucoup de matches moyens, remportés à l’arraché grâce à Beckham ou Michael Owen, les joyaux de la couronne. Owen, auteur de trois buts à Munich, est aussi indispensable que Beckham, dans une équipe jeune et donc perfectible. Reste le rôle de Dame Chance, qui semble avoir un faible pour ces jeunes Lions. Cette année, elle n’a pas raté un seul match, intervenant toujours au bon moment, soit pour aider David Seaman ou Nigel Martyn à sortir une parade miraculeuse, détourner si nécessaire le ballon sur le poteau, inciter l’arbitre à siffler un hors-jeu ou accorder un coup franc peu évident. «C’est peut-être le pays des gentlemen, mais l’arbitrage était inacceptable. Vous devez écrire ce que vous avez vu sur le terrain», pestait samedi soir Otto Rehhagel. Le sélectionneur allemand de la Grèce était dépité, à juste titre, mais il n’y pouvait rien : les dieux du football, en cet an de grâce 2001, avaient choisi l’Angleterre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La victoire de l’Angleterre contre la Grèce (2-2), samedi à Manchester, n’a pas échappé à la règle : pendant plus d’un an, le parcours de l’Angleterre dans les éliminatoires du Mondial-2002 de football a été truffé de symboles et émaillé de coups de pouce du destin. «La chance sourit toujours aux audacieux», dit-on parfois. Au lendemain de la défaite honteuse contre l’Allemagne (0-1), le 1er octobre 2000, dans un Wembley en instance de démolition, il fallait de l’audace pour envisager un tel retournement de situation et donner les clés de la maison Angleterre, pour la première fois de l’histoire, à un sélectionneur étranger. Le Suédois Sven-Goran Eriksson est arrivé. Il lui a fallu de l’audace pour faire de David Beckham son capitaine, écarter poliment des piliers de la sélection et convoquer des...