Le Moulin Rouge, doyen des cabarets parisiens avec ses 111 printemps, est le gardien d’une tradition bien parisienne sévèrement bousculée ces dernières années par les nouvelles formes de loisirs et de spectacles qui ont anéanti certains de ses rivaux. Berceau du French cancan, célébré par Toulouse-Lautrec, le Moulin Rouge, reconstruit après un incendie au début du XXe siècle, emploie aujourd’hui 260 salariés. Parmi eux, 60 Doriss Girls, en référence à Doris Haug, l’un des deux chorégraphes de l’établissement, depuis 1961 avec Ruggero Angeletti. Leur salaire va de 15 000 à 25 000 francs. L’établissement montmartrois a vu défiler la Goulue, la Môme Fromage, Grille d’Égoût et autres pensionnaires aux pseudonymes pittoresques. Il y a eu ensuite les grands noms du music-hall : Mistinguett, Édith Piaf, Maurice Chevalier, Yves Montand, Liza Minelli, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra et même La Toya Jackson, éphémère meneuse de revue au milieu des années 90, à un moment où le lieu cherchait désespérément un nouveau souffle. L’établissement (jauge de 850 places) revient en effet de loin, après avoir traversé de sévères turbulences financières à la fin des années 90. La désaffection du public pour ces «temples» du charme français a notamment mis fin à une autre revue célèbre, celle des Folies Bergère, lieu aujourd’hui reconverti en simple «garage» à spectacles. Fin 1998, la «Société du Bal du Moulin Rouge» est mise en redressement judiciaire, avec un passif de 4,5 millions de francs (670 000 dollars environ). Le tribunal de commerce de Paris nomme pour six mois un administrateur judiciaire, chargé d’apurer la dette. Le Moulin Rouge passe l’écueil. Pour marquer ce nouveau départ, en décembre 99, le cabaret lance une nouvelle revue, Féerie, qui succède à Formidable ! forte de ses 6 000 représentations en douze ans. Mise en musique par Pierre Porte, la nouvelle revue a coûté 40 millions de francs. Elle a nécessité un millier de costumes, créés avec la participation des ateliers de François Lesage, le brodeur de la haute couture. «“Féerie” perpétue la tradition de notre maison centenaire, du quadrille de la Goulue aux revues à grand spectacle de Mistinguett», explique Jacki Clerico, président du conseil de surveillance de la société du Moulin Rouge depuis 1961. En 2000, le chiffre d’affaires du Moulin Rouge s’est élevé à 200 millions de francs. La fréquentation est repartie à la hausse : 420 000 spectateurs en 2000 contre 350 000 en 1999. 55 % d’entre eux sont étrangers. Valentin le désossé peut à nouveau sourire.
Le Moulin Rouge, doyen des cabarets parisiens avec ses 111 printemps, est le gardien d’une tradition bien parisienne sévèrement bousculée ces dernières années par les nouvelles formes de loisirs et de spectacles qui ont anéanti certains de ses rivaux. Berceau du French cancan, célébré par Toulouse-Lautrec, le Moulin Rouge, reconstruit après un incendie au début du XXe siècle, emploie aujourd’hui 260 salariés. Parmi eux, 60 Doriss Girls, en référence à Doris Haug, l’un des deux chorégraphes de l’établissement, depuis 1961 avec Ruggero Angeletti. Leur salaire va de 15 000 à 25 000 francs. L’établissement montmartrois a vu défiler la Goulue, la Môme Fromage, Grille d’Égoût et autres pensionnaires aux pseudonymes pittoresques. Il y a eu ensuite les grands noms du music-hall : Mistinguett, Édith Piaf,...
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