La Réserve fédérale (Fed) américaine devrait continuer à faire baisser les taux d’intérêt, mais cette arme du crédit bon marché risque de ne pas suffire pour assurer le redémarrage rapide d’une économie à bout de souffle après les attentats du 11 septembre. La Banque centrale américaine a de nouveau réduit, mardi, ses deux taux directeurs d’un demi-point. Le taux interbancaire au jour le jour, principal moyen d’intervention de la Fed, est tombé à 2,5 %, son niveau le plus bas depuis mai 1962. Le loyer de l’argent se retrouve en dessous du taux d’inflation car les prix à la consommation ont augmenté de 2,7 % au cours des douze derniers mois. Ce qui ne veut pas dire que les Américains peuvent désormais emprunter «gratuitement» : le taux de base bancaire, intérêt minimum accordé par les banques à leurs meilleurs clients, se situe encore à 5,5 %. La Fed, qui a déjà diminué de quatre points son principal taux directeur depuis le début de l’année, dont un point depuis les attaques terroristes contre New York et Washington, devrait continuer à assouplir sa politique monétaire, estiment la plupart des analystes. «Un taux interbancaire de 2 % devrait être atteint avant la fin de l’année», pronostique la firme d’investissements Salomon Smith Barney. La Société générale prévoit aussi une baisse d’un demi-point du loyer de l’argent d’ici à décembre, avec une diminution de 0,25 point à chacune des deux prochaines réunions de la Fed (6 novembre et 11 décembre). Si tous les experts soulignent que la Fed n’a pas d’autres moyens qu’une diminution des taux pour tenter d’éviter une récession trop grave, beaucoup estiment que cette arme ne sera pas suffisante, à elle seule, pour relancer la croissance. «Le dernier mouvement de la Fed ne devrait avoir qu’un effet marginal sur l’activité. Il s’agit surtout d’amortir les chocs dans le contexte actuel et de contrecarrer les craintes des agents économiques en offrant des conditions de financement particulièrement avantageuses. Reste à savoir dans quelle mesure la confiance des agents, et en particulier celle des ménages, s’en trouvera améliorée», explique Nathalie Dezeure, analyste à Natexis Banques Populaires. Joel Naroff, chef économiste de la firme Naroff Economic Advisors, se montre également pessimiste. «L’impact de la baisse des taux pourrait être plus symbolique que réel», estime-t-il, en soulignant que «l’incertitude» créée par les attentats pourrait empêcher les consommateurs et les entreprises de dépenser plus malgré un crédit bon marché. «Les gens sont incertains sur l’avenir, incertains sur d’autres actes terroristes et incertains sur ce que sera la riposte militaire» américaine et cela freinera leurs dépenses, ajoute M. Naroff. Une remontée de la confiance des consommateurs est essentielle car les dépenses de consommation représentent les deux tiers de l’activité économique américaine. Or tous les indicateurs publiés depuis les attentats montrent un pessimisme grandissant des consommateurs qui sont également troublés par les vagues de licenciements et la montée du chômage qui a atteint en août (4,9 %) son plus haut niveau depuis juillet 1998.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Réserve fédérale (Fed) américaine devrait continuer à faire baisser les taux d’intérêt, mais cette arme du crédit bon marché risque de ne pas suffire pour assurer le redémarrage rapide d’une économie à bout de souffle après les attentats du 11 septembre. La Banque centrale américaine a de nouveau réduit, mardi, ses deux taux directeurs d’un demi-point. Le taux interbancaire au jour le jour, principal moyen d’intervention de la Fed, est tombé à 2,5 %, son niveau le plus bas depuis mai 1962. Le loyer de l’argent se retrouve en dessous du taux d’inflation car les prix à la consommation ont augmenté de 2,7 % au cours des douze derniers mois. Ce qui ne veut pas dire que les Américains peuvent désormais emprunter «gratuitement» : le taux de base bancaire, intérêt minimum accordé par les banques à leurs...