Les attentats du 11 septembre aux États-Unis vont obliger l’Otan à accélérer sa mutation en une organisation de sécurité globale avec pour nouvelle mission de participer à la lutte contre le terrorisme. Le secrétaire général de l’Otan George Robertson a appelé hier les Alliés à dépenser plus pour faire face au terrorisme après les attentats du 11 septembre aux États-Unis. «Durant la guerre froide, nous avons dépensé des centaines de milliards de dollars pour assurer notre sécurité (...). Nous devons aborder les nouveaux défis de sécurité avec la même vigueur, le même engagement et la même volonté de dépenser l’argent pour les choses adéquates», a-t-il dit dans un discours devant le Collège de défense de l’Otan à Rome. Selon lui, il n’est pas question seulement de «forces armées», mais d’une «meilleure alerte», de «davantage de forces de police déployables», d’«une surveillance des transactions financières illégales plus efficace et de façons plus efficaces de les arrêter». Les Alliés «vont devoir se demander s’ils font les bons investissements» en matière de sécurité, estime un responsable de l’Otan sous le couvert de l’anonymat. Le programme de modernisation des armées alliées, lancé en 1999 au sommet de l’Otan à Washington et baptisé Initiative sur les capacités de défense (DCI, l’acronyme en anglais), pourrait ainsi être révisé à la lumière des attentats. À court terme, l’Otan doit «engager des actions immédiates», a dit Lord Robertson, en insistant sur «l’amélioration de la qualité et de la quantité des renseignements échangés» entre les Alliés. «L’Otan travaille aussi pour protéger ses soldats déployés sur le terrain contre des armes nucléaires, biologiques et chimiques» et elle «étudie des systèmes de défense antimissile de théâtre», a-t-il ajouté. A l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’Alliance à Bruxelles mercredi, Lord Robertson avait jugé que «la campagne contre le terrorisme nécessitera une façon de penser radicalement nouvelle», obligeant les Alliés à adapter leur «façon de travailler». «La lutte contre le terrorisme doit être une priorité majeure de l’Alliance», avait déclaré de son côté le secrétaire américain adjoint à la Défense Paul Wolfowitz. Les États-Unis ont jugé qu’ils n’avaient pas besoin pour l’instant de l’aide de l’Otan et ont écarté l’imminence d’une action militaire, mettant l’accent sur la recherche du renseignement. «L’Otan va devoir à nouveau réfléchir à ses textes de base et comment elle peut les modifier pour s’adapter», estime un diplomate de l’Otan sous le couvert de l’anonymat. Le concept stratégique de l’Alliance adopté en 1999 au sommet de Washington avait déjà inclus le terrorisme dans les nouveaux risques menaçant l’organisation, mais les Alliés pourraient être tentés d’aller plus loin lors de leur prochain sommet à Prague en novembre 2002. L’organisation va aussi passer en revue ses différentes activités. «Il faut voir ce que nous faisons ici au sein de l’organisation contre le terrorisme, voir si nos actions pourraient être plus ciblées», a souligné le responsable de l’Otan. Les Pays-Bas ont proposé de créer un groupe spécial sur le terrorisme à l’Otan, mais, selon un diplomate, cette idée n’a pas été retenue par les autres alliés pour le moment. L’Alliance reste toutefois prudente sur les bouleversements internes qui pourraient avoir lieu. «L’Otan n’est pas l’organisation principale dans le combat contre le terrorisme», selon Lord Robertson. Et de suggérer que le Conseil de partenariat euro-atlantique, qui rassemble les 19 alliés et 27 pays partenaires européens, dont la Russie, pourrait être le forum adéquat pour des consultations dans la lutte contre le terrorisme.
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