Extrader Ben Laden ou pas : un seul perdant, les taliban
le 04 octobre 2001 à 00h00
L’ultimatum américain aux taliban est clair : si vous refusez de remettre Oussama Ben Laden et de fermer les camps d’entraînement arabes, vous serez renversés. Pour les miliciens fondamentalistes, accepter les conditions américaines équivaudrait à se condamner. Car l’assise même du pouvoir taliban repose sur ces volontaires arabes et pakistanais venus combattre au pays de «l’islam le plus pur du monde». Ces mercenaires prennent leurs ordres de Ben Laden, et si les taliban se les aliénaient, ce serait tout d’un coup la disparition de la moitié de leur armée et d’énormes trous dans les lignes de front. Ainsi, les positions taliban du nord de Kaboul seraient principalement composées d’Arabes et de Pakistanais. Des «volontaires étrangers» seraient également concentrés autour des villes de Jalalabad (est) et Mazar-i-Sharif (nord), cité vulnérable peuplée d’Ouzbeks. Les taliban ont toujours souligné qu’ils étaient une force purement afghane et à leur avènement en 1994, leurs rangs étaient dominés par les pachtounes du sud-est de l’Afghanistan, issus pour bon nombre des écoles coraniques du nord-ouest du Pakistan, lui aussi peuplé de pachtounes. Les démentis taliban quant à la présence de forces étrangères ont parfois fait sourire. «Ils ne combattent pas. Ils sont juste venus en visite pour célébrer notre victoire», avait dit une source officielle à propos des centaines de Pakistanais aperçus à Kaboul juste après sa chute. Après la prise de Kaboul en 1996, l’ambition des taliban de s’emparer du nord du pays n’a pu être réalisée que grâce au renfort de tous les volontaires prêts à combattre à leur côté. La débâcle de Mazar-i-Sharif, où quelque 4 000 combattants taliban avaient été tués en mai 1997, a incité la milice fondamentaliste a élargir le nombre de ses troupes en puisant dans les réserves d’extrémistes arabes et d’étudiants en théologie pakistanais. Le premier effet de cette décision a été de radicaliser le mouvement et de l’internationaliser. Le rôle de Ben Laden au sein du mouvement a aussi évolué : déplaçant son quartier-général de Jalalabad (est) à Kandahar (sud), il s’est installé près du chef suprême des taliban, le mollah Mohammad Omar, avec lequel il a même tissé des liens familiaux. Ben Laden est devenu indispensable dans la prise des décisions politiques et militaires quotidiennes, disent les analystes. Ses financements ont également permis de s’attacher les services de nombreux commandants sur le terrain. Selon des services de renseignements étrangers, l’ensemble de la force des taliban comprendrait actuellement de 40 000 à 60 000 combattants, dont environ 15 000 Arabes et 10 000 Pakistanais.
L’ultimatum américain aux taliban est clair : si vous refusez de remettre Oussama Ben Laden et de fermer les camps d’entraînement arabes, vous serez renversés. Pour les miliciens fondamentalistes, accepter les conditions américaines équivaudrait à se condamner. Car l’assise même du pouvoir taliban repose sur ces volontaires arabes et pakistanais venus combattre au pays de «l’islam le plus pur du monde». Ces mercenaires prennent leurs ordres de Ben Laden, et si les taliban se les aliénaient, ce serait tout d’un coup la disparition de la moitié de leur armée et d’énormes trous dans les lignes de front. Ainsi, les positions taliban du nord de Kaboul seraient principalement composées d’Arabes et de Pakistanais. Des «volontaires étrangers» seraient également concentrés autour des villes de Jalalabad (est) et...
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