Un progrès très important vient d’être accompli dans la lutte contre la maladie Rhésus, cette menace pour les fœtus dont le groupe sanguin Rhésus est différent de celui de leur mère. Une communication récente présentée à l’Académie de médecine, en France, fait état de travaux révélant qu’il est possible dès à présent de déterminer le groupe Rhésus auquel appartient le fœtus, les gènes du système Rhésus identifiés dans les prélèvements d’amniocentèse. L’étape prochaine devant être validée incessamment serait le génotypage fœtal à partir d’un prélèvement sanguin maternel. Jusqu’aux années 70, la maladie du Rhésus tuait des milliers d’enfants avant leur naissance. Les mères Rhésus négatif s’immunisaient contre un fœtus Rhésus positif, à l’occasion d’une première grossesse, et par la suite détruisaient les globules rouges des embryons lors des grossesses suivantes. Les conséquences étaient graves : avortements répétés, naissances d’enfants mort-nés, répercussions sérieuses sur le psychisme. Lorsque l’enfant naissait vivant, le risque d’anémie ou de très graves anomalies neurologiques rendait sa naissance aussi tragique que sa perte... Parmi les traitements, l’exsanguino-transfusion (changement du sang) du nouveau-né ou sa mise dans un bain de lumière (photothérapie) visaient à réduire au maximum la bilirubine, ce pigment résultant de la dégradation globulaire des cellules rouges qui présentait une menace sérieuse pour les structures du cerveau. Au début des années 70, la découverte du fait que l’incompatibilité sanguine entre la mère et l’enfant se produit surtout au moment de l’accouchement, lorsque des globules rouges contenus dans le sang de l’enfant passent dans la circulation sanguine maternelle, a permis l’introduction de l’injection de gammaglobuline anti-Rhésus, faite dans les 72 heures suivant l’accouchement. L’objectif de cette mesure consistait à l’élimination des globules rouges du sang fœtal ayant pu pénétrer dans la circulation maternelle. Systématiquement appliqué et amplifié, ce traitement a permis, dans les pays avancés, de réduire sensiblement les conséquences de cette anomalie qui touche quand même, à l’heure actuelle, plus d’un enfant sur mille. Ce fait explique la raison pour laquelle l’identification de la maladie Rhésus et le dépistage des incompatibilités entre la mère et le fœtus mobilisent la recherche et justifient les efforts. L’identification des gènes Les travaux présentés à l’Académie des sciences en France ont été axés sur l’identification des gènes du système Rhésus. Les chercheurs sont parvenus à la mise en évidence du gène responsable présent dans l’ADN fœtal, donc dans le matériel génétique de l’enfant à naître. Une série de génotypages réalisés à partir de l’ADN du fœtus, extrait du liquide amniotique, dans différentes indications, a prouvé que la méthode est fiable à cent pour cent. Elle peut servir, en conséquence, à mieux suivre la grossesse des mères Rhésus négatif et d’effectuer bien plus tôt le diagnostic de l’incompatibilité ainsi qu’une meilleure utilisation de la gammaglobuline. Car, il faut le signaler, les gammaglobulines anti-Rhésus sont de plus en plus onéreuses et difficiles à obtenir. Ce problème de pénurie s’expliquerait par le fait que pour les obtenir il faut immuniser délibérément des humains. Ce qui est interdit dans bon nombre de pays (dont la France). Aux États-Unis aussi, sans que l’interdiction soit officielle, il est excessivement difficile de procéder à l’immunisation expérimentale ou lucrative d’humains, même si la pratique n’est pas interdite par la loi...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un progrès très important vient d’être accompli dans la lutte contre la maladie Rhésus, cette menace pour les fœtus dont le groupe sanguin Rhésus est différent de celui de leur mère. Une communication récente présentée à l’Académie de médecine, en France, fait état de travaux révélant qu’il est possible dès à présent de déterminer le groupe Rhésus auquel appartient le fœtus, les gènes du système Rhésus identifiés dans les prélèvements d’amniocentèse. L’étape prochaine devant être validée incessamment serait le génotypage fœtal à partir d’un prélèvement sanguin maternel. Jusqu’aux années 70, la maladie du Rhésus tuait des milliers d’enfants avant leur naissance. Les mères Rhésus négatif s’immunisaient contre un fœtus Rhésus positif, à l’occasion d’une première grossesse,...