Un an après le déclenchement de l’intifada, l’Iran maintient un soutien sans faille à ce soulèvement, ignorant la trêve israélo-palestinienne et rendant Israël responsable de la «propagande mondiale anti-islamique» née des attentats aux États-Unis. Dès le 28 septembre 2000, soit le jour de son déclenchement, les dirigeants iraniens avaient baptisé le soulèvement palestinien d’«intifada al-Qods» (Jérusalem). Au sein des instances internationales et islamiques, Téhéran, qui refuse de reconnaître Israël, plaide sans relâche la cause des Palestiniens et considère le conflit israélo-palestinien comme «la question la plus importante» au monde. Ses relations se sont améliorées avec le président palestinien Yasser Arafat, mais elles demeurent étroites avec le Hamas et le Jihad islamique, deux organisations radicales qualifiées de «terroristes» par les États-Unis. En novembre dernier, Téhéran avait élaboré son propre «plan de paix» : retrait israélien des territoires occupés, droit au retour de tous les réfugiés palestiniens et un référendum sur la solution politique du conflit, auquel prendraient part tous ceux qui vivaient en Palestine – musulmans, juifs, chrétiens –, et leurs familles, avant la création d’Israël en 1948. Tout en condamnant, très rapidement, les attentats meurtriers du 11 septembre aux États-Unis et en exprimant sa sympathie aux victimes, avec un ton jugé nouveau vis-à-vis de Washington, avec qui les relations diplomatiques demeurent rompues, Téhéran a immédiatement souligné que les États-Unis étaient en partie responsables de ces attentats en raison de leur soutien à Israël. De même, sans apporter apparemment le moindre crédit à la «trêve» décrétée mardi entre Israël et les Palestiniens, – totalement ignorée dans les déclarations et les commentaires iraniens –, Téhéran accuse Israël de «profiter» de la crise actuelle. «Le régime et les lobbies sionistes font tout pour ternir l’image de l’islam dans le monde». Ils ont lancé «une propagande anti-islamique dans le monde» et «ils ont pris plus l’islam que le terrorisme pour cible», a indiqué mercredi Kamal Kharazi, chef de la diplomatie iranienne à son homologue pakistanais Abdul Sattar, selon le ministère des Affaires étrangères. «Pour l’Iran, déraciner le terrorisme, c’est d’abord résoudre la question palestinienne. C’est une position de principe, rappelée sans cesse en cette période de crise», indique le politologue Irdaj Rachti. «Nos relations avec l’Iran sont excellentes», a assuré jeudi «l’ambassadeur de Palestine» à Téhéran Salah Kawawi. «Même s’il y a une trêve, d’un jour, ou d’un mois, l’Intifada ne s’arrêtera jamais tant que nous n’aurons pas atteint nos objectifs : la fin de l’occupation, l’établissement d’un État palestinien avec Jérusalem comme capitale, le retour des réfugiés. Et l’Iran le comprend, et nous soutient», ajoute-t-il. La question israélo-palestinienne demeure un sujet de désaccord entre l’Union européenne et l’Iran. «Téhéran était opposé au processus de paix sous l’égide des États-Unis. Aujourd’hui, il verrait d’un bon œil que l’UE s’implique de façon plus marquée dans la recherche d’une solution globale», a indiqué un diplomate européen. Mais l’Iran veut que tout processus «accorde le droit de retour des réfugiés» et il pense que «la crise du Proche-Orient alimente le terrorisme». «Mais, à nos yeux, si Téhéran est un partenaire important, son refus de reconnaître Israël est un frein pour qu’il joue un rôle actif», poursuit le diplomate.
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