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Actualités - Chronologies

Enquête planétaire autour de la nébuleuse islamiste

Trois semaines après les attentats du 11 septembre, les enquêteurs tentent toujours de pénétrer et de démanteler la tentaculaire nébuleuse islamiste qui a osé défier l’Amérique. Les premiers résultats de cette enquête – nom de code PENTTOMB – unanimement considérée comme la plus vaste de tous les temps, autorisent quelques certitudes, mais de nombreuses zones d’ombre empêchent de tirer des conclusions définitives. Au point que les autorités fédérales hésitent encore à concentrer leurs efforts sur le richissime Oussama Ben Laden et son mystérieux réseau, el-Qaëda («la base»). «Nous ne rejetons pas la participation d’autres individus et d’autres organisations dans cette attaque», a reconnu vendredi l’Attorney General (ministre américain de la Justice) John Ashcroft. L’enquête n’en est qu’à ses débuts, mais la masse de données recueillies est considérable. Quelque 7 000 enquêteurs, sans compter les agents lancés par la CIA (Agence centrale de renseignement) et la NSA (National Security Agency), sont sur les dents. Rien n’est laissé au hasard : écoutes téléphoniques, traques sur l’Internet, perquisitions, confiscation d’ordinateurs, épluchages de registres d’hôtels et d’agences de location de voitures... Sans oublier relevés de cartes de crédit et opérations bancaires passées au crible. Les écoles de pilotage, dont certaines ont servi à leur insu à préparer les pirates de l’air, sont dans le collimateur. Les petits avions d’épandage, cloués un temps au sol par crainte qu’ils ne servent à une attaque bactériologique ou chimique, sont surveillés, de même que les poids lourds à même de convoyer des matières toxiques. Les enquêteurs américains bénéficient de l’appui des polices de dizaines de pays, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne, la Grande-Bretagne, sans oublier le Canada, des États d’Asie, d’Amérique latine. Pour la première fois depuis les attentats, un lien direct est établi avec un suspect arrêté en Europe, Lotfi Raissi, 27 ans, pilote algérien, accusé par le parquet britannique d’avoir été l’instructeur de quatre des pirates de l’air. L’opération aurait été préparée à Hambourg, où trois pirates ont résidé. Deux complices sont sous le coup de mandats d’arrêt internationaux délivrés par le parquet fédéral allemand. Les enquêteurs savent que l’opération a été exécutée par 19 terroristes, tous originaires de pays arabes, qui ont embarqué le 11 septembre au matin à Boston (nord-est), Newark (est) et Dulles, près de Washington. Le coordinateur de l’opération semble être un Égyptien, fils d’avocat, Mohammed Atta, 33 ans. Il se trouvait apparemment aux commandes du Boeing 767 d’American Airlines qui s’est écrasé à New York. L’écheveau de l’opération est quasiment démêlé. Le matin du 11 septembre, les 19 terroristes – dont au moins quatre se seraient entraînés en Afghanistan, où se cache Ben Laden – se sont scindés en quatre groupes de quatre ou cinq membres. Ils ont présenté des billets «classe affaire», dont les sièges sont proches du cockpit. Au moins un pirate par avion s’est emparé du manche, ses complices égorgeant au cutter des membres du personnel navigant. Deux avions ont été précipités sur les tours jumelles du World Trade Center à New York. Un troisième s’est écrasé sur le Pentagone, et le quatrième, théâtre d’une lutte entre les passagers et les terroristes, en Pennsylvanie. La masse de suspects qui auraient pu aider les terroristes grossit tous les jours. Parmi les suspects en détention, le français Zacarias Moussaoui, d’origine marocaine, intéresse particulièrement le FBI car il a été arrêté en août dans le Minnesota, alors qu’il prenait des cours de pilotage sur simulateur Boeing. Deux autres, Mohammed Jawid Azmath et Ayoub Ali Khan, également pilotes en herbe, ont été arrêtés le 12 septembre dans un train, au Texas, en possession de grosses sommes d’argent et de cutters. Par ailleurs, Interpol a lancé un mandat d’arrêt «rouge» (prioritaire) contre l’Égyptien Ayman al-Zawahri, un adjoint de Ben Laden et l’un des dirigeants du groupe terroriste al-Jihad. L’enquête bat son plein. Elle pourrait durer des années.
Trois semaines après les attentats du 11 septembre, les enquêteurs tentent toujours de pénétrer et de démanteler la tentaculaire nébuleuse islamiste qui a osé défier l’Amérique. Les premiers résultats de cette enquête – nom de code PENTTOMB – unanimement considérée comme la plus vaste de tous les temps, autorisent quelques certitudes, mais de nombreuses zones d’ombre empêchent de tirer des conclusions définitives. Au point que les autorités fédérales hésitent encore à concentrer leurs efforts sur le richissime Oussama Ben Laden et son mystérieux réseau, el-Qaëda («la base»). «Nous ne rejetons pas la participation d’autres individus et d’autres organisations dans cette attaque», a reconnu vendredi l’Attorney General (ministre américain de la Justice) John Ashcroft. L’enquête n’en est qu’à...