Nom : Bifani Prénom : Alain Date de naissance : 4 juillet 1968 Signe particulier : directeur général du ministère des Finances à… 33 ans. il a la tête de l’emploi ? Pas vraiment, plutôt celle du premier de classe qui ne se prend pas au sérieux, espiègle, amusé, amusant. À 33 ans, Alain Bifani s’amuse encore – avec le plus grand sérieux – à se lancer des défis qu’il relève sans grande surprise, pour lui. Les autres s’en étonnent encore. Son dernier objectif, la direction générale du ministère des Finances. Objectif atteint en l’an 2000. «Je ne crois pas que 20 ans de plus m’auraient donné plus de choses. J’aurais perdu l’entrain. La science et la technologie ont beaucoup évolué en très peu d’années. La “nouvelle génération” est sans doute plus à même d’aller directement vers le plus actuel». Sa carte de visite illustre fort bien le personnage qu’il est. Sur un fond blanc, net, en haut, à gauche, trône le cèdre de la République libanaise. Au centre, nom, prénom, dans un caractère en italique qu’Alain Bifani s’est donné la liberté de choisir et qui décrit justement l’insolence de ses trente-trois ans. Directeur général du ministère des Finances est donc le titre. En clair. Aurait-il la grosse tête ? «Pas vraiment, avoir la grosse tête traduit un manque d’intelligence. Et puis j’ai eu beaucoup de chance». Ce garçon dans le fond très sérieux, «il y a beaucoup de choses sur lesquelles je ne plaisante pas», privilégie l’humour, voire le cynisme, «j’ai un sens très poussé du ridicule», avoue-t-il. «90% de ce que les gens disent, on pourrait s’en passer facilement. Comme j’ai ma part des 90%, je préfère plaisanter avec !». Alain Bifani ne plaisante pas avec les chiffres qui ont dû remplacer ses jouets d’enfant, à son grand bonheur. «J’ai été un enfant sérieux, qui le devenait de moins en moins en grandissant. J’ai eu la chance d’aimer ce que j’apprenais, je sortais rarement d’un cours sans être satisfait». Ce qu’il aimait, «dans l’ordre», l’histoire, la géographie, les mathématiques, la chimie et, enfin, la physique. Alors, premier de classe ? Naturellement. «Je l’ai été durant toute ma scolarité, jusqu’au Lycée Louis le Grand», sanctuaire des très grosses têtes, des surdoués qui vont passer trois dures années à développer leur bosse des maths et de la physique. Pour lire et déchiffrer son CV professionnel, il faudrait un traducteur assermenté qui mettrait en mots simples un parcours très chargé. Sa passion pour «la physique des particules et tout l’aspect mécanique, quantique et rayonnement» va le mener à l’École supérieure d’optique à Paris dont il sort ingénieur optique. Il passera une année à l’Institut d’optique théorique et appliquée – «C’était la première fois que je produisais quelque chose et qui restait, un instrument d’étude de guide d’ondes. Il est toujours utilisé actuellement». Et d’ajouter, modestement : «Ce n’est pas très compliqué, il y a des gens qui ont créé le laser !». Pour pouvoir rentrer au pays et y faire quelque chose d’utile, Alain passe ses deux dernières années d’études parisiennes à HEC – «Il n’y avait pas moyen de faire autrement». Puis il se construit une expérience professionnelle chez les plus grands : Arthur Andersen, «une étape très importante dans un environnement de professionnels ; c’est là que j’ai réalisé que je pouvais travailler 15 à 16 heures par jour !», ABN Amro Bank, «où j’étais responsable du département de la trésorerie», Pitch SAL, Thomas Financial Bankwatch et, enfin, l’UNDP. «Le poste que j’occupe au ministère des Finances ? J’adore ça, mais dans un environnement idéal. C’est une activité extrêmement motivante, un défi quotidien. De plus, le service public m’a toujours attiré». Pratiquement, en quoi consiste-t-il ? «Pratiquement, Alain tentera de le dire en des termes simples, relèvent de la responsabilité de ce ministère, la collecte des recettes de l’État, l’administration humaine du ministère, le contrôle des dépenses publiques, celles des administrations et des entreprises publiques, le budget de l’État, la gestion de la trésorerie et de la dette publique, de même que les nouveaux projets et les rapports avec les administrations publiques. Enfin, de facto, la direction générale fait partie du Conseil supérieur bancaire qui supervise le secteur bancaire». Jusqu’où veut aller Monsieur le-très jeune-directeur ? «Très loin ! On gagne la promotion à travers les résultats obtenus, là où l’on se trouve. Quand je suis dans un endroit, je m’y consacre pleinement». Des rêves, alors ? «J’en ai beaucoup ! Au fond de moi, je suis extrêmement idéaliste. Je rêve d’une société épurée, d’un idéalisme et d’un modernisme retrouvés et d’un service public capable de jouer un rôle de régulateur et pas de substitut». Des rêves personnels ? «J’aime vivre mes idéaux jusqu’au bout». Pour Alain Bifani qui tient à prouver tous les jours que 2+2 font 4, «il n’y a pas de plus ou moins acceptable. Je suis un perfectionniste, on ne se refait pas». Tant mieux, serait-on tenté de dire, dans l’espoir de jours meilleurs…
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