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Actualités - Chronologies

Le flou américain sur les options militaires suscite des interrogations

Les États-Unis laissent planer l’incertitude quant à une action militaire proche contre l’Afghanistan, se réservant peut-être un effet de surprise, ce qui suscite des interrogations sur leur projet concret de riposte antiterroriste. «La question actuelle est celle-ci : est-ce que les États-Unis ont un plan ?», demandait ainsi hier le quotidien New York Times, notant dans un éditorial que les parlementaires au Congrès ne sont pas tenus au courant des projets détaillés de l’Exécutif. Après l’affirmation du président George W. Bush que la riposte américaine aux attentats «pourra comprendre des bombardements spectaculaires», les deux principaux responsables du Pentagone, coup sur coup, viennent d’écarter des représailles immédiates ou massives. Selon le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, la riposte aux attentats meurtriers du 11 septembre ne commencera pas «un jour J» par «une attaque ou une invasion massives». Son adjoint, Paul Wolfowitz, a renchéri mercredi à Bruxelles : «On ne soulignera jamais assez que ceux qui s’attendent à une action militaire doivent revenir sur cette opinion». Ces déclarations peuvent servir de poudre aux yeux juste avant des bombardements sur l’Afghanistan, alors que se met en place une armada militaire américaine de bombardiers (B1 et B-52 notamment), navires équipés de missiles de croisière et de troupes d’élites de forces spéciales. «Je ne vais pas vous donner de calendrier» d’opérations, a dit hier à la presse Donald Rumsfeld, après avoir écrit dans une tribune publiée dans le New York Times que la réponse américaine «peut inclure des tirs de missiles de croisière sur des cibles militaires quelque part dans le monde». «Mais, a-t-il souligné dans ce texte, la force militaire ne sera sans doute qu’un des nombreux instruments» dans la longue campagne antiterroriste, avec guerre de l’ombre des services secrets, actions diplomatiques et financières. À l’unisson, les responsables de l’Administration Bush indiquent que l’Afghanistan dévasté par la guerre manque de cibles importantes et annoncent une campagne de longue durée. Selon un responsable du Pentagone, l’effort international pour obtenir des renseignements-cles sur les auteurs des attentats a pris le pas sur l’imminence de bombardements. «Il est très important de comprendre que l’action n’est pas prioritairement militaire. Et, si nous entreprenons une action militaire, l’un de ses principaux objectifs sera d’obtenir plus d’informations», a-t-il dit. À Bruxelles, Paul Wolfowitz a parlé mercredi avec les ministres de la Défense de l’Otan d’échanges de renseignements et de la nécessité de mettre fin aux transactions financières transfrontalières des groupes terroristes. Un des problèmes que rencontrent les États-Unis est de savoir que faire des taliban au pouvoir à Kaboul. Ceux-ci refusent de livrer Oussama Ben Laden, mais le Pakistan – un allié indispensable de Washington qui vient de promettre l’appui de ses services secrets – s’oppose à leur renversement. Le président George W. Bush a, lui-même, invité mardi les Afghans, divisés en ethnies et factions rivales, à se soulever contre les taliban, mais sans aller jusqu’à préconiser un changement de régime à Kaboul. Un expert indépendant illustre ce dilemme : «Nous sommes comme un renard fasciné par un hérisson. Nous ne savons pas trop comment nous y prendre pour faire ce que nous voulons faire», résume Walter Russell Mead, du Conseil sur les relations étrangères. «Il est évident que les États-Unis ne veulent pas être obligés d’envoyer des troupes afin de maintenir un régime faible à Kaboul», selon lui. Plusieurs responsables conservateurs continuent par ailleurs à réclamer que des États qualifiés de terroristes par Washington soient d’ores et déjà frappés, en particulier l’Irak de Saddam Hussein. M. Wolfowitz s’est d’abord montré favorable à cette option, repoussée par le secrétaire d’État Colin Powell. Selon un haut responsable du Pentagone, des bombardements sur l’Irak ne sont pas à l’ordre du jour.
Les États-Unis laissent planer l’incertitude quant à une action militaire proche contre l’Afghanistan, se réservant peut-être un effet de surprise, ce qui suscite des interrogations sur leur projet concret de riposte antiterroriste. «La question actuelle est celle-ci : est-ce que les États-Unis ont un plan ?», demandait ainsi hier le quotidien New York Times, notant dans un éditorial que les parlementaires au Congrès ne sont pas tenus au courant des projets détaillés de l’Exécutif. Après l’affirmation du président George W. Bush que la riposte américaine aux attentats «pourra comprendre des bombardements spectaculaires», les deux principaux responsables du Pentagone, coup sur coup, viennent d’écarter des représailles immédiates ou massives. Selon le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, la riposte aux...