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Actualités - Chronologies

La lutte antiterroriste prétexte pour museler l’opposition aux régimes arabes

L’intifada, qui entame sa deuxième année, et la lutte antiterroriste annoncée par les États-Unis après les attentats du 11 septembre, sont devenus l’occasion pour certains régimes arabes de resserrer l’étau sur leur opposition. «Ce sont des prétextes en or pour des régimes de pays limitrophes d’Israël. Pour eux, l’intifada et maintenant la lutte antiterroriste sont des raisons suffisantes pour faire plier l’échine à leurs peuples», a déclaré un homme politique arabe. «Aujourd’hui plus que jamais, de telles mesures peuvent être appliquées car elles ne provoqueront pas de réactions de dénonciation mais au contraire seront applaudies par les pays occidentaux», a-t-il relevé sous couvert d’anonymat. En Égypte, des dizaines de membres présumés des mouvements islamistes Jihad et Jamaa islamiya ont été arrêtés le 13 septembre, s’ajoutant aux 37 autres arrêtés avant les attentats du 11 septembre. Le Koweït a annoncé des mesures pour contrôler les groupes islamiques de charité opérant illégalement sur son territoire, dans le cadre des efforts visant à combattre le terrorisme, une initiative dénoncée par le député islamiste Khaled al-Adwa. En Jordanie, pays qui détient les plus longues frontières avec Israël (650 km), les mesures musclées n’ont pas tardé non plus. Le report sine die des élections législatives, initialement prévues pour l’automne 2001, a été motivé dans les milieux politiques par une crainte des effets de l’intifada sur la situation interne du royaume, fragilisée par une population dont près de la moitié est d’origine palestinienne. Officiellement, les raisons invoquées sont techniques et concernent l’émission de nouvelles cartes électorales, après un nouveau découpage des circonscriptions adopté par une nouvelle loi électorale. Deux autres lois «provisoires» plus restrictives, approuvées par le roi Abdallah II, ont été rapidement promulguées par le gouvernement, en l’absence d’un Parlement. L’une impose des restrictions à l’organisation des réunions publiques et des manifestations en Jordanie. L’autre, celle des tribunaux de la «sécurité de l’État», confère au Premier ministre l’autorité de transférer devant le tribunal militaire des procès qu’il estime y relevant. D’anciens responsables jordaniens, juristes et intellectuels, ont condamné ces pratiques lors d’une table ronde à Amman, accusant l’Exécutif d’avoir utilisé à mauvais escient un article de la Constitution donnant de telles prérogatives au gouvernement uniquement dans des «cas d’exception». L’ancien président de la Cour de cassation Najib al-Rachdan a estimé que les circonstances actuelles ne motivent pas la promulgation de lois provisoires, les «cas d’exception» étant, selon la Constitution, «des catastrophes telles que les guerres ou les épidémies généralisées». Le gouvernement serait en passe de promulguer deux autres lois provisoires, l’une régissant l’action des partis politiques et l’autre sur la presse et les publications. «Nous vivons une situation de loi martiale gérée par un gant de velours», a déclaré l’ancien Premier ministre jordanien, Taher Masri.
L’intifada, qui entame sa deuxième année, et la lutte antiterroriste annoncée par les États-Unis après les attentats du 11 septembre, sont devenus l’occasion pour certains régimes arabes de resserrer l’étau sur leur opposition. «Ce sont des prétextes en or pour des régimes de pays limitrophes d’Israël. Pour eux, l’intifada et maintenant la lutte antiterroriste sont des raisons suffisantes pour faire plier l’échine à leurs peuples», a déclaré un homme politique arabe. «Aujourd’hui plus que jamais, de telles mesures peuvent être appliquées car elles ne provoqueront pas de réactions de dénonciation mais au contraire seront applaudies par les pays occidentaux», a-t-il relevé sous couvert d’anonymat. En Égypte, des dizaines de membres présumés des mouvements islamistes Jihad et Jamaa islamiya ont...