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Actualités - Chronologies

Les pilotes français prêts à tirer sur un avion détourné

Les pilotes de la force aérienne de combat française savent désormais qu’ils peuvent avoir un jour à tirer sur un avion civil commercial détourné et, affirme leur chef, s’il le faut, ils le feront. Le général Hervé Longuet, commandant la force aérienne de combat, interrogé sur la base aérienne de Cazaux (sud-ouest) avant une démonstration, assure : «Si l’ordre de tirer était donné, il y aurait une certaine émotion de la part du pilote mais il tirerait». C’est ce que confirment les pilotes participant à cette démonstration annuelle de leurs avions, mais qui ont demandé à ne pas être identifiés pour s’exprimer. «Depuis le 11 septembre, je ne connais pas beaucoup de pilotes qui hésiteraient», confie le capitaine R. sous les ailes de son Mirage 2005, l’un de ceux appartenant à la patrouille d’alerte renforcée mise en place depuis huit jours. Pour tous, officiers généraux, officiers supérieurs, pilotes en escadrille, il y a un avant et un après ce mardi où des avions civils commerciaux se sont volontairement écrasés sur les tours du World Trade Center et sur le Pentagone. «Avant, on ne voulait pas penser qu’un avion puisse être transformé en bombe volante, résume le général Longuet. Maintenant, on sait que c’est possible : le terrorisme n’est pas seulement l’usage de la violence, c’est devenu quelque chose d’autre, quelque chose de différent que nous devons apprendre à gérer». «L’ordre de tirer sur un avion civil détourné, fait remarquer un pilote, ne viendrait pas à l’improviste, mais à l’issue d’une procédure précise et détaillée à laquelle le pilote est associé». «Une fois la verrière refermée, le pilote, précise un de ses camarades, n’est plus que l’ultime maillon d’une chaîne, il est devenu à la fois les yeux qui rapportent et la main qui frappe». «Les procédures suivies, l’ordre est justifié», confie l’un d’eux, mais il faudrait prévoir une aide psychologique pour le pilote de retour à sa base. Pour Jack Krine, ancien pilote de chasse, aujourd’hui commandant d’Airbus, «le pilote de chasse se posera sans doute des problèmes métaphysiques, mais il tirera. Parce que c’est un métier où on a le culte de la loyauté d’obéir aux ordres», précise cette figure de la chasse française toujours active dans la réserve. «Nous sommes passés sans préavis d’un temps de paix à un temps de guerre et nous devons nous adapter psychologiquement», dit-il. La procédure d’interception d’un avion inconnu apparu dans l’espace aérien français ou d’un appareil déviant de son plan de vol est bien connue et appliquée sous l’autorité du commandant des opérations aériennes et de la défense aérienne, dont le poste de commandement est à Taverny, au nord-ouest de Paris. L’ordre ultime serait donné par la plus haute autorité politique et transmis selon une procédure assurant son authentification, mais il ne viendrait que comme étape ultime, après que l’appareil menaçant a refusé d’obéir à une série de signes internationalement prévus. «D’abord, explique Jack Krine, si l’avion de chasse est à gauche, c’est qu’il vient s’informer, s’il arrive par la droite c’est qu’il s’agit d’une interception. Il battra des ailes et amorcera un virage. S’il n’y a pas de réponse, il tirera une salve de semonce à une trentaine de mètres devant l’appareil récalcitrant. Ce n’est qu’après qu’il recevra éventuellement l’ordre de “tir au but”». Pour le général Longuet, «il faudra peut-être essayer de mettre au point d’autres techniques : mettre en panne les réacteurs en tirant de très près un missile infrarouge qui traverserait le moteur sans exploser, mais nous sommes tous en train de chercher des solutions».
Les pilotes de la force aérienne de combat française savent désormais qu’ils peuvent avoir un jour à tirer sur un avion civil commercial détourné et, affirme leur chef, s’il le faut, ils le feront. Le général Hervé Longuet, commandant la force aérienne de combat, interrogé sur la base aérienne de Cazaux (sud-ouest) avant une démonstration, assure : «Si l’ordre de tirer était donné, il y aurait une certaine émotion de la part du pilote mais il tirerait». C’est ce que confirment les pilotes participant à cette démonstration annuelle de leurs avions, mais qui ont demandé à ne pas être identifiés pour s’exprimer. «Depuis le 11 septembre, je ne connais pas beaucoup de pilotes qui hésiteraient», confie le capitaine R. sous les ailes de son Mirage 2005, l’un de ceux appartenant à la patrouille d’alerte...