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Actualités - Chronologies

AVIATION - Swissair, à l’agonie, clouée au sol

Swissair, à l’agonie, est désormais clouée au sol pour une durée indéterminée, faute d’argent pour remplir de kérosène le réservoir de ses avions, et malgré un plan drastique de restructuration, censé lui maintenir la tête hors de l’eau. Au lendemain de l’annonce de ce plan, dont les mesures les plus spectaculaires se voulaient l’apport de 1,3 milliard de FS par les banques, le licenciement du tiers des 7 300 employés de Swissair, et le placement sous la loi des faillites d’une partie de ses activités, les fournisseurs de kérosène ont été très clairs : pas d’argent, pas de pétrole. Les avions Swissair, qui n’avaient pas encore décollé, ont d’abord été retardés pendant plusieurs heures, leur direction espérant obtenir immédiatement de l’argent frais de la part des banques qui, finalement, s’y sont refusées. Dans un communiqué laconique, la direction du groupe Swissair en a alors tiré les conclusions en annonçant l’ordre «de ne plus faire décoller aucun avion» à partir de mardi à 13h45 GMT et de rapatrier tous ses appareils «dans les plus brefs délais». «Swissair regrette cette mesure draconienne», précise le communiqué, «surtout pour les employés et les passagers». Elle le regrette d’autant plus, souligne le texte, que cette décision survient pendant le mois durant lequel «les recettes sont en général les plus importantes». Aussi, ajoute Swissair, «cette décision menace bien plus que les 2 650 emplois mentionnés hier» (lundi) dans le plan de restructuration. L’ensemble du groupe Swissair, employait jusqu’à maintenant 72 000 personnes dans le monde, réparties en plusieurs sociétés, la compagnie d’aviation Swissair (7 300 emplois), qui va passer dans le giron de son ex-filiale régionale Crossair, Gate Gourment (restauration, 29 500 emplois), Flightlease (location d’avions), SR Technics (maintenance des appareils, 4 000 emplois), SwissCargo (650 emplois) et Nuance Group (Duty Free, 4 250 emplois). Pire, encore, les compagnies concurrentes ont annoncé ne plus accepter les billets Swissair. «Si vous voulez voyager sur Air France, achetez un billet Air France, le billet Swissair ne vaut plus rien», expliquait une hôtesse de la compagnie française à l’aéroport de Zurich. Des milliers de passagers se sont alors retrouvés doublement piégés, à la fois par l’annulation de leur vol et par la perte sèche de leur billet. Du côté des 63 800 actionnaires du groupe Swissair, la situation n’est guère brillante. Non seulement la cotation du titre est suspendue depuis lundi matin, officiellement jusqu’à mardi, mais si d’aventure elle devait reprendre mercredi le titre vaudrait entre 1FS et 20 FS, selon les analystes financiers, au lieu de 41,05 FS vendredi dernier à la clôture, soit une décote de 80 % depuis le 1er janvier. Autrement dit, le titre ne vaut plus rien, ou presque, alors que nombreux étaient les Suisses qui avaient dans leur portefeuille «du Swissair», comme ils ont encore «du Roche» ou «du Nestlé», autant de valeurs considérées comme sûres.
Swissair, à l’agonie, est désormais clouée au sol pour une durée indéterminée, faute d’argent pour remplir de kérosène le réservoir de ses avions, et malgré un plan drastique de restructuration, censé lui maintenir la tête hors de l’eau. Au lendemain de l’annonce de ce plan, dont les mesures les plus spectaculaires se voulaient l’apport de 1,3 milliard de FS par les banques, le licenciement du tiers des 7 300 employés de Swissair, et le placement sous la loi des faillites d’une partie de ses activités, les fournisseurs de kérosène ont été très clairs : pas d’argent, pas de pétrole. Les avions Swissair, qui n’avaient pas encore décollé, ont d’abord été retardés pendant plusieurs heures, leur direction espérant obtenir immédiatement de l’argent frais de la part des banques qui, finalement,...