Les autorités militaires pakistanaises ont averti dimanche les groupes islamistes radicaux qu’elles ne toléreraient pas de nouvelles manifestations violentes contre le soutien apporté par Islamabad à Washington dans la lutte antiterroriste. Au lendemain d’une réunion samedi entre le général-président Pervez Musharraf, les gouverneurs provinciaux et les représentants de l’appareil de sécurité intérieur pakistanais, un haut responsable a indiqué que «les participants s’étaient mis d’accord pour agir contre ceux qui essaient de fomenter des désordres ou de la violence». Des journaux pakistanais ont cité le général Musharraf affirmant que le moment est venu «d’identifier et de mettre au pas les éléments susceptibles de tirer profit des circonstances actuelles pour faire avancer leurs pions». Il ne s’est pas passé un jour sans que des manifestations soient organisées au Pakistan depuis l’annonce le 15 septembre par les autorités d’un «soutien total» aux États-Unis qui tentent de mettre sur pied une coalition internationale antiterroriste, prévoyant d’opérer d’éventuelles actions militaires, après les attentats de New York et de Washington du 11 septembre. Les manifestations les plus importantes au Pakistan ont eu lieu vendredi. Organisées par des groupes islamistes radicaux, elles ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Karachi, Quetta, Peshawar, Lahore, Islamabad et Rawalpindi. Quatre morts ont été dénombrés dans des violences à Karachi (sud du Pakistan), qui compte une forte communauté afghane. Au total, la participation n’a pas excédé 100 000 personnes vendredi, ce qui est peu selon les critères pakistanais. Dans ce contexte, le général Musharraf se sent suffisamment fort pour se battre contre ses adversaires, ont estimé des commentateurs locaux. «Notre position est absolument claire : quiconque essaiera de perturber la loi et l’ordre ne sera pas épargné», a déclaré dimanche un haut responsable pakistanais. «Nous avons déjà procédé à des arrestations de personnes impliquées dans des actes de violence et nous serons intraitables sur ce sujet», a-t-il dit en soulignant toutefois que les autorités n’avaient pas l’intention d’interdire les rassemblements organisés généralement après la prière du vendredi. Un porte-parole gouvernemental a souligné que les incidents de Karachi avaient été provoqués par «un petit groupe», ajoutant que «toutes les personnes reconnues responsables de violences seront sévèrement mises au pas». Il y a eu de nouveaux rassemblements dimanche à Karachi, la capitale économique du pays, où environ 2 500 personnes ont participé à un défilé organisé par un groupe radical sunnite. Les manifestants ont scandé des slogans favorables aux taliban, au pouvoir à Kaboul, et hostiles aux États-Unis. Une autre manifestation est prévue mercredi à l’appel du plus grand parti politique de Karachi, le Muttahida Qaumi Movement (MQM). Selon des analystes politiques, le général Musharraf semble avoir gagné la première manche dans la bataille de l’opinion, mais les choses pourraient changer si une action militaire était déclenchée autour de l’Afghanistan.
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