Le dollar a achevé la semaine, hier, sur les marchés des changes internationaux, sur un ton généralement ferme face à la plupart des autres grandes monnaies, sans réussir toutefois à progresser beaucoup. La persistance d’un climat d’attente et d’incertitude quant à l’ampleur des représailles américaines à la suite des attentats aux États-Unis continuait de nourrir une certaine tendance à la retenue sur les marchés. Plus de deux semaines après les attentats du 11 septembre, le billet vert reste en forme face aux autres grandes monnaies, mais sans toutefois arriver à reprendre l’avantage sur le sterling. La fragilité des données économiques de base de la zone euro et du Japon ainsi que la forte dépendance des économies européenne et japonaise à l’égard de celle des États-Unis ont largement contribué à soutenir la progression du dollar, au moment où la baisse des taux suisses le rendait plus attrayant. À l’exception d’un bref accès de faiblesse mardi, entraîné par une chute plus importante que prévu à 97,60 points de l’indice de confiance des consommateurs américains en septembre contre 114,00 points en août, le dollar a évolué dans des marges étroites à la hausse. Hier, une amélioratiuon inattendue de l’indice d’activité des directeurs d’achat de Chicago à 46,6 points, contre 43,5 points pendant la même période, a davantage soutenu le dollar, rassurant les marchés qui s’attendaient au pire après les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Les investisseurs se sont montrés en effet moins nerveux que la semaine précédente, alors que se sont estompées les craintes de représailles militaires massives après ces attentats. «Les gens sont plutôt soulagés par rapport à la semaine dernière car il semble que nous nous engageons davatange vers une riposte tactique qui sera globalement mieux acceptée dans le monde et par l’opinion publique», a indiqué une analyse de la Standard Chartered Bank. La chute des cours du pétrole a également été un bon indicateur de l’état d’esprit du marché. Sur la semaine, le cours du Brent a perdu près de 2 dollars. «Les marchés ont initialement craint une réplique militaire américaine immédiate, avec ses répercussions évidentes sur la stabilité au Moyen-Orient, avant de se concentrer de nouveau sur les données économiques», a souligné une autre analyse de la BNP-Paribas. Pas question pour autant de crier victoire. Selon la BNP-Paribas, «les marchés des actions restent fragiles et leur stabilisation doit être considérée comme un mouvement de consolidation technique». Dans ces conditions, le marché commence à tabler sur une nouvelle baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) mardi prochain, dans la continuité du mouvement de soutien de l’économie américaine engagé par les autorités monétaires depuis le 11 septembre dans la mesure où ce geste renforce davantage les placements en actifs américains qui renforceront par ricochet le dollar. À cet égard, les analystes de la banque HSBC tablent d’ores et déjà sur une nouvelle baisse d’un demi-point en pourcentage du loyer de l’argent aux États-Unis de 3,00 % à 2,5 %. «Après avoir déjà diminué son taux d’un demi point en pourcentage le 17 septembre, entre deux réunions de son comité de politique monétaire, il est très probable que la Fed poursuivra le mouvement de baisse afin de doper la confiance dans l’économie américaine après la tragédie», a indiqué la HSBC. D’un autre côté, la Banque centrale européenne (BCE) s’est montrée particulièrement active sur le yen cette semaine. Elle est intervenue à trois reprises pour le compte de la Banque du Japon, en achetant des euros contre le yen dans le but de limiter son appréciation. Cette action, qui a également profité au dollar, est venue dans le cadre d’un mouvement de rapatriements de capitaux vers le Japon avant la fin du premier semestre fiscal dans ce pays. Les entreprises japonaises rapatrient depuis quelques semaines leurs actifs en dollars de l’étranger, en vue de l’établissement de leurs bilans à quelques jours du début du deuxième semestre fiscal au Japon après-demain. La Banque du Japon était déjà intervenue elle-même à plusieurs reprises afin de contrer les hausses de la monnaie nippone par rapport au dollar, après les attentats terroristes du 11 septembre aux États-Unis. Cela étant, et dans l’attente de la publication aux États-Unis de l’indice des directeurs d’achat de l’industrie manufacturière aux États-Unis (NAPM) après-demain ainsi que de la réunion de la Fed, mardi, sur les taux d’intérêt et des chiffres de l’emploi en septembre, vendredi, le dollar a évolué dans des marges étroites à la hausse, sauf face au sterling, se négociant à la fin de cette semaine à New York, par rapport à la fin de la semaine dernière, comme suit : – 0,9100 pour un euro contre 0,9150, vendredi dernier. – 1,4730 pour un sterling contre 1,4575 – 2,1495 DM contre 2,1375 – 7,2085 FF contre 7,1690 – 1,6200 FS contre 1,5775 – 2 127,75 lires contre 2 116,25 – 119,50 yens contre 116,80. Belle fin de semaine pour les Bourses internationales Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont repris leur souffle cette semaine, après le chahut de la semaine précédente, soutenus par les prix de plus en plus attrayants des actions de plusieurs sociétés. «Nous estimons que les actions sont nettement sous-évaluées», a observé la maison de courtage First Union Securities dans une note à ses clients, tout en se pressant d’ajouter qu’un certain optimisme devait régner après la publication à la fin de la semaine de quelques indicateurs sur l’économie américaine. À cet égard, les investisseurs ont été sensibilisés par la publication des chiffres de la croissance aux États-Unis pour le deuxième trimestre qui ont montré une progression de 0,3 % du produit intérieur brut (PIB), alors que les analystes s’attendaient à une révision en baisse à 0,1 % de l’estimation finale du PIB. La précédente estimation publiée en août faisait état d’une progression de 0,2 % de la croissance américaine au deuxième trimestre. Autre nouvelle encourageante, l’indice d’activité des directeurs d’achat de la région de Chicago qui a progressé de 3,1 points à 46,6 points en septembre. Il en est de même de l’indice de confiance des consommateurs américains établi par l’Université de Michigan qui a reculé de 83,60 points en août à 81,80 points seulement en septembre, alors que les analystes attendaient un recul à 78,3. Certes, ces indicateurs n’ont pas tardé à neutraliser la baisse plus forte que prévu de l’indice de confiance des consommateurs américains établi par le Conference Board qui aurait fléchi de 114,00 points à 97,60 points pendant la même période, soit son plus bas niveau depuis octobre 1990, date de la première récession aux États-Unis au lendemain de la guerre du Golfe. C’est dans ce contexte que l’indice composite Nasdaq est parvenu à recouvrer la grande partie du terrain qu’il avait abandonné la semaine dernière, s’élevant de 1 423,19 points à 1 497,15 points en préclôture hier, en hausse de 5,20 % d’une huitaine à l’autre. De son côté, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a progressé aussi de 7,25 % à 8 832,99 points contre 8235,81 points pendant la même période. Pour ce qui est des Bourses européennes, elles ont également terminé la semaine sur une note positive, après avoir vacillé sur leurs fondations au cours de séances particulièrement noires entre le 11 et le 21 septembre. Certes, les investisseurs ont estimé que des valeurs de premier plan avaient été injustement «massacrées» au cours des deux semaines précédentes. Cela étant, toutes les places européennes étaient en hausse appréciable cette semaine sous la houlette de Wall Street. En effet, l’indice Dax de la Bourse de Francfort a gagné 13,81 % à 4 308,15 points hier contre 3 785,27 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris qui a pris 11,67 % à 4 079,02 points contre 3 652,87 points et l’indice Footsie de la Bourse de Londres qui s’est adjugé 10,59 % à 4 903,40 points contre 4 433,70 points pendant la même période. Enfin, la Bourse de Tokyo a subi par moments des pressions à la vente cette semaine, alors que les sentiments d’inquiétude se renforcent quant aux conséquences des frappes terroristes du 11 septembre aux États-Unis. Pourtant, des achats ne tardaient pas à se déclencher quand les prix de certaines actions tombaient sous leurs niveaux habituels. En effet, l’indice Nikkei est parvenu finalement à gagner 2,3 % seulement en affichant hier 9 774,69 points contre 9 554,99 points à la fin de la semaine dernière.
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